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L’état de l'UNAF et du mouvement familial en France

 

Synthèse

L’origine de l’UNAF remonte à la promulgation du décret loi du 29 décembre 1942 dit « Loi Gounod ». Ce texte ne faisait pas disparaître les différents mouvements familiaux nés au début du siècle, mais les appelait à s’unir dans cette fédération, la « Fédération Nationale des Familles », qui était chargée du monopole de représentation des familles auprès des pouvoirs publics. La fédération nationale était relayée dans chaque département par une fédération départementale et, localement, par une association familiale unique. Le gouvernement exerçait une tutelle assez forte sur les activités de ces structures. La FNF issue de cette « Loi Gounod » n’aura pas vraiment le temps de commencer à travailler.

En 1945, malgré certaines contestations, cette vision corporatiste de la représentation familiale fut reprise par une ordonnance du 3 mars. La nouvelle organisation, baptisée UNAF, a repris l’essentiel des dispositions Vichyste (le monopole de représentation des familles, l’organisation pyramidale) à quelques différences près : la tutelle de l’Etat est allégée et l’association locale unique n’est plus obligatoire.

Dès 1951, l’UNAF s’était vu attribuer d’importantes subventions versées automatiquement. Elles s’élèvent aujourd’hui à 25 millions d’Euros par an. Ces subventions – appelées Fonds Spécial - n’ont pas été remises en cause, malgré le tout récent rapport de la Cour des Comptes. Celle-ci constate pourtant que l’UNAF n’est pas représentative des familles et que l’automatisme de son financement – en augmentation de 30 % sur 20 ans - est un privilège exorbitant.

En 1981, l’UNAF abrogeait la disposition de ses statuts qui l’obligeait à être dirigée par une majorité de parents ayant des enfants à charge. Elle n’est plus aujourd’hui qu’une assemblée de grands parents : ainsi en juin 2004, les 11 nouveaux élus au conseil d’administration de l’UNAF ne totalisent que 5 enfants mineurs.

Comment expliquer l’anachronisme de cette institution ? Trois faits récents permettent de répondre à cette question :

- 2000 : L’UNAF vote pour l’abrogation de la loi qui prolongeait à 22 ans le versement des allocations familiales ;

- 2002 : l’UNAF vote pour le transfert de deux milliards d’euros de la branche famille de la Sécurité Sociale vers la branche vieillesse ;

    - 2005 : l’octroi à l’UNAF des 25 millions du Fonds Spécial est consolidé. Devant le Parlement, le gouvernement affirme sans détour la subordination de l’UNAF « La réforme du Fonds spécial (…) vise à moderniser le dispositif de financement des unions d'associations familiales  en assignant aux associations familiales des objectifs à réaliser compte tenu de la politique familiale définie par les pouvoirs publics ». On ne saurait être plus explicite…

 De l’Histoire pour comprendre

 Au XIXième siècle Le mouvement familial trouve son origine en France à la fin du XIXième siècle. Il naît de la révolte des familles nombreuses terriblement paupérisées et de la prise de conscience d’une partie de la classe politique des dangers de l’affaissement démographique. Le péril Allemand en est un facteur essentiel.

 Le souci démographique va s’étendre à tous les partis politiques au cours de la première moitié du XX ième  siècle. S’en suivent les premières lois « familiales » telles que l’instauration de la fête des mères, de la médaille de la famille française, les bonifications familiales des retraites des fonctionnaires ou des réductions SNCF dans les années 20. Ces mesures publiques sont accompagnées par des initiatives privées comme la création des premières allocations familiales par le moyen de caisses de compensation patronales.  

En même temps qu’ils procèdent à un lobbying intensif sur le sujet, les différents mouvements familiaux apprennent à travailler ensemble. Les points de vue des associations de familles nombreuses (la Ligue des Familles nombreuses, la Plus Grande Famille) tendent à se rapprocher des mouvements ouverts à toutes les familles (la Fédération Générale des Familles, le Moulin Vert). La division et les rivalités de personnes sont perçues comme un obstacle au progrès de la Cause.

 Pourtant, à l’aube de la seconde guerre mondiale, l’idée familiale est partagée par tous et c’est à l’unanimité que la chambre issue des urnes du Front Populaire vote en 1939 le « Code de la famille » qui prévoit notamment la généralisation des allocations familiales.

 Les premières années du gouvernement de Vichy voient les mouvements familiaux participer sans état d’âme aux réformes familiales du Maréchal (qui, en fait, ne seront pas considérables – l’essentiel ayant été fait en 39).

