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Femmes, mères et retraites :

 misère et arbitraire

 

Toutes les mères ne sont pas traitées pareil !

Cachez ce balai que je ne saurais voir !

L’arbitraire des années gratuites

Les avantages croissent avec le revenu

 

Mesdames, retenez vos maris !

 

L'inquiétante jurisprudence sur l'égalité hommes / femmes

 

 

Les évadées du bureau sont sévèrement punies

 

Malheur à celle qui n’a pas les moyens d’attendre 65 ans !

 

Les mères sacrifiées par la réforme des retraites de 2003

 

Toutes les mères ne sont pas traitées pareil !

 

1° Les majorations de pension :

 

Tous les régimes n’accordent pas de majorations :

 

Fonctionnaires et assimilés

10 % pour 3 enfant + 5 % par enfant supplémentaire

ARRCO

5 % pour 3 enfants ou plus

AGIRC

8 % pour 3 enfant + 4 % par enfant supplémentaire (max 7)

Régime Général

10 % pour 3 enfants ou plus

ORGANIC et CANCAVA

10 % pour 3 enfants ou plus

Professions libérales

rien

Exploitants Agricoles

rien

IRCANTEC

10 % pour 3 enfant + 5 % par enfant supplémentaire (max 7)

 

 2° Les bonifications d’annuités :

 

Fonctionnaires et assimilés

1 an par enfant en cas d'arrêt effectif d'activité

ARRCO

rien

AGIRC

rien

Régime Général

2 ans par enfant

ORGANIC et CANCAVA

rien

Professions libérales

rien

Exploitants Agricoles

rien

Régimes spéciaux

En général 1 an (SNCF = rien, EDF = 3 ans pour 2 puis 1 an par enfant)

IRCANTEC

Comme fonctionnaires 

 

 

Les avantages croissent avec le revenu

 

L’exemple du Régime Général : majoration de pension + AVPF + années gratuites

 

Diane et Hubert

Cadres retraités.

14 000 F / mois de retraite Sécu

3 enfants

Louisette et Fernand

Ouvriers retraités

6 000 F / mois de retraite Sécu

3 enfants

Leïla

Femme de ménage retraitée

3 000 F / mois de retraite Sécu

3 enfants élevés seule

Somme des « avantages » familiaux perçus durant toute leur vie de retraités

Somme des « avantages » familiaux perçus durant toute leur vie de retraités

Somme des « avantages » familiaux perçus durant toute sa vie de retraitée

 

39 600 € par enfant

 16 600 € par enfant

4 800 €  par enfant

 

Pourquoi de telles distorsions ? Parce que les divers avantages accordés par le Régime Général sont calculés en pourcentage de la retraite professionnelle. Or, si du point de vue de la Sécu, il est normal de récompenser ceux qui, en élevant 3 enfants, ont contribué plus que d’autres à la préparation des retraites, pourquoi récompenser davantage les cadres que les ouvriers ?

 

Un futur cotisant est un futur cotisant.

Qu’il ait été élevé au filet de bœuf ou au rôti de dindonneau...

Pourquoi récompenser davantage les parents cadres que les parents ouvriers ?

 

 

 

 

 

 

L’arbitraire des années gratuites

 

Soient deux femmes :

                                                                      

MATHILDE

Assistante de direction.

38 ans de carrière à 12 000 F / mois

1 enfant           

 

La validation gratuite fournit à Mathilde les deux ans qui manquent pour avoir une carrière complète.

Avantages :

* elle peut partir à la retraite à 60 ans sans pénalité

*  gain : 1 200 F / mois soit 360 000 F avec une espérance de vie de 25 ans

 

ANONCIADE

assistante de direction

            3 ans de carrière à 8 000 F / mois

                 7 enfants

 

Les 14 annuités validées pour enfants élevés dont bénéficie Annonciade, ajoutés à ses 3  ans de cotisation ne font que 17 ans de validés.

« Avantage » :

*   elle a intérêt à ne liquider sa retraite qu’à 65 an

*   1 493 F / mois soit 358 000 F avec une espérance de vie de 20 ans

 

 

Conclusion : 7 enfants rapportent autant qu’1 enfant !

 

Les évadées du bureau sont sévèrement punies

 

 

60 % des femmes ont des carrières incomplètes du fait de leurs maternité.

Le Régime Général de la Sécu les discrimine injustement.

