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Violence des jeunes : qui est responsable ? L'histoire
de la violence de Chesnais le montre : il a existé des époques nettement plus
violentes que la nôtre. La montée de la criminalité et des "incivilités"
depuis une trentaine d'années s'est opérée à partir d'un état très
paisible de la société française durant les années 50 et le début
des années 60. Très
paisible... si l'on peut dire, car plusieurs guerres ont ensanglanté cette période
: beaucoup de jeunes français ont tué et été tués en Indochine et en Algérie.
Mais que l'on songe à la Révolution, particulièrement à la Terreur, ou, plus
encore, à l'extermination de millions de personnes par les régimes
national-socialistes et communistes ; que l'on se transporte par la pensée à
moins de 2000 km, dans la mosaïque d'Etats et de communautés qui formait il y
a quelques années la Yougoslavie : nous constatons que la montée de la
violence en France, si elle requiert impérativement que l'on s'en occupe
activement, laisse néanmoins notre pays dans une situation enviable comparée
à d'autres lieux et à d'autres époques. Comment
apaiser notre société ? Il n'est guère possible d'y parvenir sans une
implication active des parents et des éducateurs. Les parents ont, à l'évidence,
le devoir, d'apprendre à leurs enfants le respect d'autrui : de son intégrité
physique, de sa liberté, de ses opinions, de ses biens. Notre mouvement
proclame haut et fort cette responsabilité. Mais il serait absurde de croire
que les parents sont tout-puissants, qu'ils peuvent par magie éviter à leurs
enfants d'être contaminés si dans la société pululent les incitations, les
germes de violence. Dans
un éditorial du Nouvel Observateur intitulé "les marchands de
violence", Laurent Joffrin pose le problème à partir de l'affreuse tuerie
de Littleton, banlieue de Denver, aux Etats-Unis. "Point de film policier
sans une bonne trentaine de cadavres, sans scènes de torture longuement détaillée
(...) Apologie de l'éxécution sommaire et de l'autodéfense, exaltation des
forts et banalisation du sadisme, fascination pour les meurtriers en série et
religion de la lutte pour la survie. Avec en prime une idée simple : toute
dissension se règle par le meurtre. Telle est la morale martelée par une bonne
partie de ce show-biz multimédia qu'on chérit à Wall-Street. Cette culture de
la violence, il faut l'appeler par son nom
: elle est la version individualiste et cool du fascisme." Oui,
il existe une "culture de la violence", et il est très difficile pour
les parents d'éviter l'acculturation de leurs enfants. Il existe aussi une
sorte de "morale", comme dit Joffrin, que certains producteurs de jeux
et de spectacles ultra-violents inculquent avec force et insistance : quand ils
attribuent des points aux joueurs qui tuent le plus, qui torturent le plus
longtemps, qui violent le plus grand nombre de sépultures, comment ne pas
penser à la distribution de "bons points" par les anciens
instituteurs à ceux de leurs élèves qui s'étaient le mieux tenus en classe,
qui avaient le plus progressé, qui avaient fait un maximum d'efforts pour bien
écrire, bien tenir leurs cahiers, bien apprendre leurs leçons ? Les marchands
de violence sont aussi des instituteurs de la violence, des pédagogues de la
violence. Ils inculquent l'ordre moral de la violence, du mensonge, du mépris
vis-à-vis du faible, comme les "hussards de la République"
inculquaient les règles de politesse, de bonne conduite, de grammaire et
d'arithmétique. Oui,
les parents sont responsables de leurs enfants, mais ils ne sont pas les seuls.
"Ceux qui ont produit, diffusé, inculqué cette culture de la violence
gratuite et de l'euthanasie des faibles qui irrigue aujourd'hui une bonne part
du cybermonde", selon l'expression de Laurent Joffrin, portent une lourde
part de responsabilité. Lire le courrier des lecteurs de certaines revues de jeux vidéo montre à quel point la "culture de la violence" est hélas répandue chez les "accros" de certains jeux : lettres haineuses, attaques verbales, insinuations désobligeantes, essais d'intimidation. J'y vois une raison supplémentaire pour mener sereinement, sans aucune animosité ni agressivité, mais fermement, notre campagne. L'UNION des FAMILLES milite pour une conception amène et paisible de la vie en société : c'est une conception qui vaut la peine qu'on la défende par tous les moyens légaux dont nous disposons. Jacques BICHOT Lire
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