C’est à cette époque que naît l’UNAF, appelée à l’époque « Fédération Nationale des Familles ». Les différents mouvements familiaux ne sont pas dissous mais appelés à s’unir dans cette fédération chargée du monopole de représentation des familles auprès des pouvoirs publics. La fédération nationale est relayée dans chaque département par une fédération départementale et, localement, par une association familiale unique. Le gouvernement exerce une tutelle assez forte sur les activités de ces structures. La FNF issue de cette « Loi Gounod » (DL du 29 décembre 1942) n’aura pas vraiment le temps de commencer à travailler.

 En 1945, malgré certaines contestations, cette vision corporatiste de la représentation familiale est reprise par l’ordonnance du 3 mars 1945. La nouvelle organisation baptisée UNAF reprend l’essentiel des dispositions Vichyste (le monopole de représentation, l’organisation pyramidale) à quelques différences près : la tutelle de l’Etat est allégée et l’association locale unique disparaît.

Depuis 1945, la vie « institutionnelle » de l’UNAF a été marquée par deux évènements :

 La sortie et le retour de mouvements familiaux :

Ø     à la fin des années 50, les associations familiales ouvrières quittent l’UNAF pour y revenir au milieu des années 1975 sous le nom de CSF (confédération familiale des Familles) avec un objectif d’entrisme affiché. La Confédération nationale du Logement quittera l’UNAF, quant à elle, de façon définitive.

Ø     La fédération des Familles Rurales, happée par le monde agricole, reste toujours tentée de prendre son indépendance : elle estime ne faire avec l’UNAF qu’un « chemin expérimental » et désire « faire connaître ses divergences » et « revendiquer des représentations ès qualité dans les instances officielles où sont en cause les familles rurales » (FFR – mai 1992).

Ø     Entre enfin à l’UNAF, dans les années 1990, l’UFAL (Union des Familles Laïques) qui est, en réalité un succube du Réseau Voltaire et de la gauche ultra libertaire. Se déclarant ennemie de la famille, l’UFAL tient néanmoins à profiter de la manne financière de l’UNAF.

Ø     Le début du XXIième  siècle voit la naissance d’une fédération d’associations familiales qui refuse délibérément d’entrer à l’UNAF (Union des Familles en Europe – 22 000 adhérents)

 Depuis 1945, les moyens de l’UNAF n’ont cessé de croître :    

Pour exercer sa mission, l'UNAF reçoit une dotation calculée en pourcentage du montant des prestations familiales versées par la C.N.A.F. Le montant de cette subvention -appelée "Fonds Spécial" – était de initialement de 0,03 % puis de 0,07 %. Il fut porté à 0,1 % en 1993.

Le « Fonds spécial » s’élève en pour l’année 2005 à 24,3 millions d'€.

L'UNAF garde 8,3 millions pour son propre fonctionnement, répartit 16 millions entre les UDAF et ne verse qu' 1,46 millions aux Associations Familiales Nationales.

En outre, l’UNAF bénéficie de 650 000 € de subventions complémentaires pour le fonctionnement de ses propres services  (CNAF = 286 000 € ;  ministère de l'économie = 27 400 € ;  CNAM = 207 500)

Le financement public va donc pour 95 % aux UDAF et à l’UNAF, « institutions » qui se contentent de comptabiliser les adhérents des associations de terrain et « d’assurer la représentation des familles », c’est à dire de désigner des représentants bénévoles pour siéger dans divers comités.

 

Pour le détail de la répartition entre mouvements, voir en annexe

 L’institution a été réformée deux fois :  

Ø     en 1975 ont lieu deux changements importants : 1° les mouvements spécifiques sont entrés à l’UNAF (ce sont les mouvements qui défendent une catégorie particulière de familles : celles qui ont un enfant handicapé, les veuves, etc. ) 2°  les mouvements familiaux ont eu droit de cité en tant que tels au sein de l’UNAF. Auparavant, seuls les UDAF participaient à la vie de l’UNAF.

Ø     En 1981, l’UNAF (qui a déjà beaucoup vieilli) abroge la disposition de ses statuts imposant que le conseil d’administration de l’Union soit composé pour moitié au moins de pères et mères de famille ayant au moins 3 enfants et pour les 2/3 de pères et mères de famille ayant un enfant mineur à charge.  

