Voici plus de 30 ans que les femmes réclamaient en
vain de pouvoir accéder à une formation professionnelle après s’être
arrêtées de nombreuses années pour élever leurs enfants. La loi sur la
formation professionnelle continue leur ouvre enfin ce droit, grâce à un
amendement proposé par l’Union des Familles en Europe à Mme Bocandé,
sénatrice,
79 % des femmes au foyer ont quitté leur emploi pour
s’occuper de leurs enfants. Ce sont le plus souvent mères de famille
nombreuses et c’est grâce à elles que nos régimes de retraite ne
connaissent pas une situation encore trop catastrophique.
Cette tâche une fois effectuée, le plus souvent après
45 ans quand les enfants ont grandi, elles sont nombreuses à vouloir
retravailler : les trois quarts des femmes qui se ont arrêté leur
activité professionnelle pour élever un ou plusieurs enfants veulent la
reprendre.
En effet, à la différence des hommes qui ont derrière
eux une carrière professionnelle aboutie, la plupart des femmes ont
besoin de compléter leur carrière, d’autant que la décote des retraites
vient les pénaliser très durement.
Or, après 10 ou 15 ans d’interruption, la compétence
professionnelle de ces femmes s’est fortement détériorée : quant elles
veulent retrouver un emploi rémunéré, elles se voient davantage proposer
des contrats aidés à temps partiel, faiblement rémunérés. Et elles sont
plus nombreuses que les hommes à être chômeuses de longue durée.
Il était donc indispensable de prévoir le droit à la
formation professionnelle pour ces femmes.
Or, elles étaient systématiquement oubliées au point
même que le Président de la République s’en était ému il y a quatre
ans : « Ni l'Etat ni les partenaires sociaux ne
se sont vraiment préoccupés d'accompagner le parcours difficile des
mères qui souhaitent reprendre un emploi après un temps plus ou moins
long d'interruption. »
La loi sur la formation professionnelle continue,
négociée par les syndicats et le patronat, était, une nouvelle fois,
muette sur le sujet.
Pourquoi ce silence ? Parce que les syndicats ne
s’occupent que des personnes qui ont déjà un lien avec l’entreprise,
fût-ce par le chômage. Parce que les associations familiales
traditionnelles sont majoritairement dirigées par des hommes, âgés de
surcroît.
L’Union des Familles en Europe a, quant à elle,
multiplié les interventions et préparé l’amendement suivant : « la
formation professionnelle continue vise également à permettre le retour
à l’emploi des personnes qui ont interrompu leur activité
professionnelles pour s’occuper de leurs enfants ou de leurs
ascendants». Il a été repris intégralement par la sénatrice Mme
Bocandé et vient d’être adopté définitivement par l’Assemblée Nationale.