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L’état de l'UNAF et du mouvement familial en France

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Synthèse

L’origine de l’UNAF remonte à la promulgation du décret loi du 29 décembre 1942 dit « Loi Gounod ». Ce texte ne faisait pas disparaître les différents mouvements familiaux nés au début du siècle, mais les appelait à s’unir dans cette fédération, la « Fédération Nationale des Familles », qui était chargée du monopole de représentation des familles auprès des pouvoirs publics. La fédération nationale était relayée dans chaque département par une fédération départementale et, localement, par une association familiale unique. Le gouvernement exerçait une tutelle assez forte sur les activités de ces structures. La FNF issue de cette « Loi Gounod » n’aura pas vraiment le temps de commencer à travailler.

En 1945, malgré certaines contestations, cette vision corporatiste de la représentation familiale fut reprise par une ordonnance du 3 mars. La nouvelle organisation, baptisée UNAF, a repris l’essentiel des dispositions Vichyste (le monopole de représentation des familles, l’organisation pyramidale) à quelques différences près : la tutelle de l’Etat est allégée et l’association locale unique n’est plus obligatoire.

Dès 1951, l’UNAF s’était vu attribuer d’importantes subventions versées automatiquement. Elles s’élèvent aujourd’hui à 25 millions d’Euros par an. Ces subventions – appelées Fonds Spécial - n’ont pas été remises en cause, malgré le tout récent rapport de la Cour des Comptes. Celle-ci constate pourtant que l’UNAF n’est pas représentative des familles et que l’automatisme de son financement – en augmentation de 30 % sur 20 ans - est un privilège exorbitant.

En 1981, l’UNAF abrogeait la disposition de ses statuts qui l’obligeait à être dirigée par une majorité de parents ayant des enfants à charge. Elle n’est plus aujourd’hui qu’une assemblée de grands parents : ainsi en juin 2004, les 11 nouveaux élus au conseil d’administration de l’UNAF ne totalisent que 5 enfants mineurs.

Comment expliquer l’anachronisme de cette institution ? Trois faits récents permettent de répondre à cette question :

- 2000 : L’UNAF vote pour l’abrogation de la loi qui prolongeait à 22 ans le versement des allocations familiales ;

- 2002 : l’UNAF vote pour le transfert de deux milliards d’euros de la branche famille de la Sécurité Sociale vers la branche vieillesse ;

    - 2005 : l’octroi à l’UNAF des 25 millions du Fonds Spécial est consolidé. Devant le Parlement, le gouvernement affirme sans détour la subordination de l’UNAF « La réforme du Fonds spécial (…) vise à moderniser le dispositif de financement des unions d'associations familiales  en assignant aux associations familiales des objectifs à réaliser compte tenu de la politique familiale définie par les pouvoirs publics ». On ne saurait être plus explicite…

 De l’Histoire pour comprendre

Le mouvement familial trouve son origine en France à la fin du XIXième siècle. Il naît de la révolte des familles nombreuses terriblement paupérisées et de la prise de conscience d’une partie de la classe politique des dangers de l’affaissement démographique. Le péril Allemand en est un facteur essentiel.

 

Le souci démographique va s’étendre à tous les partis politiques au cours de la première moitié du XX ième  siècle. S’en suivent les premières lois « familiales » telles que l’instauration de la fête des mères, de la médaille de la famille française, les bonifications familiales des retraites des fonctionnaires ou des réductions SNCF dans les années 20. Ces mesures publiques sont accompagnées par des initiatives privées comme la création des premières allocations familiales par le moyen de caisses de compensation patronales.  

En même temps qu’ils procèdent à un lobbying intensif sur le sujet, les différents mouvements familiaux apprennent à travailler ensemble. Les points de vue des associations de familles nombreuses (la Ligue des Familles nombreuses, la Plus Grande Famille) tendent à se rapprocher des mouvements ouverts à toutes les familles (la Fédération Générale des Familles, le Moulin Vert). La division et les rivalités de personnes sont perçues comme un obstacle au progrès de la Cause.

 

Pourtant, à aube de la seconde guerre mondiale, l’idée familiale est partagée par tous et c’est à l’unanimité que la chambre issue des urnes du Front Populaire vote en 1939 le « Code de la famille » qui prévoit notamment la généralisation des allocations familiales.