Etat des lieux en 2007 :  

Le mouvement familial en France (chiffres 2007)

790 000 familles adhèrent en France à une association familiale. On distingue au sein de l’UNAF:

 * les associations « à but spécialisé » dites "spécifiques" (comme la FAVEC qui regroupe les veuves ou l’UNAPEI qui réunit les parents d’enfants handicapés. Ces associations défendent les intérêts de familles rencontrant un problème particulier

Pour faire nombre, l’UNAF compte parmi elles de nombreuses associations qui n’ont pas de caractère familial telles que l’Aide à Domicile en Milieu Rural (100 000 adhérents) La Cour des Comptes estime que de nombreuses associations comptabilisées par l’UNAF ne devraient pas l’être : « En milieu rural, notamment, certaines associations incluent des structures prestataires de services rémunérés et, de ce fait, le nombre de leurs membres se trouve augmenté par la prise en compte de tous les bénéficiaires de ces services ».

 * et les associations « à but général », dont la mission est de défendre l’ensemble des intérêts matériels et moraux des familles. Les associations familiales à but général sont au nombre de huit : les Familles Rurales (154 000 familles adhérentes, très spécialisées en milieu rural), Familles de France (69 000 familles, généraliste), les Associations Familiales Catholiques (28 000 familles adhérentes, confessionnelle) et la Confédération Syndicale des Familles (30 000 familles, de gauche), la Confédération Nationale des Familles Laïques (25 000 familles - très à gauche mais familiale), l’Union des Familles Laïques (3 800 familles- très à gauche et antifamiliale) et les Associations Familiales Protestantes (2 600 familles – Pierre-Patrick Kalthenbach)

Le détail des effectifs =>

En 2002, est apparue l’Union des Familles en Europe (22 000 familles) qui a décidé de ne pas demander son adhésion à l’UNAF.

 L’UNAF, combien de divisions ?

Le nombre de familles adhérentes à l’UNAF par l’intermédiaire d’associations familiales est en forte baisse :

 

année de vote 1994

année de vote

 2007

rapport

 

 

 

 

total familles

923 694

758 031

83%

 

 

 

 

mouvement généraux

442 912

313 560

71 %

mouvements spécifiques

283 202

301 315

106 %

Associations non affiliées

197 479

143 156

72 %

 

 

 

 

nombre d'associations

7668

7557

99%

Cette baisse est particulièrement sensible parmi les mouvements généraux :

 

2000

2007

différence

Associations Familiales Protestantes

3481

2 623

-25%

Confédération Syndicale des Familles

38275

30 022

-22%

Associations Familiales Catholiques

34709

28 263

-19%

 

Familles Rurales

165877

153 918

-7%

Familles de France

108257

69 644

-36%

Conseil National des Associations Familiales Laïques

27449

25 276

-8%

Union des Familles Laïques

3158

3 814

+ 21%[1]

 

Pourquoi cette érosion ?

Ø     Une des raisons de cette hémorragie tient au développement des services publics municipaux.

Le mouvement familial s’est en effet largement structuré autour des services rendus par les associations aux familles adhérentes : braderies de vêtements, soutien scolaire, garderies, etc. Le caractère militant du groupement échappait à la plupart des adhérents.

Mais l’époque héroïque où les familles devaient créer elles-mêmes les services dont elles avaient besoin est lointaine. Dans les villes, la plupart des services ont été municipalisé ou créés de toutes pièces par les communes, de sorte que les effectifs des fédérations fondent d’année en année.

Parmi les mouvements généraux, seule Familles Rurales échappe à cette  lente érosion car les 2 300 communes dans lesquelles elle est représentée sont bien trop petites pour pouvoir se payer des services communaux. L’initiative et la gestion privée et bénévole sont encore de règle.

Les mouvements spécifiques échappent aussi à cette hémorragie car leur adhérents ont une motivation militante que n’ont pas les familles ordinaires : les parents d’enfants handicapés vont naturellement participer à la vie d’une association spécialisée, de même pour les veuves, etc.

Ø     Enfin, le mouvement familial est frappé de plein fouet par la crise du bénévolat : il y a seulement 10 ans, on comptait 3,2 millions de femmes au foyer. Elles ne sont plus que 2,3 millions. Les jeunes mères de familles qui composaient le fond de recrutement des associations familiales ont investi le marché de travail et n’ont plus de temps à consacrer à ce bénévolat qui n’est pas directement utilitaire pour elles. Les retraités, déjà fort nombreux, ont donc investi le milieu familial, chassant par leur présence ultra majoritaire, leurs méthodes anciennes et leurs querelles au sein des UDAF, les rares bonnes volontés qui s’intéressaient au mouvement familial.

