b) - si l’enfant est gardé au domicile de ses parents,
ils bénéficieront de l’Aide à la Garde d’Enfant à Domicile soit la prise
en charge d’une partie des charges sociales de leur employée de maison,
modulée selon leurs ressources (et l’âge de l’enfant) : Pour un enfant de
moins de trois ans, les parents ont une exonération de7 5% des charges
sociales si leurs ressources n’excédent pas 2895 euros par mois, et de 50%
au delà.
- si l’enfant est gardé en crèche, sa place sera
subventionnée en partie par sa commune (pour environ 460 euros par mois)
et en partie par la CAF (pour environ 300 euros par mois). Le couple
paiera un tarif variant de 50 euros à 500 euros / mois selon son revenu.
A ces aides s’ajoutent différents avantages
fiscaux. (voir fiche détaillée dans le dossier de presse).
La deuxième Grossesse :
Sandrine et Mathieu attendent un deuxième
enfant. Comme pour le premier, ils vont avoir droit à l’APJE (158,97 euros
par mois) dès le cinquième mois de grossesse sous conditions de
ressources. Ils doivent gagner moins de 1730 euros par mois si Sandrine
est au foyer, et moins de 2200 euros par mois si elle a une activité
professionnelle.
Le deuxième bébé est né :
Avec cette seconde naissance, deux
changements vont avoir lieu dans la vie de notre petite famille :
- Sandrine et Mathieu vont
commencer à percevoir les allocations familiales : 110,71 euros par mois.
- si Sandrine est au foyer et si
elle a travaillé deux ans dans les cinq ans précédant cette seconde
naissance, elle aura droit à l’Allocation Parentale d’Education : 493,22
euros par mois jusqu’aux 3 ans de son deuxième enfant. Dans ce cas, elle
ne touche pas l’AFEAMA, ni l’APJE .
Pour le reste, rien ne change. Les FOUCHER
peuvent avoir droit aux allocations de logement versées sous conditions de
ressources et aux aides à la garde exposées plus haut si Sandrine exerce
une activité professionnelle ; et à l’APJE si elle ne touche pas l’APE et
remplit les conditions de ressources.
Si Sandrine et Mathieu s’arrêtent à deux enfants.
Dans ce cas, passés les 3 ans de leur
dernier, (âge auquel la CAF cesse de verser l’APE et l’APJE), ou ses 6 ans
(âge auquel cessent l’AFEAMA et l’AGED), voici ce que touchent Sandrine et
Mathieu :
- les allocations de logement
s’ils ont des ressources modestes (il est impossible d’en calculer le
montant, vue la complexité du dispositif qui dépend du lieu géographique
où ils habitent, du type de logement, du montant des loyers et des charges
ainsi que de leurs revenus).
- les allocations familiales :
110,71 euros par mois auxquelles s’ajouteront 31,14 euros par mois lorsque
leur deuxième enfant fêtera ses 11ans et 55,36 euros pour ses 16ans (il
n’y a pas de « majorations pour âge », pour l’aîné). Ces allocations
familiales seront versées jusqu’à ce que l’aîné des deux enfants ait 20ns.
Ce jour là, toutes les allocations familiales cessent brutalement, ce qui
représentera pour la famille FOUCHER une perte de 1 029 F par mois.
Si Sandrine et Mathieu mettent en route un troisième
enfant:
Pour la troisième
Grossesse :
Comme pour les deux autres, ils toucheront
l’APJE à compter du cinquième mois de grossesse s’ils gagnent moins de
2080 euros par mois (Sandrine étant au foyer) ou 2542 euros par mois
(Sandrine ayant une activité professionnelle).
A la naissance du troisième enfant :
Comme pour le deuxième enfant, les Sandrine
et Mathieu vont pouvoir prétendre à l’Allocation Parentale pour Jeune
Enfant, si leurs ressources sont modestes et aux aides à la garde d’enfant
si Sandrine reprend son travail. Ces aides s’ajoutent naturellement à
d’éventuelles allocations de logement. Par ailleurs :
- les Allocations Familiales
augmentent. Elles sont maintenant de 252,55 euros par mois et des
majorations pour âge (31,14 euros par mois à partir de 11 ans et 55,36
euros à partir de 16 ans) sont versées pour chaque enfant.
- un autre changement intervient
: Sandrine pourra prétendre à l’Allocation Parentale d’Education (493,22
euros par mois) si elle peut prouver qu’elle a travaillé deux ans dans les
dix ans qui précèdent cette troisième naissance (pour le second
enfant les conditions étaient plus sévères : elle devait avoir travaillé
deux ans dans les cinq ans). Si elle touche l’Allocation Parentale
d’Education, l’Allocation Pour Jeune Enfant est supprimée.