 

Les premières années du gouvernement de Vichy voient les mouvements familiaux participer sans état d’âme aux réformes familiales du Maréchal (qui, en fait, ne seront pas considérables – l’essentiel ayant été fait en 39).

 

C’est à cette époque que naît l’UNAF, appelée à l’époque « Fédération Nationale des Familles ». Les différents mouvements familiaux ne sont pas dissous mais appelés à s’unir dans cette fédération chargée du monopole de représentation des familles auprès des pouvoirs publics. La fédération nationale est relayée dans chaque département par une fédération départementale et, localement, par une association familiale unique. Le gouvernement exerce une tutelle assez forte sur les activités de ces structures. La FNF issue de cette « Loi Gounod » (DL du 29 décembre 1942) n’aura pas vraiment le temps de commencer à travailler.

 

En 1945, malgré certaines contestations, cette vision corporatiste de la représentation familiale est reprise par l’ordonnance du 3 mars 1945. La nouvelle organisation baptisée UNAF reprend l’essentiel des dispositions Vichyste (le monopole de représentation, l’organisation pyramidale) à quelques différences près : la tutelle de l’Etat est allégée et l’association locale unique disparaît.

 

Contrairement au discours opportunément élaboré par l’UNAF, la préoccupation des associations familiales après la guerre n’a pas été de se libérer d’une loi Gounot oppressive, mais bien plutôt d’en obtenir le maintien : « La loi défunte était le dernier de mes nombreux enfants, enfant parfaitement reconnu et considéré comme légitime » déclarait Emmanuel GOUNOT « Je me rallie à l’ordonnance, et suis très heureux de voir que l’essentiel au moins des idées nouvelles pour lesquelles j’avais combattu, cet essentiel a été maintenu par l’ordonnance : la préparation de la constitution d’un véritable corps familial ayant des prérogatives de droit public »[1]

 

Depuis 1945, la vie « institutionnelle » de l’UNAF a été marquée par deux évènements :

 

La sortie et le retour de mouvements familiaux :

Ø  à la fin des années 50, les associations familiales ouvrières quittent l’UNAF pour y revenir au milieu des années 1975 sous le nom de CSF (confédération familiale des Familles) avec un objectif d’entrisme affiché. La Confédération nationale du Logement quittera l’UNAF, quant à elle, de façon définitive.

Ø  La fédération des Familles Rurales, happée par le monde agricole, reste toujours tentée de prendre son indépendance : elle estime ne faire avec l’UNAF qu’un « chemin expérimental » et désire « faire connaître ses divergences » et « revendiquer des représentations ès qualité dans les instances officielles où sont en cause les familles rurales » (FFR – mai 1992).

Ø  Entre enfin à l’UNAF, dans les années 1990, l’UFAL (Union des Familles Laïques) qui est, en réalité un succube du Réseau Voltaire et de la gauche ultra libertaire. Se déclarant ennemie de la famille, l’UFAL tient néanmoins à profiter de la manne financière de l’UNAF.

Ø  Le début du XXIième  siècle voit la naissance d’une fédération d’associations familiales qui refuse délibérément d’entrer à l’UNAF (Union des Familles en Europe – 22 000 adhérents) et qui remettent en cause le monopole dont elle jouit.

 

Depuis 1945, les moyens de l’UNAF n’ont cessé de croître :    

Pour exercer sa mission, l'UNAF reçoit une dotation calculée en pourcentage du montant des prestations familiales versées par la C.N.A.F. Le montant de cette subvention -appelée "Fonds Spécial" – était de initialement de 0,03 % puis de 0,07 %. Il fut porté à 0,1 % en 1993.

Le « Fonds spécial » s’élève en pour l’année 2008 à 25,9 millions d’€

L'UNAF touche 10 millions pour son propre fonctionnement et reverse 14,3 millions entre les UDAF.   Les Associations Familiales Nationales reçoivent 1,5 millions.

En outre, l’UNAF bénéficie de 650 000 € de subventions complémentaires pour le fonctionnement de ses propres services  (CNAF = 286 000 € ;  ministère de l'économie = 27 400 € ;  CNAM = 207 500)

Le financement public va donc pour 95 % aux UDAF et à l’UNAF, « institutions » qui se contentent de comptabiliser les adhérents des associations de terrain et « d’assurer la représentation des familles », c’est à dire de désigner des représentants bénévoles pour siéger dans divers comités.