 La crise actuelle du mouvement familial

 Les ambiguïtés de l’UNAF :

Le monde familial traditionnel est en crise. En quelques années, les associations que regroupe l'UNAF ont perdu plus de 130 000 adhérents et leurs dirigeants ont considérablement vieilli : la plupart sont grand parents !  Quant aux membres des conseils d’administration des UDAF et de l’UNAF, ils sont plus âgés encore.

 L'UNAF mène une politique de négociation institutionnelle avec les pouvoirs publics. Lorsque les intérêts des familles sont menacés, elle choisit généralement :

* soit de s'en tenir à une protestation qui ne gène pas le gouvernement

* soit de voter en faveur de la mesure en question

 Exemples récents :

Ø     L’UNAF a applaudi à l’abaissement du plafond du quotient familial en 1999 (Jospin)

Ø     L’UNAF a voté POUR l’abrogation de la loi qui prolongeait à 22 ans le versement des allocations familiales (2000)

Ø     L’UNAF n’a fait qu’exprimer « des satisfactions essentielles et un regret » lorsqu’en 2000, le gouvernement renonce à toute aide en faveur des familles ayant des jeunes adultes à charge (Jospin)

Ø     L’UNAF vote en faveur du transfert d’un milliard d’€ de la branche famille à la branche vieillesse en 2002 (Raffarin)

Ø     L’UNAF applaudi la création de la PAJE qui prive pourtant 400 000 mères au foyer du droit à la prestation

Ø     L’UNAF  demande que la question des enfants pauvres soit retirée de l’ordre du jour de la Conférence de la Famille (2005)

 Enfin, l’UNAF témoigne d’une grande couardise sur les sujets de société : elle ne fait quasiment pas usage de ses prérogatives en matière de protection morale de la jeunesse : ainsi n’a-t-elle jamais participé aux actions contre les minitels roses, les films pornos, les jeux vidéo ultra violents, etc … laissant cette tâche aux autres et ne se privant pas de les critiquer voir d’entraver leur action.

Pour justifier cette inaction, elle prétend vouloir faire « triompher le dialogue et la persuasion ». En réalité, ses dirigeants sont surtout soucieux de ne pas avoir l’air « ringard ». C’est ainsi que l’UNAF tente aujourd’hui de faire attribuer la médaille de la famille française aux familles monoparentales … au grand dam des « mères médaillées » qui ont bâti leur vie sur des convictions plus traditionnelles.

 Pourquoi cette complaisance ?

Ø     Parce que les dirigeant de l’UNAF sont très majoritairement des grands parents loin des réalités et des besoins des familles. Les 11 nouveaux élus au conseil d’administration de l’UNAF en juin 2004 ne totalisent que 5 enfants mineurs. Autre exemple, la représentation de l’UNAF au Conseil Economique et Social ne compte aucun représentant des familles ayant un enfant mineur …

Ø     Parce que c'est une instance unique, l'UNAF, qui, seule, dispose des subventions et des récompenses individuelles.

Une association familiale qui serait efficace et médiatique ferait de l'ombre à l'UNAF. L'expérience a été faite pour Familles de France sous la présidence de Jacques Bichot : tout a été mis en oeuvre pour faire taire cette fédération, jusqu'à ce qu'elle soit dotée d'un président plus complaisant.

Imaginons que l'ensemble des syndicats soient réunis au sein d'une instance unique qui recevrait les subventions et des places à distribuer ? La défense des salariés deviendrait rapidement moins pugnace.

 Ces ambiguïtés de l'UNAF s'expliquent par les circonstances particulières de sa création : née en 1943, elle est fortement imprégnée de l’esprit du corporatisme de l'Etat Français.

Pourquoi avoir, en 1945, conservé l'UNAF ?

*  parce que les dirigeants familiaux de l'époque avaient souffert de l'éparpillement des forces militantes en de trop nombreuses associations.

*  surtout, parce que, dès 1939, la Famille était une idée consensuelle, tous partis et idéologies confondus : le code de la Famille fut adopté en 1939 par la Chambre issue des urnes du Front Populaire, le quotient familial et l'universalité des prestations familiales furent adoptée à l'UNANIMITE par les chambres en 1945. Il ne venait à l'idée de personne qu'il pût y avoir des approches différentes de la famille ni des intérêts égoïstes parmi les militants familiaux.

