Après les manifestations contre le
CPE, la loi pour l'égalité des chances du 31 mars 2006 a réformé le
statut des stagiaires afin d'éviter les abus.
A qui s'applique cette loi ?
Les
stages doivent donner lieu à la
signature d'une convention, dont le
contenu a été défini par décret
conclue entre l'établissement
scolaire, le stagiaire et l'employeur.
- Les stagiaires visés
sont des élèves et étudiants préparant
un diplôme de l'enseignement
supérieur (élèves des diplômes universitaires ou de l'enseignement
technologique, des élèves d'IUT, d'écoles d'ingénieurs, d'écoles de
commerce et de gestion, des élèves avocats, etc.
Sont exclus les stagiaires visés à
l'article L. 211-1 du Code du travail, notamment
les apprentis juniors qui demeurent
sous statut scolaire.
- Les entreprises
visées par la loi sont les
entreprises privées et les
associations. Il semble que les organismes publics ne sont pas
astreints à signer ces conventions bien que ce soit souhaitable sur le
fond)
Durée du stage
La durée des
stages est limitée à six mois,
renouvellement compris, sauf s'ils
sont intégrés à un cursus pédagogique.
En l'absence
de précisions contraires, cette durée (tout comme celle de trois mois
citée ci-dessous), s'entend
d'une durée calendaire, peu important
le nombre d'heures effectuées dans le mois par le stagiaire.
Gratification minimale
Tous les
stages de plus de trois mois doivent
être rémunérés. Le stagiaire n'étant pas un salarié de l'entreprise,
cette rémunération n'est pas un salaire, mais une gratification. Son
montant minimal est fixé par une convention
de branche ou par un accord professionnel ou à défaut par décret. Pour
les stages s'effectuant sur deux
années, la gratification peut être revalorisée
en même temps que la revalorisation du
plafond horaire de la sécurité sociale. L'employeur peut verser la
gratification en une seule fois à la
fin du stage. Il est conseillé de le prévoir lors de la signature de
la convention ou dans un avenant.
S'agissant des
stages dont la durée initiale est
inférieure à trois mois, une clause de la convention
peut prévoir le versement d'une
gratification au stagiaire en cas de
stage satisfaisant. Cette gratification versée à l'issue du stage sera
rapportée à la durée du stage pour l'appréciation de la franchise.
Pour les sommes versées aux
stagiaires, les entreprises bénéficient
d'une franchise de cotisations de sécurité sociale de 379 € par mois
pour 151,67 heures
Stages
à l'étranger
Pour les étudiants français
effectuant un stage à l'étranger, les établissements
d'enseignement doivent
s'assurer de la protection sociale du stagiaire, notamment
en cas d'accident du travail ou
maladie professionnelle.
Lorsque la gratification est
inférieure ou égale au seuil de 12,5 % du plafond de la sécurité
sociale, la couverture accident du travail ou maladie professionnelle
est maintenue pour une durée maximale
de 12 mois. Lorsque la gratification dépasse ce seuil, l'établissement
d'enseignement français dont relève le stagiaire doit s'assurer qu'il
existe bien dans le pays d'accueil un
système de protection contre ces risques et que l'organisme d'accueil
paie les cotisations nécessaires.