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Comment les femmes paient la retraite des hommes

C’est sur le dos des femmes que la Caisse Nationale d’Assurance Vieillesse réussit à dégager de quoi financer la problèmatique retraite à 60 ans… pour les hommes !

EXPLICATION :

1°) Parce que les femmes font de moins bonnes carrières que les hommes et qu’à niveau de responsabilité égal, elles sont moins bien payées, leur retraite est déjà inférieure

2°) Parce qu’elles ont des carrières professionnelles souvent incomplètes du fait de leurs maternités . Les femmes sont pénalisées au moment de leur retraite. Pourtant, ce faisant, elles s’occupent des futurs cotisants.

Ce n’est pas tout : le Régime général de la Sécurité Sociale aggrave le cas des femmes en leur faisant subir deux autres pénalisations totalement arbitraires :

3°) Ce sont les dernières années de la carrière qui permettent d’avoir une retraite confortable : en effet, le montant des retraites que leur verse la Sécurité Sociale n’est pas proportionnel au montant de leurs cotisations : une femme qui cotise 50 % d’une carrière n’a pas droit à 50 % de la retraite mais à 27 % seulement.

Les bonifications d’années accordées aux femmes pour leurs maternités sont insuffisantes car, au final, 61 % d’entre elles ont eu une carrière incomplète, contre 15 % des hommes…

4°) enfin, les personnes qui n’ont pas une carrière complète mais qui liquident leur retraite à 60 ans subissent un abattement de pension très important :

Soit un homme et une femme ayant le même salaire de référence : 20 000 € par an, l’homme ayant validé 40 annuités, et la femme 25 : l’homme peut espérer toucher une retraite de 833 €/mois en partant à 60 ans .La femme n’aura droit qu’à 555 €/mois si elle part à 65 ans, mais à 277 €/mois . seulement si elle part à 60 ans. La CNAV divise sa retraite par 2 !!

Seules 26,4 % des femmes nées en 1930 ont pu attendre l’âge de 65 ans pour liquider leur retraite dans des conditions correctes. Les 35 % restantes, malgré leurs carrières incomplètes ont dû liquider leurs droits à 60 ans.

Or, qui se trouve ainsi contraint de choisir une pension faible mais immédiate ? Est-ce la femme dont le mari, ayant eu une bonne situation, a une retraite confortable ? ou bien celle dont le mari touche peu, celle qui est veuve ou divorcée et qui perçoit irrégulièrement une pension alimentaire de misère ? C’est principalement sur le dos des femmes les plus fragilisées que la CNAV fait ce genre d’économies.

Cette dernière injustice - à elle seule - rapporte environ 4 milliards d’euros au régime général… de quoi financer la retraite à 60 ans des hommes …

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  © Dominique Marcilhacy