 

Toutes les années de travail ne rapportent pas autant de droits à la retraite : c’est une conséquence de la « décote »

En pratique, une personne qui a cotisé 20 ans sur 40 n’aura pas 50 % d’une retraite complète mais seulement 25 %.

 Qui est pénalisé par cela ? Essentiellement les femmes : 85 % des hommes ont une carrière complète. Mais seulement 39 % des femmes.

 C’est là clairement une discrimination « indirecte » (c’est à dire une disposition apparemment neutre qui affecte, en fait, une proportion nettement plus élevée de personnes d’un sexe).

 Cette discrimination est contraire aux articles 2, 3 et 141 du Traité d’Amsterdam qui posent le principe de l’égalité entre les hommes et les femmes.

Dans sa grande sagesse, le gouvernement vient de l'étende aux femmes fonctionnaires...

 

Malheur à celle qui n’a pas les moyens d’attendre 65 ans !

Tout se passe comme si les personnes qui n’ont pas le nombre de trimestres suffisant pour avoir droit à une retraite à taux plein à 60 ans pouvaient attendre patiemment leur 65ème anniversaire pour l’obtenir.

Dans la pratique, les personnes considérées sont majoritairement obligées de liquider leur pension dès qu’elles ont 60 ans, sauf si elles bénéficient d’autres subsides sociaux, à titre personnel ou par le biais de leur conjoint quand elles en ont un.

 

Madeleine,

60 ans, veuve et sans emploi

 

A 60 ans, Madeleine a validé 130 trimestres sur la base de 7 000 F par mois. Au chômage depuis 3 ans, elle n’a plus l’espoir de retrouver un emploi.

è Si Madeleine liquide immédiatement sa pension, elle obtient 1 517 F par mois de retraite.

è En repoussant jusqu’à 65 ans, elle obtiendrait le double chaque mois, soit 3 033 F : Impossible pour elle : Madeleine va devoir liquider sa pension dés 60 ans.

 

 

Qui se trouve ainsi contraint de choisir une pension faible mais immédiate ? Est-ce la femme dont le mari, ayant eu une bonne situation, a une retraite confortable ? ou bien celle dont le mari touche peu, celle qui est veuve ou divorcée et qui perçoit irrégulièrement une pension alimentaire de misère ? C’est principalement sur le dos des plus pauvres que la CNAV fait ce genre d’économies.

De fait, alors que 60 % des femmes ont une carrière incomplète, 50 % liquident leurs droits à 60 ans.

Mesdames, retenez vos maris !

 

            

Le drame des femmes divorcées

Les pensions de réversion ont été conçues pour un modèle familial traditionnel, où les couples étaient stables, unis par le mariage et dans lesquels la majorité des femmes restaient au foyer à élever des enfants. L’assuré social souscrivait en quelque sorte une «assurance décès » sur la tête de sa femme, lui garantissant qu’à sa mort, elle aurait de quoi vivre.

 

Avec 20 % des couples qui vivent en concubinage, 40 % qui divorcent et 70 % des femmes qui exercent une activité professionnelle, le système de la réversion est devenu inadapté.

 

Les principales victimes de cette évolution sont les femmes au foyer : Il y a actuellement 3,3 Millions de femmes au foyer. Seules 30 % des femmes entre 20 et 60 ans vivant en couple sont au foyer alors que cette proportion était de 60 % en 1968. Beaucoup de ces femmes au foyer sont des mères de famille nombreuse (avec 3 enfants, 48 % des femmes de moins de 40 ans sont au foyer, avec 4 enfants et plus, 70 % des femmes de moins de 40 ans sont au foyer).

 

Catherine

divorcée, mère de 4 enfants

 

A la naissance de son 3ème enfant, en accord avec son mari, Catherine a lâché son activité professionnelle et s’est consacrée à son foyer  pendant 15 ans.

 

Son activité domestique au profit de ses enfants représente, pour cette période, 39 000 heures de travail (soit 2,3 millions de francs en les évaluant au SMIC).

 

A 55 ans, son mari est « parti avec une jeunesse ». Il lui verse irrégulièrement une pension alimentaire et, du fait de son âge, Catherine n’a pas pu retrouver d’emploi stable.

 

Arrivée à l’heure de la retraite, quels sont ses droits ?

·      ses droits propres sont misérables (ceux de son mari sont bien meilleurs : déchargé des soucis de la maison par la présence de sa femme au foyer, il a pu rester tard au travail et a fait une bonne carrière).