Pour le détail de la répartition entre mouvements, voir en annexe

 

L’institution a été réformée deux fois :  

Ø  en 1975 ont lieu deux changements importants : 1° les mouvements spécifiques sont entrés à l’UNAF (ce sont les mouvements qui défendent une catégorie particulière de familles : celles qui ont un enfant handicapé, les veuves, etc. ) 2°  les mouvements familiaux ont eu droit de cité en tant que tels au sein de l’UNAF. Auparavant, seuls les UDAF participaient à la vie de l’UNAF.

Ø  En 1981, l’UNAF (qui a déjà beaucoup vieilli) abroge la disposition de ses statuts imposant que le conseil d’administration de l’Union soit composé pour moitié au moins de pères et mères de famille ayant au moins 3 enfants et pour les 2/3 de pères et mères de famille ayant un enfant mineur à charge.

 

 

Etat des lieux en 2008 :

  

Le mouvement familial en France (chiffres 2008)

 

758 031 familles adhèrent en France à une association familiale ou réputée familiale affiliée indirectement à l’UNAF. On distingue au sein de l’UNAF:

 

* les associations « à but spécialisé » (comme la FAVEC qui regroupe les veuves ou l’UNAPEI qui réunit les parents d’enfants handicapés) qui défendent les intérêts de familles rencontrant un problème particulier.

Pour faire nombre, l’UNAF compte parmi les associations spécialisées de nombreuses associations qui n’ont pas de caractère familial telles que l’Aide à Domicile en Milieu Rural (100 000 adhérents) La Cour des Comptes estime que de nombreuses associations comptabilisées par l’UNAF ne devraient pas l’être : « En milieu rural, notamment, certaines associations incluent des structures prestataires de services rémunérés et, de ce fait, le nombre de leurs membres se trouve augmenté par la prise en compte de tous les bénéficiaires de ces services ».

 

 * et les associations « à but général », dont la mission est de défendre l’ensemble des intérêts matériels et moraux des familles. Les associations familiales à but général sont au nombre de huit : les Familles Rurales (151 000 familles adhérentes, très spécialisées en milieu rural), Familles de France (62 000 familles, généraliste), les Associations Familiales Catholiques (25 000 familles adhérentes, confessionnelle) et la Confédération Syndicale des Familles (28 300 familles, de gauche), la Confédération Nationale des Familles Laïques (22 400 familles - très à gauche mais familiale), l’Union des Familles Laïques (4 700 familles- très à gauche et antifamiliale) et les Associations Familiales Protestantes (2 900 familles – Pierre-Patrick Kalthenbach)

En 2002, est apparue l’Union des Familles en Europe (25 000 familles) qui a décidé de ne pas demander son adhésion à l’UNAF.

 

L’UNAF, combien de divisions ?

 

 

 

La baisse du nombre d’adhérents à l’UNAF se poursuit

 

Communiqué du 24 juin 2011

 

Présumée représentative des familles par la loi, l’Union Nationale des Associations Familiales (UNAF) ne regroupe que 0,05 % des 15 millions de familles vivant en France. Depuis 15 ans, elle a encore perdu 210 000 adhérents dont 16 000 l’an passé. Sa légitimité est de plus en plus faible.

 

A Nancy, le week-end des 25-26 juin 2011, nouvelle parodie de concertation sur la politique familiale : deux ministres s’exprimeront à l’assemblée générale de l’UNAF, unique interlocuteur de l’Etat en matière familiale.

 

Qu’est-ce que l’UNAF ? C’est une institution créée par Vichy, légèrement ravaudée en 1945 et 1972. Elle reçoit, chaque année, 26 millions d’euros de subventions. La loi la présume « représentative de l’ensemble des familles ».

 

Pourtant, comme le notait déjà la Cour des Comptes en 2005, de facto l’UNAF n’est pas représentative des familles. Non seulement elle ne regroupe que 0,05% d’entre elles, mais encore ses effectifs ne cessent de diminuer, particulièrement au sein des familles « tout venant », c'est-à-dire non concernées par un problème particulier.

 

Il est donc politiquement inacceptable que le gouvernement prenne l’UNAF comme interlocuteur unique.

 

C’est, en outre, juridiquement inadmissible : en effet, avec la décision QPC n°3 du 18 mai 2010, le Conseil Constitutionnel a mis fin au monopole dont l’UNAF prétendait bénéficier et que les gouvernements respectaient béatement (c’est idéal, un interlocuteur unique, muselé par une grasse subvention !).

