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IVG : réponse à
Martine Aubry
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"Ayez
davantage
de réalisme et d’humanité,
Madame AUBRY !"
par
Jacques BICHOT |
L'IVG vient d' être réformée : le délai
pour les IVG autres que thérapeutiques a été porté de
dix à douze semaines, les mineures peuvent beaucoup plus facilement se dispenser
d’autorisation parentale, et la vente des contraceptifs a été libéralisée
de manière à ce que le Norlevo (la « pilule du lendemain ») puisse
légalement être vendu sans ordonnance et distribué par les infirmières des
lycées et collèges.
Le Professeur
Israël Nisand, auteur d’un rapport officiel récent sur l’IVG, a pris
position contre l’extension du délai légal d’IVG. Il redoutait en
particulier une dérive eugénique, c’est-à-dire la multiplication des
avortements motivés par le sexe du bébé ou par une anomalie sans gravité. En
effet, les progrès de l’échographie et des méthodes d’investigation
permettent aujourd’hui de savoir vers dix semaines si l’enfant est un garçon
ou une fille, s’il a un bec de lièvre ou un pied tordu, etc.
Martine
Aubry a balayé cette objection au prétexte que ses promoteurs « ont une
vision fausse et infantilisante des femmes, qu’ils proposent de mettre sous
tutelle des médecins », ajoutant « nous n’avons pas cette
conception des femmes ». Selon elle, il conviendrait de leur faire entièrement
confiance : il serait impensable qu’elles prennent une aussi grave décision
pour des motifs futiles.
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Une
telle position est particulièrement cocasse de la part d’un Ministre. Car
enfin, en quoi consiste l’action d’un Gouvernement, si ce n’est à édicter
des contraintes, des interdictions, des incitations et des obligations ?
Il existe par exemple un code de la route, qui se traduit concrètement par
des centaines de milliers de panneaux d’interdiction : pourquoi
Martine Aubry ne le dénonce-t-elle pas comme relevant d’une « vision
fausse et infantilisante des automobilistes », à qui ce serait faire
injure de penser qu’ils ne vont pas d’eux-mêmes réduire leur vitesse
dans les agglomérations, mettre leur ceinture, s’abstenir de prendre le
volant après un repas bien arrosé, renoncer à utiliser leur téléphone
portable en conduisant, etc ? |
Il
ne manque pas de français pour faire reproche à leurs Gouvernements de les
mettre sous tutelle en légiférant et en réglementant à l’excès. On les
comprend : il ne faut pas abuser des bonnes choses, sous peine
d’indigestion. Mais le principe même de limites posées par la loi et la réglementation
est sain. La confiance est une chose merveilleuse, pourvu qu’elle ne dégénère
pas en refus de voir la réalité, qui ne se conforme pas à la formule
« tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil ». Il
existe des assassins, des violeurs, des bourreaux d’enfants, des voleurs,
des délinquants, des faussaires, des arnaqueurs, des pollueurs, etc. ;
chacun, loin de regretter que l’Etat réprime ces comportements répréhensibles,
voudrait qu’il le fasse avec plus d’efficacité.
Il
y aurait selon la Ministre un seul comportement irréprochable, insoupçonnable :
celui des femmes qui décident d’avorter. Dans ce cas, envisager que la loi
puisse ne pas être respectée, que la décision soit parfois prise en
l’absence de détresse réelle et sérieuse, serait faire injure à la moitié
féminine de l’humanité.
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Par
contre, Martine Aubry ne voit aucun inconvénient à se méfier des parents.
Ces femmes qui jamais (selon elle) ne décident une
IVG sans raison absolument péremptoire deviendraient en grand nombre des mères
dénaturées au moment d’accueillir leur fille mineure venue leur dire
qu’elle est enceinte. Il faudrait absolument renforcer la
protection de ces jeunes filles contre l’égoïsme, l’obscurantisme et
la violence de leurs parents en facilitant le recours à l’IVG sans
autorisation parentale. |
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Dans
les deux cas, Familles de France regrette le manque de réalisme du
Gouvernement. Ces questions ne devraient pas être traitées en privilégiant
des a priori idéologiques. Les pères et les mères de fœtus de dix à
douze semaines ne sont pas tous des saints : la loi ne doit pas protéger
seulement les bébés phoques. Les pères et les mères d’adolescentes
enceintes ne sont pas majoritairement des démons : la loi n’a pas à
transformer l’exception en règle générale.
Ni
confiance aveugle, ni méfiance systématique : Familles de France souhaite
que le Gouvernement adopte une position plus équilibrée, moins idéologique.
Et qu’il consulte les organisations familiales : car l’absence de
dialogue que l’UNAF, Familles de France et de nombreux mouvements ont déploré
lors du PACS, puis pour la distribution dans les lycées de la « pilule du
lendemain », semble hélas devenir la règle.
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