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Comment les régimes de retraite exploitent les familles nombreuses

 

« Vous avez des enfants ?

Tant pis pour vous, tant mieux pour nous ! »

 

Les familles assument, sur leurs argent privé,

55 % de la préparation des retraites

  

« Chaque génération doit payer elle même ses retraites, non par ses cotisations, comme certains l’imaginent, mais par sa descendance » Alfred SAUVY

 

 

 

 

Les actifs d’aujourd’hui paient des cotisations vieillesse qui sont versées aux retraités. Ils s’acquittent par là de la dette qu’ils ont contractée lorsque, jeunes, ils étaient à leur charge. Jusque là, le mécanisme de la répartition est correctement appliqué.

 

Mais à quoi servent ces cotisations vieillesse ? Elles servent à faire vivre les retraités. Elles sont immédiatement dépensées par eux. Elles ne servent en rien à préparer la retraite des actifs. Demain, les retraités seront morts. Ce ne sont pas eux, par conséquent, qui garantiront une retraite aux actifs. Ce sont les enfants de ces actifs.

 

En réalité, la seule contribution véritable de la part des actifs pour préparer leur retraite est la mise au monde et l’éducation des enfants. La France consacre chaque année plus de 246 milliard d’€ à cette préparation.

 

 

PREPARATION DES

RETRAITES

 

 

Dépenses assumées collectivement

Apport net des familles

Total

Entretien des enfants

40 milliards

156 milliards

195 milliards

Enseignement

100 milliards

-

100 milliards

Assurance maternité

6 milliards

-

6 milliards

Assurance maladie des enfants

12 milliards

-

12 milliards

Travaux domestiques

-

92 milliards

92 milliards

 

 

 

 

                             Total

158 milliards

248 milliards

406 milliards

 

39 %

61 %

 

           

Il est aberrant que les cotisations vieillesse servent de base à l’attribution des droits à la retraite. Ce n’est plus un mécanisme de répartition mais une chaîne d’argent (procédé que la loi interdit à des particuliers), dépourvue de toute rationalité économique.

 

  

Mais, plus les familles ont contribué à la préparation des retraites, moins elles y ont droit

 

   

Comparaison de la contribution à la préparation des retraites de deux couples :

 

Famille TORTUE

Couple ayant élevé

 1 enfant

 

 

 

 

 


 

Famille LAPIN

Couple ayant élevé

 5 enfants

 

 

 

 

Investissement net assumé par le couple

 

169 000 €

+ 11 440 h de travail domestique

560 000 €

(3fois ½ plus)

+ 40 000 h de travail domestique

(3fois ½ plus)

Retraite totale du couple durant toute sa vie de retraité

 

 

617 500 €

 

 

467 000 €

(30 % de moins)

Cotisations vieillesse payées par le ou les enfants du couple durant leur vie active

 

332 000 €

 

1 656 000 €

(5 fois plus)

Sources : travaux Dominique MARCILHACY  Chiffres du CERC

 

Comment expliquer cette différence ? Par le fait qu’en raison de ses maternités, la mère de 5 enfants a eu une carrière altérée.

Plus profondément, cette iniquité trouve sa cause dans une analyse erronée du fonctionnement de la protection sociale :

 

C’est à tort qu’on a lié cotisations vieillesse et droits à la retraite

 

Au lieu de donner à chaque actif des droits sur les futurs actifs au prorata de ce qu’il a investi dans les enfants, on les lui attribue en fonction de ce qu’il rembourse aux retraités. Ce sont les cotisations vieillesse qui servent de base à l’acquisition des points de retraite. L’investissement dans la jeunesse (en espèces pour 45 %, en nature pour 55 %) est compté pour rien.

 

Le dilemme des couples actuels :

 

Compte tenu de la faiblesse actuelle des allocations familiales, les couples qui ont envie de fonder une famille nombreuse sont condamnés au choix suivant :

n    soit ils n’ont pas autant d’enfants qu’ils le désirent (et toutes les enquêtes montrent qu’ils sont nombreux dans ce cas)

n    soit ils ont les enfants qu’ils souhaitent mais alors ils se font exploiter par les autres.

 

Pourquoi les retraités actuels ont ils eu davantage d’enfants 

que les actifs d’aujourd’hui ?

 

n    parce qu’il y a 40 ans, les prestations familiales étaient très supérieures à celles d’aujourd’hui (l’équivalent de 350 € avec 2 enfants contre 105 actuellement)

n    et parce que, quelque soit le nombre de leurs enfants, la majorité des femmes étaient au foyer : le fait d’élever une plus ou moins grande progéniture ne changeait donc pas beaucoup les espérances de retraite des couples. 

 

 

C’est là que se trouve la contradiction fondamentale et mortelle du système actuel :

v  Collectivement, tout le monde a intérêt

à ce qu’il naisse des enfants pour assurer les retraites.

v  Individuellement, chacun a intérêt à avoir peu d’enfants

et à compter sur les enfants des autres.

           

 

 

 

 


 

Les bonifications familiales des retraites : une misère en comparaison de l’effort fourni !

  

Ces majorations représentent environ 14 m milliard d’€ soit 7 % du total des pensions

  

7 % des fruits en contrepartie de 60 % de l’investissement,

quel investisseur serait assez sot pour accepter le marché ?

 

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                                    © Dominique Marcilhacy - mise en ligne décembre 07