*  l'erreur finale fut de faire de l'UNAF la bénéficiaire unique des subventions et représentations encourageant ainsi le clientélisme, la complaisance et la mise au pas des éléments les moins dociles

 Les critiques de la Cour des Comptes …

 « A l'occasion du contrôle des comptes de l'UNAF pour les exercices 1997 à 2002, la Cour des Comptes a formulé plusieurs interrogations critiques sur la représentativité de certaines composantes du mouvement familial et sur les critères d'agrément actuellement utilisés par les mouvements en place pour refuser de nouveaux membres » (extrait du rapport du budget de la famille à l’Assemblée Nationale en octobre 2004)

 … et l’inquiétude de l’UNAF qui craint pour ses privilèges:

Voici ce qu’elle écrit dans un document d’ordre interne en date du 18 juin 2004 ; « Pour autant, il incombe à présent, à l’UNAF de s’interroger sur la manière dont les pouvoirs publics perçoivent l’important développement des organismes familiaux ou para-familiaux, qui, faute de remplir les conditions d’agrément pour y adhérer ou bien par choix délibéré, évoluent en marge de la structure UNAF.

A cet égard, il faut noter qu’au cours de ces 20 dernières années, plus de 50 mouvements s’étant « rapprochés » de l’UNAF n’ont pas été agréés, et ce, pour des motifs divers allant de la non instruction de dossier faute de poursuite de la démarche du mouvement demandeur, à la non conformité aux critères d’agréments nationaux arrêtés par l’UNAF. (…)

Aussi, les pouvoirs publics étant obligés de discuter avec un nombre croissant d’instances familiales différentes, il est probable que la question de la place de l’UNAF dans ce paysage familial finira par se poser : est-elle l’Instance fédératrice des mouvements familiaux ou est-elle un mouvement familial au même titre que d’autres associations ? Dans ce dernier cas l’UNAF perdrait à la fois sa légitimité et toute son efficacité ».

  De l’intérêt pour les pouvoirs publics d’avoir l’UNAF …

 Avec l’UNAF, les différents gouvernements (de gauche comme de droite) ont un partenaire « officiel ». Ce partenaire est « présumé » représentatif : la Loi confie, en effet, à l’UNAF le « monopole » de la représentation des familles sans s’inquiéter des réalités de terrain.

 Les pouvoirs publics ont tout intérêt à ne traiter qu’avec l’UNAF.

Les membres de l’UNAF sont récompensés à tous les échelons pour leur participation :

Ø     A l’échelon national, les dirigeants peuvent espérer des légions d’honneur, des représentations flatteuses, participer à des audiences prestigieuses

Ø     A l’échelon départemental, les dirigeants peuvent espérer une médaille du mérite, le privilège de rencontrer le Préfet ou le député, une certaine existence sociale …  

En échange, l’UNAF est priée de « tenir ses troupes » : si une critique discrète est tolérée, les gouvernements acceptent mal qu’un mouvement familial s’exprime dans les médias et en fait reproche à l’Institution.

Une des façons de « calmer » les ardeurs militantes consiste à organiser la dispute au sein des UDAF. Ces institutions servent en quelque sorte de « miroirs »aux militants familiaux désireux de sortir de la grisaille de leur association. Dans cette institution, ils sont « reconnus » de sorte que la vie de l’UDAF prend une importance considérable à leurs yeux. S’en suivent des disputes picrocolines pour y prendre le pouvoir : du temps qui n’est pas passé aux actions militantes et qui laisse les mains libres aux responsables politiques locaux ; c’est le but poursuivit.

 La crise de 2001

Naturellement, les 25 millions du Fonds Spécial se trouvent moins justifiés si, pour le prix, l’ordre ne règne pas dans les rangs. C’était le cas avec une fédération comme Familles de France (120 000 familles à l’époque) qui menait depuis 10 ans avec le Président Bichot, une politique très revendicative et bénéficiait d’une couverture médiatique supérieure à celle de l’UNAF.

Le point d’orgue de cette opposition fut la conférence de la famille de 1999 au cours de laquelle L. Jospin annonça le retour à l’universalité des prestations familiales  en « échange » d’un plafonnement inique du quotient familial … négocié par l’UNAF. Jacques Bichot manifesta son opposition sur tous les écrans de télévision.

 Soutenu par les pouvoirs publics, tout fut alors mis en œuvre pour faire taire cette fédération en faisant remplacer Jacques Bichot par un personnage plus que contestable… mais ayant accepté de cesser tout combat pour la politique familiale pourvu qu’on lui laisse faire la promotion de ses théories très particulières : Henri Joyeux.