 

La désaffection croissante des familles à l’égard de l’UNAF rend maintenant urgente une réforme de la représentation des familles. Nombreux sont les sujets où elles doivent pouvoir s’exprimer en toute indépendance.

 

L’Union des Familles en Europe demande donc que les familles puissent choisir leurs représentants comme le font les travailleurs pour leurs syndicats. Elle réclame que des élections démocratiques soient organisées au sein des caisses d’allocations familiales à partir du fichier de tous les allocataires élevant des enfants.

 

 

Nombres de familles adhérentes au sein des associations généralistes :

 

2000

2 011

variation

AFP (Familles protestantes)

3481

3 539

58

Confédération Syndicale des familles

38 275

28 408

-9 867

AFC (Familles catholiques)

34 709

25 178

-9 531

Familles Rurales

165 877

148 719

-17 158

Familles de France

108 257

56 585

-51 672

CNAFAL (Familles laïques)

27 449

21 759

-5 690

UFAL (idem)

3 158

2 878

-280

Total Mouvements dits « généraux »

381 206

287 066

-94 140

 

Nombre de familles adhérentes au sein de toutes les associations, y compris les spécialisées :

 

1994

2011

 variation

rapport

total  des familles adhérentes

923 694

714968

-208 726

- 23 %

Adhérents aux associations généralistes

442 912

287066

-155 846

- 35 %

Adhérents aux associations spécifiques (veuves, familles de handicapés, services ruraux, écoles rurales, etc.)

283 202

281520

-1 682

- 1 %

Adhérents à des associations non affiliées

197 479

146 382

-51 097

-26 %

 

 

 

Pourquoi cette érosion ?

 

Ø  Une des raisons de cette hémorragie tient au développement des services publics municipaux.

Le mouvement familial s’est en effet largement structuré autour des services rendus par les associations aux familles adhérentes : braderies de vêtements, soutien scolaire, garderies, etc. Le caractère militant du groupement échappait à la plupart des adhérents.

Mais l’époque héroïque où les familles devaient créer elles-mêmes les services dont elles avaient besoin est lointaine. Dans les villes, la plupart des services ont été municipalisé ou créés de toutes pièces par les communes, de sorte que les effectifs des fédérations fondent d’année en année.

Parmi les mouvements généraux, seule Familles Rurales échappe à cette  lente érosion car les 2 300 communes dans lesquelles elle est représentée sont bien trop petites pour pouvoir se payer des services communaux. L’initiative et la gestion privée et bénévole sont encore de règle.

Les mouvements spécifiques échappent aussi à cette hémorragie car leur adhérents ont une motivation militante que n’ont pas les familles ordinaires : les parents d’enfants handicapés vont naturellement participer à la vie d’une association spécialisée, de même pour les veuves, etc.

Ø  Enfin, le mouvement familial est frappé de plein fouet par la crise du bénévolat : il y a seulement 10 ans, on comptait 3,2 millions de femmes au foyer. Elles ne sont plus que 2,3 millions. Les jeunes mères de familles qui composaient le fond de recrutement des associations familiales ont investi le marché de travail et n’ont plus de temps à consacrer à ce bénévolat qui n’est pas directement utilitaire pour elles. Les retraités, déjà fort nombreux, ont donc investi le milieu familial, chassant par leur présence ultra majoritaire, leurs méthodes anciennes et leurs querelles au sein des UDAF, les rares bonnes volontés qui s’intéressaient au mouvement familial.

 

La crise actuelle du mouvement familial

 

Les ambiguïtés de l’UNAF :

Le monde familial traditionnel est en crise. En quelques années, les associations que regroupe l'UNAF ont perdu plus de 130 000 adhérents et leurs dirigeants ont considérablement vieilli : la plupart sont grand parents !  Quant aux membres des conseils d’administration des UDAF et de l’UNAF, ils sont plus âgés encore.

