Prôner l'égalité
homme/femme, c'est bien. Mais si cela sert à nier les différences et
finalement à rendre les femmes encore un peu moins "égales" que les
hommes, ce n'est que le camouflage d'une injustice.
C'est malheureusement ce qui risque de se passer
dans le domaine des retraites - un risque qui nous amène à vous
demander de vous mobiliser, car vous avez le pouvoir de faire quelque
chose pour éviter une mauvaise action à laquelle songent nos
dirigeants dont l'esprit est plus occupé par la "pensée unique" que
par la recherche de la vérité et de l'équité.
De quoi s'agit-il ? Dans le régime général de la
sécurité sociale, et quelques autres, deux années d'assurance sont
validées aux mères de famille pour chaque enfant élevé.
C'est une reconnaissance du fait que le paiement
des retraites futures dépend de la naissance et de l'éducation des
enfants : il est normal que celles qui les ont portés et mis au monde,
puis qui s'occupent d'eux (sauf cas particuliers, on est loin de
l'égalité en matière de travaux domestiques !), obtiennent à ce titre
quelques droits à pension.
Mais voilà que des pères se disent : "Pourquoi pas
nous ?". En soi, ce n'est pas absurde. Mais dans les circonstances
actuelles, avec près de 8 milliards d'euros de déficit prévus pour
2009, si l'on attribue aux pères autant de trimestres "gratuits" - en
réalité, liés à l'éducation des enfants - qu'aux mères, ce sera
évidemment au prix d'une forte réduction des droits maternels.
or, c'est vers quoi le Gouvernement se dirige,
s'estimant contraint de le faire par une récente décision de la Cour
de cassation.
ON VA DESHABILLER MATHILDE
POUR HABILLER JEAN-JACQUES !
L'Union des Familles en Europe fait depuis
longtemps des propositions pour résoudre ce problème de façon
élégante, dans le cadre d'une réforme d'ensemble des retraites par
répartition. Mais les pouvoirs publics ont attendu d'avoir le couteau
sous la gorge - un arrêt de la Cour de cassation, qui les oblige à
agir à toute vitesse. Ils n'ont pas le temps de faire un travail
intelligent. Il faut donc les amener à faire, dans l'urgence, non pas
quelque chose de vraiment satisfaisant et juste, mais un rafistolage
législatif qui ne soit pas catastrophique pour les mères de famille.
Rappelons que les hommes ont, en moyenne, des
pensions supérieures du tiers à celles des femmes, en raison à la fois
de leur durée d'activité (et donc d'assurance vieillesse" plus longue,
et de leurs rémunérations plus élevées. Celles-ci tiennent en grande
partie au fait que beaucoup d'employeurs, craignant les interruptions
liés à la maternité, cantonnent les femmes, à qualification égale,
dans des fonctions où l'on est plus facilement remplaçable - et donc
moins bien payé! Pour éviter une grave injustice, ou plus exactement
une aggravation sensible de l'injustice qui existe déjà,
IL FAUT QUE LES POUVOIRS PUBLICS RENONCENT A
DIMINUER L'ATTRIBUTION DE TRIMESTRES D'ASSURANCE LIES A LA MATERNITE.
Nous sommes prêts à travailler avec eux à la mise
au point d'un "replâtrage" juridique qui permettre de conserver ce
droit familial et féminin à la retraite tout en respectant les
conditions formelles d'égalité homme/femme imposées par l'Union
européenne.
Mais cela ne se fera que si vous manifestez
démocratiquement votre volonté que l'Etat aille dans ce sens en
signant la pétition qui vous est proposée.