Notre sécurité alimentaire est de mieux en
mieux assurée
Les
récentes crises sanitaires ne doivent pas nous faire oublier que notre
alimentation est plus sûre aujourd'hui que jadis. Si les innovations suscitent
des craintes, les progrès technologiques contribuent aussi à ce que notre
alimentation tende vers le risque zéro.
L’espérance
de vie des français a gagné près d’un trimestre par an depuis 25 ans."Comment
cela serait-il possible, si notre nourriture était de plus en plus dangereuse ?"
souligne le Professeur Apfelbaum, professeur de nutrition.
Une
alimentation plus variée
En fait, notre
alimentation n'a jamais été aussi abondante, aussi variée et aussi sûre
qu'aujourd'hui ! Pour preuve, les maladies liées à une mauvaise hygiène
alimentaire ont fortement régressé au cours du XXe siècle. L'hépatite A par
exemple, est devenue une maladie rare grâce au tout-à-l'égoût. Le botulisme, dû
à la mauvaise stérilisation des conserves, a pratiquement disparu.
Ces maladies
provoquaient plusieurs milliers de morts par an au début du siècle ; aujourd'hui
les accidents sanitaires causent quelques dizaines de morts, ceci malgré la
multiplication des situations à risque : distance plus importante entre le
fabricant et le consommateur, multiplication des étapes de fabrication d’un
produit, complexité des aliments et gigantisme des réseaux de distribution.
Le nombre de
listérioses a été divisé par trois en 10 ans (225 en 1997 contre 661 en 1987).
La situation
peut bien sûr être améliorée. Comment y parvenir ?
Des
normes plus sévères
Harmonisation
par le haut des normes sanitaires en Europe, développement des auto-contrôles,
principe de précaution, réorganisation des contrôles sanitaires doivent y
contribuer. Jean Thiaut, Président du FARRE (Forum d’Agriculture Raisonnée
Respectueuse de l’Environnement), relève que "les progrès en matière de
sécurité alimentaire sont constants". Ainsi les produits phytosanitaires
utilisés aujourd'hui sont 10 fois moins toxiques que les produits d’autrefois.
Certains ont même été interdits. "D’une manière générale, lorsqu’on soupçonne
un produit d’être toxique, on recherche la dose sans effet et on la divise par
100 ou plus pour autoriser son utilisation" commente Jean Thiaut.
Cela étant, il
est difficile d’imaginer une société sans risques. Le risque zéro n'existe pas.
"20 nouvelles maladies ont été découvertes ces 20 dernières années"
souligne le Dr Saldmann, cardiologue, spécialiste d'hygiène alimentaire.
Le consommateur
lui-même, dernier maillon de la chaîne alimentaire, doit veiller à respecter les
conditions d’utilisation et de conservation de ses denrées. Par son imprudence,
il peut rendre toxique un produit acheté sain.
Risques et peurs alimentaires Ed. Odile Jacob - 1998
Les nouveaux risques
Frédéric Saldmann -