 

L'UNAF mène une politique de négociation institutionnelle avec les pouvoirs publics. Lorsque les intérêts des familles sont menacés, elle choisit généralement :

* soit de s'en tenir à une protestation qui ne gène pas le gouvernement

* soit de voter en faveur de la mesure en question

 

Exemples récents :

Ø  L’UNAF a applaudi à l’abaissement du plafond du quotient familial en 1999 (Jospin)

Ø  L’UNAF a voté POUR l’abrogation de la loi qui prolongeait à 22 ans le versement des allocations familiales (2000)

Ø  L’UNAF n’a fait qu’exprimer « des satisfactions essentielles et un regret » lorsqu’en 2000, le gouvernement renonce à toute aide en faveur des familles ayant des jeunes adultes à charge (Jospin)

Ø  L’UNAF vote en faveur du transfert d’un milliard d’€ de la branche famille à la branche vieillesse en 2002 (Raffarin)

Ø  L’UNAF applaudi la création de la PAJE qui prive pourtant 400 000 mères au foyer du droit à la prestation (Villepin)

Ø  2005 : L’UNAF demande que la question des enfants pauvres soit retirée de l’ordre du jour de la Conférence de la Famille

Ø  2008 : 2 milliards d’euros de dépenses indues sont mises à la charge de la branche famille. Tous les syndicats votent contre … l’UNAF s’abstient (Fillon)

 

 

Enfin, l’UNAF témoigne d’une grande couardise sur les sujets de société : elle ne fait quasiment pas usage de ses prérogatives en matière de protection morale de la jeunesse : ainsi n’a-t-elle jamais participé aux actions contre les minitels roses, les films pornos, les jeux vidéo ultra violents, etc … laissant cette tâche aux autres et ne se privant pas de les critiquer voir d’entraver leur action.

Pour justifier cette inaction, elle prétend vouloir faire « triompher le dialogue et la persuasion ». En réalité, ses dirigeants sont surtout soucieux de ne pas avoir l’air « ringard ». C’est ainsi que l’UNAF tente aujourd’hui de faire attribuer la médaille de la famille française aux familles monoparentales … au grand dam des « mères médaillées » qui ont bâti leur vie sur des convictions plus traditionnelles.

 

 

Pourquoi cette complaisance ?

 

Ø  Parce que les dirigeant de l’UNAF sont très majoritairement des grands parents loin des réalités et des besoins des familles. Les 11 nouveaux élus au conseil d’administration de l’UNAF en juin 2004 ne totalisent que 5 enfants mineurs, en 2008, sur 11 élus, un seul a un enfant mineur ... Autre exemple, la représentation de l’UNAF au Conseil Economique et Social ne compte qu’un seul représentant des familles ayant un enfant mineur …

Ø  Parce que c'est une instance unique, l'UNAF, qui, seule, dispose des subventions et des récompenses individuelles.

Une association familiale qui serait efficace et médiatique ferait de l'ombre à l'UNAF. L'expérience a été faite pour Familles de France sous la présidence de Jacques Bichot : tout a été mis en oeuvre pour faire taire cette fédération, jusqu'à ce qu'elle soit dotée d'un président plus complaisant.

Imaginons que l'ensemble des syndicats soient réunis au sein d'une instance unique qui recevrait les subventions et des places à distribuer ? La défense des salariés deviendrait rapidement moins pugnace.

 

 

Ces ambiguïtés de l'UNAF s'expliquent par les circonstances particulières de sa création : née en 1943, elle est fortement imprégnée de l’esprit du corporatisme de l'Etat Français.

 

Pourquoi avoir, en 1945, conservé l'UNAF ?

*  parce que les dirigeants familiaux de l'époque avaient souffert de l'éparpillement des forces militantes en de trop nombreuses associations.

*  surtout, parce que, dès 1939, la Famille était une idée consensuelle, tous partis et idéologies confondus : le code de la Famille fut adopté en 1939 par la Chambre issue des urnes du Front Populaire, le quotient familial et l'universalité des prestations familiales furent adoptée à l'UNANIMITE par les chambres en 1945. Il ne venait à l'idée de personne qu'il pût y avoir des approches différentes de la famille ni des intérêts égoïstes parmi les militants familiaux.

*  l'erreur finale fut de faire de l'UNAF la bénéficiaire unique des subventions et représentations encourageant ainsi le clientélisme, la complaisance et la mise au pas des éléments les moins dociles

 

Les critiques de la Cour des Comptes …

 

La Cour des Comptes dans son rapport de 2005 constate que l’UNAF est un organisme auquel la loi confère une « présomption de représentativité des familles » et qu’il bénéficie d’un financement confortable et croissant, dont la Cour constate qu’il est supérieur à celui des deux directions ministérielles consacrées à la famille.