·      quant à une réversion, elle n’y a pas droit tant que son mari est vivant : elle doit se contenter de la pension alimentaire qu’il est censé lui verser...

·      à la mort de son ex mari, elle devra partager la réversion avec la nouvelle épouse.

 

 

Clairement, en ayant de nombreux enfants et en faisant confiance à son mari,  Catherine a fait « le mauvais choix ». Heureusement, pour la démographie et nos retraites, que certaines femmes prennent encore le risque d’avoir des enfants !

En la laissant vivre dans la misère, la Sécurité Sociale occulte soigneusement qu’en élevant quatre enfants, Catherine a élevé quatre cotisants. Ce faisant, elle a préparé la retraite... des autres.

 
 

Cachez ce balai que je ne saurais voir !

 

 

Les travaux ménagers et les soins destinés aux enfants sont indispensables à la préparation des retraites.

Ce sont principalement les femmes qui les accomplissent.

 

 

 

 

Temps passé aux tâches domestiques selon le sexe :

 

Par les femmes

 

Par les hommes

32 h 25

Avec 1 enfant

14 h 40

 

 

 

 34 h 45

avec 2 enfants

14 h 45

 

 

 

 43 h 45

avec 3 enfants

13 h

 

 

 

 47 h 05

avec 4 enfants

13 h 30

 

 

 

 

Ces chiffres sont une moyenne : les mères au foyer passent, à nombre d’enfant égal, davantage de temps que les autres à leurs tâches de ménagères : entre 50 et 57 heures par semaine.

 

Ce travail est à 80 % constitué de tâches matérielles (ménage, cuisine, repassage...). Il participe d’une fonction économique essentielle : la préparation des retraites. C’est, en effet, en élevant des enfants que nous préparons nos retraites car ce sont eux qui, demain cotiseront pour les payer.

 

Valorisés au SMIC, les soins requis par l’éducation des enfants représentent un investissement de 400 milliards de francs annuels dans la préparation de nos retraites.

 

 

Pascale

 42 ans, deux enfants, vendeuse

 

PASCALE travaille 73 heures par semaine (35 heures au bureau et 32 heures à la maison) mais la moitié seulement de son activité lui rapporte des droits.

Pourtant ses contemporains seront bien contents de profiter des cotisations que leurs verseront les deux enfants de PASCALE, élevés grâce à son travail.

 

 

 

JOSIANE

45 ans, 4 enfants, au foyer

 

JOSIANE a craqué : à la naissance de son 4ème enfant, elle a quitté son métier de vendeuse : 35 heures à piétiner + 47 heures de travail en rentrant chez elle, c’était au dessus de ses forces.

 

JOSIANE sera sévèrement punie : les 47 heures de travail domestique ne lui rapporteront pas de droits et sa retraite se ressentira durement de cette interruption de carrière.

 

 

Gageons que si les hommes participaient davantage aux travaux domestiques liés aux enfants, il y a longtemps que cela leur donnerait des droits à la retraite !  

L'inquiétante jurisprudence sur l'égalité hommes / femmes

Le Conseil d'Etat vient de juger que le principe d'égalité hommes / femmes s'opposait à ce que les retraitées - femmes d'EDF eussent droit à une retraite anticipée après 15 ans de service et à un an d'ancienneté par enfant dès lors que les retraités - hommes n'y ont pas droit. (CE 18 décembre 2002 - n° 247224 Plouhinec et a. c/ EDF-GDF)

Cette décision fait suite à la décision de la Cour de Justice des Communautés Européeennes (CJCE 29 novembre 2001 , C 366 / 99  Griesmar). La motivation du Conseil d'Etat tient à ce que "aucune différence de situation ne justifie" que des avantages analogues soient refusés aux hommes qui ont assuré l'éducation de leurs enfants".

Pourquoi ces jurisprudences sont-elles inquiétantes ? parce qu'elles vont servir de prétexte, non pas à une extension des avantages aux hommes mais à leur disparition pour les femmes au motif qu'elles sont devenues trop coûteuses.

 

 

Comment la réforme des retraites de 2003 a sacrifié les mères

La décote : Les femmes fonctionnaires font les frais de la réforme des retraitesc la réforme de 2003, les fonctionnaires qui n’ont pas

Il est normal qu’une personne qui a cotisé 1/2 carrière ait droit à ½ retraite. C’est le système en vigueur actuellement dans la Fonction Publique. 

