En cas de garde partagée, les familles ne peuvent plus
demander que 40 heures de présence aux nounous au lieu de 50. Cela suppose
le plus souvent l’embauche d’une baby sitter pour compléter. Mais l’AGED
ne suit pas …
Un avenant à la convention collective des employés de
maison vient d’être signé, régissant les « gardes partagées » quand deux
familles embauchent en commun une nounou pour garder les enfants
alternativement au domicile de l’une et l’autre.
Ces gardes partagées se sont beaucoup développées depuis
qu’en 1998 les aides à la garde d’enfant à domicile ont été divisées par
deux. Elles concernent aujourd’hui 20 000 familles sur les 50 000 qui font
garder leur enfant à domicile.
Jusqu’à présent, toutes les familles employant des
nounous étaient autorisées à leur demander 50 heures de présence à la
maison : on considérait, en effet, qu’une partie de ces heures tenait de
la « présence responsable » et non du « travail effectif » : les employées
de maison se contentaient de surveiller les enfants durant leur sieste, de
veiller sur leurs jeux au jardin ou à la maison.
Ces 50 heures restent autorisées lorsqu’une nounou
travaille pour un seul employeur. Mais lorsqu’elle travaille en « garde
partagée », les familles ne pourront plus leur demander que 40 heures : la
convention collective vient d’être modifiée en ce sens par un avenant du
10 octobre 2002.
En partant à 8 h30 pour être au travail à 9 heures et en
quittant celui-ci à 18 heures pour être rentrés à 18 h 30, les parents
sont déjà absents de leur domicile 10 heures. Il leur faudra dorénavant se
« débrouiller » pour rentrer deux heures plus tôt… ce qui est irréaliste.
De fait, les familles vont être obligée d’avoir recours à des baby-sitters
de « compléments ».
Comment les payer ? Depuis 1998, l’AGED n’est plus que
de 50 % des cotisations sociales dans la limite de 344 € par mois (alors
qu’en 1995, elle était de 100 % dans la limite de 688 € ) : en garde
partagée, elle est donc limitée à 155 € par mois. Partager une employée de
maison payée au SMIC revient à 770 €
(5 050 F) par
famille.
Les jeunes couples qui font appel à ce mode
de garde n’ont pas les moyens de payer deux personnes. Ils ne doivent pas
attendre grand chose de la prochaine conférence de la famille, chargée de
créer une allocation unique pour la garde des jeunes enfants : la réforme
doit se faire sans argent supplémentaire. Il est donc peu probable que l’AGED
soit augmentée.
L’Union des Familles en Europe ne remet pas
en cause l’avancée sociale que viennent d’obtenir les employées de maison.
Mais elle demande le retour immédiat à l’AGED d’avant 1998, conformément
aux promesses de la Droite lorsqu’elle était dans l’opposition.
Ce que les 60 000
nouvelles places de crèche de Ségolène Royal sont devenues …
Ces trois dernières années, il n’y a eu que
4 500 places nouvelles de créées
L'annonce :
A la conférence de la famille de juin 2000, S. Royal
avait annoncé que le gouvernement débloquait 1,5 MdF afin de parvenir à
la création de 60 000 places de crèche nouvelles sur 2 ans.
Les moyens prévus :
Le gouvernement a créé un fond spécial le FIPE, crédité
des excédents de la branche famille :
·
1,5 MdF (226,6 M €) en 2000 prélevés sur
l’excédent 1999 de la CNAF
·
1 milliard de Francs supplémentaires en
2002 prélevés sur l’excédent 2001 de la CNAF.
la réalité :
·
Depuis 5 ans, les structures d’accueil de
la petite enfance doivent faire face à 40 000 enfants de moins de 3 ans
supplémentaires, compte tenu de la hausse du nombre des naissances
·
Du point de vue de modes de garde, il ne
s’est rien passé entre 1997 et 2000 (les fonds CNAF n’ont pas été
dépensés) et les mesures restrictives sur l’AGED ont fortement accentué la
pression sur les crèches
·
A la conférence de la famille de juin
2001, Ségolène Royal s’était vantée d’avoir créé 16 000 nouvelles place de
crèche en 2001 permettant l’accueil de 38 000 enfants de plus ( ?).
·
Il apparaît
[2]
que la moitié du 1,5 milliard prévu à ce titre a été dépensé pour
améliorer des crèches existantes et qu’il n’y a eu qu’environ 18 000
places de crèche de plus[3].
Au 30 avril 2001, la CNAF n’acceptait plus de nouveaux dossiers.
·
Qu’il y a un écart de 30 % entre le prix
plafond subventionné par la CNAF et la réalité du coût en crèche
collective.
L’explication :
Le fonctionnement d’une place de crèche collective coûte
643 € par mois et par enfant aux municipalités ! Les autres modes de
garde, 0 €.
Une ville moyenne qui voudrait créer 50 places de crèche
devra dépenser 386 000 € de plus par an … soit 1,5 % de pression fiscale
en plus ! Pourquoi voulez vous qu’elle crée une crèche ?
On le savait très bien et les experts de l’UFE l’avaient
dit : Simone VEIL avait déjà débloqué 3 MdF en 1994 pour créer des places
de crèche. Un tiers de cette somme est restée dans les caisses faute de
communes candidates.
Sur 15 ans, le nombre de places de crèche a évolué très
lentement :