Elle s’en émeut et constate :

que l’UNAF n’est pas représentative (« Le privilège de financement dont bénéficie l’UNAF lui impose d’être représentative de toutes les familles de la société française actuelle. Or ce n’est pas le cas. »),

? que sa gestion laisse à désirer (exemple : le trésorier lui-même s’est fait rembourser en une seule fois tous ses frais de janvier 1998 à mars 2003, pour un montant de 28 342 euros. « Le motif des dépenses n’est pas toujours précisé et il est alors impossible de vérifier que la dépense correspond bien à une activité de l’UNAF », écrit la Cour),

?que sa subvention est en partie dépourvue de base légale et

?que l’automatisme de son financement est un privilège exorbitant.

Comme l’écrit la Cour, « l’état s’est créé un interlocuteur ».

 

… et l’inquiétude de l’UNAF qui craint pour ses privilèges :

 

Voici ce qu’elle écrit dans un document d’ordre interne en date du 18 juin 2004 ; « Pour autant, il incombe à présent, à l’UNAF de s’interroger sur la manière dont les pouvoirs publics perçoivent l’important développement des organismes familiaux ou para-familiaux, qui, faute de remplir les conditions d’agrément pour y adhérer ou bien par choix délibéré, évoluent en marge de la structure UNAF.

A cet égard, il faut noter qu’au cours de ces 20 dernières années, plus de 50 mouvements s’étant « rapprochés » de l’UNAF n’ont pas été agréés, et ce, pour des motifs divers allant de la non instruction de dossier faute de poursuite de la démarche du mouvement demandeur, à la non conformité aux critères d’agréments nationaux arrêtés par l’UNAF. (…)

Aussi, les pouvoirs publics étant obligés de discuter avec un nombre croissant d’instances familiales différentes, il est probable que la question de la place de l’UNAF dans ce paysage familial finira par se poser : est-elle l’Instance fédératrice des mouvements familiaux ou est-elle un mouvement familial au même titre que d’autres associations ? Dans ce dernier cas l’UNAF perdrait à la fois sa légitimité et toute son efficacité ».

 

De l’intérêt pour les pouvoirs publics d’avoir l’UNAF …

 

Avec l’UNAF, les différents gouvernements (de gauche comme de droite) ont un partenaire « officiel ». Ce partenaire est « présumé » représentatif : la Loi confie, en effet, à l’UNAF le « monopole » de la représentation des familles sans s’inquiéter des réalités de terrain.

 

Les pouvoirs publics ont tout intérêt à ne traiter qu’avec l’UNAF.

 

Les membres de l’UNAF sont récompensés à tous les échelons pour leur participation :

Ø  A l’échelon national, les dirigeants peuvent espérer des légions d’honneur[2], des représentations flatteuses, participer à des audiences prestigieuses

Ø  A l’échelon départemental, les dirigeants peuvent espérer une médaille du mérite, le privilège de rencontrer le Préfet ou le député, une certaine existence sociale …

 

En échange, l’UNAF est priée de « tenir ses troupes » : si une critique discrète est tolérée, les gouvernements acceptent mal qu’un mouvement familial s’exprime dans les médias et en fait reproche à l’Institution.

Une des façons de « calmer » les ardeurs militantes consiste à organiser la dispute au sein des UDAF. Ces institutions servent en quelque sorte de « miroirs » aux militants familiaux désireux de sortir de la grisaille de leur association. Dans cette institution, ils sont « reconnus » de sorte que la vie de l’UDAF prend une importance considérable à leurs yeux. S’en suivent des disputes picrocholines pour y prendre le pouvoir : du temps qui n’est pas passé aux actions militantes et qui laisse les mains libres aux responsables politiques locaux ; c’est le but poursuivit.

 

La crise de 2001

 

Naturellement, les 25 millions du Fonds Spécial se trouvent moins justifiés si, pour le prix, l’ordre ne règne pas dans les rangs. C’était le cas avec une fédération comme Familles de France (120 000 familles à l’époque) qui menait depuis 10 ans avec le Président Bichot, une politique très revendicative et bénéficiait d’une couverture médiatique supérieure à celle de l’UNAF.

Le point d’orgue de cette opposition fut la conférence de la famille de 1999 au cours de laquelle L. Jospin annonça le retour à l’universalité des prestations familiales  en « échange » d’un plafonnement inique du quotient familial … négocié par l’UNAF. Jacques Bichot manifesta son opposition sur tous les écrans de télévision.