 

Chez les salariés du privé, il en va différemment : une personne qui a cotisé ½ carrière n’a pas droit à 1/2 retraite mais à 1/4 seulement. C’est l’effet de la décote. L’idée est de pénaliser ceux qui ont une carrière incomplète.

Qui est pénalisé par ce mécanisme arbitraire ? 61 % des femmes et seulement 15 % des hommes. Et quelles sont ces femmes dont la carrière  est incomplète ? Celles qui se sont arrêtées de travailler pour s’occuper de leurs enfants… Les deux années gratuites par enfant offertes pour le régime général (une année pour les fonctionnaires) ne suffisent pas – les chiffres sont là - pour combler les pertes liées à ces interruptions.

 

Pour réaliser les – nécessaires - économies sur le régime général des fonctionnaires, le gouvernement a étendu la décote aux fonctionnaires. En clair, il taxe les femmes fonctionnaires mères de famille, comme le sont déjà les salariées. On sait, en effet, qu’une très forte proportion de femmes fonctionnaires ont eu une carrière incomplète.

 

Faut-il étendre aux femmes fonctionnaires les injustices dont sont victimes les femmes salariées ? L’UFE s’y opposera avec détermination et fera appel à la justice Européenne : en effet, c’est là clairement une discrimination « indirecte » (c’est à dire une disposition apparemment neutre qui affecte, en fait, une proportion nettement plus élevée de personnes d’un sexe). Or, cette discrimination est contraire aux articles 2, 3 et 141 du Traité d’Amsterdam qui posent le principe de l’égalité entre les hommes et les femmes.

 

 100 000 femmes sont exclues de l'abaissement de l'âge de la retraite

Le décret n° 2003-1036 du 3O octobre 2003 détermine les conditions dans lesquelles les assurés ayant commencé à travailler jeunes et ayant eu une longue carrière peuvent prendre leur retraite avant 60 ans s’ils réunissent le nombre d’annuités nécessaires.

 

Le texte fait un distinguo entre les années «validées» et les années «cotisées». De la sorte, les femmes qui bénéficient de 2 années validées par enfant élevé sont écartées de la mesure.

 

100 000 femmes celles vont être ainsi écartées du droit à la retraite. Par cette mesure, le Gouvernement fait une économie d’un demi milliard d’Euros …

 

Ces femmes ont toutes commencé à travailler avant 17 ans, souvent à 14 ans. Leur tort ? S’être arrêtées quelques années pour élever des enfants (c’est à dire de futurs cotisants) ou pour s’occuper de leur vieux parents dépendants.

 

Après la décote qui vole aux femmes plusieurs années de cotisations, le gouvernement poursuit sa « politique familiale » … et, dans le même temps, se plaint qu’il n’y ait pas assez d’enfants et que les vieillards meurent solitaires …

Cette mesure est d'autant plus écoeurante que l’année de service militaire de ces messieurs est validée, elle !

 

AVPF : une arnaque à 4 milliard d'€

La CNAF (Caisse Nationale d’Allocations Familiales) verse la bagatelle de 4 milliard d’euros par an pour assurer au régime général de la Sécurité Sociale les mères de famille au foyer ne disposant que de revenus modestes. Cette prestation s’appelle l’Assurance Vieillesse des Parents au Foyer (AVPF)*.

 

Depuis 1974, 19 millions de femmes ont vu leur compte retraite crédité d’une cotisation moyenne de 2 100 € par an.

 

Or, ces années cotisées ne compteront pas pour ouvrir droit à la retraite anticipée des salariés ayant commencé à travailler jeunes ! (Rappelons que sur 100 bénéficiaires de cette retraite anticipée 17 seulement  seront des femmes).

 

Une circulaire précise, en effet, les conditions dans lesquelles peuvent partir à la retraite anticipée les salariés ayant commencé à travailler jeune. Elle indique que seules les cotisations «à charge» du salarié seront prises en compte. Autrement dit, les cotisations CNAF versées sur le compte des mères au foyer ne valent rien.

 

Cette assurance des parents au foyer n’est qu’une arnaque de plus parmi les multiples moyens de vider les caisses d’allocations familiales au bénéfice des caisses retraite et accuse les pouvoirs publics de réserver la retraite anticipée aux seuls hommes, sans le dire franchement.  

* déjà cette AVPF est une belle arnaque : d’après le rapport CHADELAT, pour 4 milliards d’euros de ponctionnés chaque année, 0,8 milliards seulement est redistribué sous forme de retraite à des mères de famille modestes.

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  © Dominique Marcilhacy