L’arrivée d’Henri Joyeux à la tête de Familles de France (qui vit depuis une crise profonde avec le départ de 40 000 adhérents et des difficultés financières majeures) a provoqué un scission et la création d’un nouveau mouvement familial : l’Union des Familles en Europe.

 L’Union des Familles en Europe

Cette fédération apolitique et non confessionnelle compte en 2004 plus de 22 000 familles adhérentes. Elle est implantée en Isère, dans les Hauts de Seine, dans l’Oise, dans la Marne, dans  le Calvados, dans le Rhône et en Haute Garonne. D’autres implantations sont en cours.

Ses caractéristiques sont les suivantes :

Ø     Elle est dirigée par de jeunes parents

Ø     Vis à vis de l’UNAF, sa position officielle est celle-ci : « L’UFE soucieuse de développer un dialogue direct des familles avec les pouvoirs publics tant Européens que Nationaux, a choisi, pour le moment, de n’adhérer à aucune institution nationale. Elle  laisse le choix aux associations et fédérations d’adhérer ou non aux UDAF et les incite à le faire si l’intérêt des familles le justifie localement ». De ce choix résulte que l’UFE ne bénéficie d’aucune subvention.

Ø     Son orientation est clairement militante, très axée sur la politique familiale.

 L’UFE est présidée par M. Georges COSTE, son président d’honneur est Jacques Bichot, son porte parole Dominique MARCILHACY. L’UFE est apparue de façon fracassante sur la scène médiatique lors de la conférence de la famille 2003, étant la seule organisation familiale à critiquer la PAGE pour les 400 000 femmes au foyer qu’elle excluait. Elle se bat actuellement sur les quotients familiaux de l’aide juridictionnelle, contre la décote des retraites et pour la formation professionnelle des femmes au foyer.

 La création de l’UFE a suscité l’ire et l’inquiétude de l’UNAF qui poursuit une politique de brimades systématique au sein des UDAF où les associations UFE sont présentes. Elle avait obtenu du ministre Jacob qu’il ne reçoive pas ces trublions et qu’ils ne soient pas présents à la Conférence de la Famille.

Cet ostracisme intéressé fait de l’UFE la seule association familiale « non subventionnée » donc « libre ».

 Annexe :

le financement ACTUEL de l’UNAF et des mouvements familiaux :

La répartition précise des 1,46 millions  du Fonds spécial entre les associations est la suivante :

mouvements familiaux à but général

Associations familiales protestantes

34 348 €

Confédération Syndicale des familles

125 004 €

Confédération Nationale des associations familiales catholiques

183 769 €

Familles Rurales

290 459 €

Familles de France

196 475 €

Conseil Nationale des Associations familiales laïques

90 733 €

Union des Familles Laïques

52 790 €

 

mouvements familiaux spécialisés

 

 

 

 

 

 

 

 

UN Maisons Familiales Rurales d'Orientation et d'orientation

49 080 €

AF personnel de la Banque de France

1 563 €

Famille du Cheminot

10 471 €

FN AF maritimes

1 599 €

Aide à domicile en Milieu Rural

67 862 €

UNA parents d'enfants inadaptés (UNAPEI)

58 602 €

UN Parents d' enfants déficients auditifs

15 228 €

UN Parents d' enfants déficients visuels

533 €

ANA parents d'aveugles ou grav.défic. visuels

7 272 €

Enfance et familles d'adoption

49 736 €

UNAFAM (malades mentaux)

47 220 €

UN Médaille de la famille française

18 393 €

FN jumeaux et plus

37 936 €

UNAFALT (lutte toxicomanie)

1 573 €

association des paralysés de France

50 454 €

FA veuves civiles chefs de famille (FAVEC)

56 461 €

A entraite veuves et orphelins de guerre

7 960 €

Fed syndicales familles monoparentales

4 845 €

 

 

o       première remarque : Familles rurales, mouvement familial qui regroupe plus de 160 000 familles touche moins de fonds spécial que l'UDAF des Bouches du Rhône (282 000 €). Les AFC touchent moins  que l'UDAF de l'Indre.

 

o       Seconde remarque : D'où viennent les familles qui sont comptabilisées par les UDAF ? Des rangs des associations familiales de terrain. Sans les adhérents de ces associations, l'UDAF n'existe pas. Pourtant, ce sont les UDAF et URAF qui perçoivent 70 % du Fonds Spécial.

 

o       Troisième remarque : le bénéfice du fonds spécial n'est lié que de façon très lointaine au nombre d'adhérents d'un mouvement familial :

 

o        

 

adhérents 2004

% adhérents