 

Soutenu par les pouvoirs publics, tout fut alors mis en œuvre pour faire taire cette fédération en faisant remplacer Jacques Bichot par un personnage plus que contestable, proche de sectes crudivoristes … mais ayant accepté de cesser tout combat pour la politique familiale pourvu qu’on lui laisse faire la promotion de ses théories très particulières : Henri Joyeux[3].

 

L’arrivée d’Henri Joyeux à la tête de Familles de France (qui vit depuis une crise profonde avec le départ de 43 000 adhérents) a provoqué un scission et la création d’un nouveau mouvement familial : l’Union des Familles en Europe.

 

 

L’Union des Familles en Europe

 

Cette fédération apolitique et non confessionnelle compte en 2008 plus de 20 000 familles adhérentes. Elle est implantée en Isère, dans les Hauts de Seine, dans l’Oise, dans l’Eure, dans la Marne, dans  le Calvados, dans le Rhône et en Haute Garonne. D’autres implantations sont en cours.

 

Ses caractéristiques sont les suivantes :

Ø  Elle est dirigée par de jeunes parents

Ø  Vis à vis de l’UNAF, sa position officielle est celle-ci : « L’UFE soucieuse de développer un dialogue direct des familles avec les pouvoirs publics tant Européens que Nationaux, a choisi, pour le moment, de n’adhérer à aucune institution nationale. Elle  laisse le choix aux associations et fédérations d’adhérer ou non aux UDAF et les incite à le faire si l’intérêt des familles le justifie localement ». De ce choix résulte que l’UFE ne bénéficie d’aucune subvention.

Ø  Son orientation est clairement militante, très axée sur la politique familiale.

 

L’UFE est présidée par M. Georges COSTE, son président d’honneur est Jacques Bichot, son porte parole Dominique MARCILHACY. L’UFE est apparue de façon fracassante sur la scène médiatique lors de la conférence de la famille 2003, étant la seule organisation familiale à critiquer la PAGE pour les 400 000 femmes au foyer qu’elle excluait. Elle se bat actuellement pour une amélioration du sort des enfants pauvres, contre le non versement des allocations logement lorsqu’elles sont inférieures à 24 € par mois et pour la formation professionnelle des femmes au foyer.

 

La création de l’UFE a suscité l’ire et l’inquiétude de l’UNAF qui poursuit une politique de brimades systématique au sein des UDAF où les associations UFE sont présentes. Ses méthodes viennent d’être condamnées par la Cour d’Appel de Paris et la Cour de Cassation pour « abus de pouvoir »[4]

L’UNAF a obtenu des ministres de la famille qu’ils ne reçoivent pas ces trublions et qu’ils ne soient pas membres du Haut Conseil de la Famille.

Cet ostracisme intéressé fait de l’UFE la seule association familiale « non subventionnée » donc « libre ».

 

 

En faisant financer grassement par la sécurité sociale cette institution vieillie et soumise qu’est l’UNAF, en la dotant d’un monopole de représentation des familles tout à fait extravagant, en attribuant force légions d’honneur à ses dignitaires, le Gouvernement fait une bonne affaire : depuis 10 ans, le budget de la politique familiale a diminué chaque année de plus d’un milliard d’euros. 25 millions pour pouvoir économiser en fin de course 10 milliards par an sans heurts, c’est rentable. 

En échange de ces moyens et privilèges, l’UNAF renvoie docilement l’ascenseur et se charge de couper les têtes des associations familiales qui croient pouvoir agir librement et critiquer l’action publique en s’appuyant sur une réelle expertise.

             L’UFE est depuis sa création en 2001 la première de ses cibles. Elle est, en effet, la seule association qui refuse de se soumettre en échange d’une niche bien moelleuse. Elle est la seule à avoir l’honneur de vous informer librement.