Aux trois ans du
petit dernier
Nouveau changement. L’Allocation
Parentale d’Education ou l’Allocation Pour Jeune Enfant cessent mais
Sandrine et Mathieu peuvent prétendre au Complément Familial (144,09 euros
par mois) s’ils remplissent certaines conditions de ressources. Ce sont
les mêmes conditions de ressources que pour l’Allocation Pour Jeune
Enfant : 2080 euros par mois (si Sandrine est au foyer) ou 2542 euros par
mois ( si Sandrine a une activité professionnelle).
Sandrine et Mathieu s’arrêtent à trois enfants
Mettons un point final aux ébats de nos
romantiques héros : ils en resteront à trois enfants. Retenons seulement
que s’ils avaient décidé d’en avoir plus, aucune allocation nouvelle ne
leur serait attribuée : Ils verraient simplement augmenter le montant de
leurs Allocations Familiales (+ 141,84 euros par nouvel enfant).
Les enfants sont
devenus grands
Comme pour les familles de deux enfants, la
famille de trois enfants voit les prestations familiales s’arrêter lorsque
les enfants atteignent l’âge de 20 ans.
Pour les Sandrine et Mathieu, les 20 ans de
leur aîné vont être une catastrophe financière : Ils vont perdre
brutalement les Allocations Familiales pour trois et les majorations pour
âge du premier et du deuxième enfant. Cela représente une perte de 363
euros par mois. Aux 21 ans de l’aîné, nouvelle catastrophe : le Complément
Familial (144,09 euros) s’interrompt. Or, selon toute vraisemblance, à 20
ou à 21 ans, leur aîné est encore à leur charge.
Aux 20 ans du second, « rechute »
financière. Les Allocations Familiales qui étaient de 166 euros par mois
tombent à zéro.
* *
*
Les Prestations Familiales que nous avons
évoquées ici sont les prestations familiales d’une famille sans histoire.
Que se passerait-il si Sandrine et Mathieu connaissaient soit un drame
(une séparation) soit des circonstances particulières (l’arrivée d’un
enfant handicapé) ?
Si Sandrine et Mathieu
adoptent un enfant
Ils auront droit à l’Allocation
d’Adoption (158,97 euros par mois) pendant les 21 mois qui suivent
l’arrivée de l’enfant, et à condition que leurs ressources ne dépassent
pas un plafond (identique à l’APJE) .
Si
Sandrine et Mathieu se séparent
- supposons que Mathieu
abandonne Sandrine sans aucune ressource. Elle pourra alors demander
l’Allocation de Parent Isolé ( 695,36 euros par mois avec 1 enfant,
869,20 euros avec 2 enfants, 1043 euros avec 3 enfants) qui lui sera
versé pendant un an après son abandon. Cette allocation fonctionne comme
le RMI : si Sandrine se met à gagner de l’argent, elle disparaît
progressivement.
- supposons que Mathieu ne paie
pas la pension alimentaire qu’il doit : Sandrine pourra alors demander
l’Allocation de Soutien Familial ( 77,84 euros par mois) pour chacun de
ses enfants.
Sandrine et Mathieu meurent
L’Allocation de Soutien Familial
est due aux personnes qui vont recueillir leurs enfants. Elle passe à
103,78 euros par mois.
Un
des enfants est handicapé
Il lui est alors versée l’Allocation
d’Education Spéciale dont le montant varie selon l’importance du handicap
: Il va de 83,44 euros par mois à 930,06 euros par mois (par exemple pour
un enfant requérant l’aide permanent d’une tierce personne).
Un des enfants est gravement malade, accidenté ou
handicapé
Sandrine et/ou Mathieu s’arrte totalement ou
partiellement de travailler dans le cadre du Congé Parental. Ils touchent
l’Allocation de Présence Parentale, d’un montant de 809,55 euros par mois
en cas d’arrêt total de l’activité, de 404,79 euros en cas d’activité
inférieure ou égal à un mi temps, et 246,63 euros si l’activité est
comprise entre 50% et 80%. Elle est versée au plus pendant 12 mois. Elle
n’est pas cumulable avec l’APE (Alllocation Parentale d’Education), ni
avec el complément d’éducation spéciale perçu pour le même enfant.
ýýý
Ce petit panorama vous parait peut être
simple. Hélas, la réalité l’est moins. Les 28 prestations actuellement
existantes répondent à 15 000 règles de droit différentes.
Pourquoi tant de complications ? car il n’y
a rien de plus coûteux qu’une allocation simple et attribuée largement. En
1954, il y avait 3 grandes prestations. Avec trois enfants, les Sandrine
et Mathieu auraient pu prétendre à 4 668 F (712 euros) par mois. En 2003,
il y a 28 prestations. Ils n’ont droit qu’à 396,64 euros par mois s’ils
sont « pauvres » et 252,55 euros par mois s’ils sont « riches »...