 

 Annexe :

le financement ACTUEL de l’UNAF et des mouvements familiaux :

La répartition précise des 1,46 millions  du Fonds spécial entre les associations est la suivante (2008):

mouvements familiaux à but général

Associations familiales protestantes

40 183 €

Confédération Syndicale des familles

131 490 €

Confédération Nationale des associations familiales catholiques

187 537 €

Familles Rurales

291 682 €

Familles de France

203 188 €

Conseil Nationale des Associations familiales laïques

94 799 €

Union des Familles Laïques

59 264 €

 

mouvements familiaux spécialisés

 

 

 

 

 

 

 

 

UN Maisons Familiales Rurales d'Orientation et d'orientation

52 693 € 

AF personnel de la Banque de France

1 546 €

Famille du Cheminot

11 394  €

FN AF maritimes

1 666  €

Aide à domicile en Milieu Rural

72 690  €

UNA parents d'enfants inadaptés (UNAPEI)

60 580  €

UN Parents d' enfants déficients auditifs

13 142  €

UN Parents d' enfants déficients visuels

564  €

ANA parents d'aveugles ou grav.défic. visuels

7 041  €

Enfance et familles d'adoption

52 072  €

UNAFAM (malades mentaux)

49 561 €

UN Médaille de la famille française

18 495  €

FN jumeaux et plus

42 337  €

UNAFALT (lutte toxicomanie)

1 638  €

association des paralysés de France

51 468  €

FA veuves civiles chefs de famille (FAVEC)

56 056  €

A entraite veuves et orphelins de guerre

7 159  €

Fed syndicales familles monoparentales

3 970  €

 

 

o   première remarque : Familles rurales, mouvement familial qui regroupe plus de 150 000 familles touche moins de fonds spécial que l'UDAF des Bouches du Rhône (282 000 €). Les AFC touchent moins  que l'UDAF de l'Indre.

 

o   Seconde remarque : D'où viennent les familles qui sont comptabilisées par les UDAF ? Des rangs des associations familiales de terrain. Sans les adhérents de ces associations, l'UDAF n'existe pas. Pourtant, ce sont les UDAF et URAF qui perçoivent 70 % du Fonds Spécial.

 

o   Troisième remarque : le bénéfice du fonds spécial n'est lié que de façon très lointaine au nombre d'adhérents d'un mouvement familial : La « note de gueule » fonctionne donc largement. A titre d’illustration, le remplacement à Familles de France de Jacques Bichot par un président soumis à l’UNAF s’est traduit en 2002 par une augmentation de 19 000 € du fonds spécial malgré la baisse de 10 000 adhérents. En 2004, après la disparition de 30 000 nouveaux adhérents (soit autant que les AFC), le Fonds Spécial n’a baissé que de 10 000 € … pour remonter de 11 698 € en 2005 (en célébration, sans doute, de la perte de 4 000 adhérents).

 

o   Quatrième remarque : Les sommes allouées aux mouvements spécifiques sont très modestes :  l'UNAPEI qui ne touche que 59 000 € pour 55 000 familles soit le double du CNAFAL qui, avec 22 000 familles perçoit 80 000 €. Même traitement  pour les attributions des places au Conseil Economique et Social : aucun représentant des familles d'enfants handicapés n'y a jamais siégé au titre de l'UNAF.

 

 

la réforme du Fonds Spécial(2005), rendue inévitable par la publication du rapport de la Cour des Comptes n'a aucunement amélioré ces incohérences. Le parlement a entériné les pratiques antérieures et même pérennisé le montant du Fonds, jugé exorbitant par la Cour.

 

Le seul aspect positif de la réforme est que les parlementaires ont refusé de donner une base légale au URAF (Unions Régionales des Associations Familiales). Ces organismes, créés dans les années 80, permettent de donner quelques présidences de plus aux apparchiks. Ils "pompaient" 800 000 euros sur le Fonds Spécial.

L'UNAF est très contrariée de ce qu'elles aient été jugées inutiles et fait un lobbying intense pour qu'elles soient consacrées par la loi. En attendant, un financement indirect a été mis en place - avec le concours du gouvernement - via des "associations interdépartementales" qui sont leurs faux nez.

[1] Discours du 6 avril 1945, cité par Mathias GARDET in « Jean Viollet et l’apostolat laïc» Ed. Beauchesne 2004

[2] A condition de ne pas critiquer le gouvernement : les apparatchiks nationaux de l’UNAF ont tous la légion d’honneur. M. Jacques Bichot ne l’a pas, bien qu’ayant présidé Familles de France pendant 14 ans, étant auteur de plusieurs livres et d’une multitude d’articles sur la politique familiale : il est vrai qu’il n’a jamais mâché ses critiques et a même remporté de beaux succès judiciaires en faveur des familles …

[3] Pour en savoir plus, taper « Henri Joyeux » sur Google

[4] Arrêt du 25 septembre 2007

 

 

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