Pour défendre les majorations de retraite des familles nombreuses cliquez =>

 

Politique familiale et fécondité 

OUI, la politique familiale a une influence sur la fécondité 

bullet dépassionnons le débat
bullet les exemples historiques
bullet sondages et enquêtes
bullet exemples concrets

* Dépassionnons le débat

Pour dépassionner ce débat, tordons d’abord le cou à la thèse qui voudrait que la préoccupation nataliste soit liée aux pages sombres de l’histoire de Vichy. Ce n’est pas exact : le Code de la Famille a été adopté en 1939 (avant la guerre) par la chambre issue du Front Populaire et sa mise en oeuvre a été effectuée à la Libération par la majorité communiste, SFIO et radicale d’alors.

* Les exemples historiques

L’histoire montre qu’une Politique Familiale généreuse conduit à une fécondité élevée.

Considérons les quelques laboratoires naturels que nous offre l’Histoire. Ils sont au nombre de trois : la Sarre dans les années 1950-1960, la RDA dans les années 1970 et la Suède aujourd’hui.

 ð La Sarre 1950-1960

 Après la Deuxième Guerre mondiale, la Sarre fut quelques années sous tutelle française et bénéficiait d’une politique familiale généreuse calquée sur la politique française.

 Dès 1960, la natalité décrût rapidement en Sarre. Pour les années 1950-1960, la Sarre arrivait en tête des onze Lander d’Allemagne de l’Ouest, dépassant la moyenne d’environ 0,3 enfant par couple.

                     ð La RDA en 1976

 Entre 1950 et 1975, la RDA et la RFA connaissent une évolution démographique très proche (la mentalité est-allemande est d’ailleurs une mentalité très occidentalisée avec un accès très large à la contraception et à l’avortement, de nombreuses naissances hors mariage et un fort taux d’activité professionnelle féminine).

 Or, en 1976, la RDA met en place une politique vigoureuse d’encouragement de la natalité (attribution prioritaire de logement aux familles, congé rémunéré à la naissance des enfants et développement intensif des crèches).

 La fécondité des Allemandes de l’est se détache alors de celle de leurs soeurs de l’ouest et lui devient supérieure de moitié. De 182 000 naissances en 1975, on est passé à 240 000 en 1982. Cette différence s’est maintenue jusqu’à la réunification.

 ð La Suède en 1988

 En 1988 la Suède a décidé de faire un effort considérable en faveur des familles. Le but n’était pas d’encourager la natalité (notion qui n’est pas « politiquement correcte » chez eux) mais de permettre l’épanouissement des enfants.   

 ·       à faciliter la conciliation de la vie familiale et de la vie professionnelle en accordant d’importants congés aux parents.

·       à accorder de substantielles allocations aux familles. Le budget de la politique familiale est ainsi passé de 19 milliards de couronnes à 45 milliards.

 L’indice synthétique de fécondité est alors monté de 1,6 à 2,4 enfant par femme en l’espace de 2 ans (depuis il s’est stabilisé autour de deux enfants par femme).

 Conclusion

 Ces trois exemples historiques montrent l’influence que peut avoir une politique familiale généreuse sur les comportements des couples.

* Les problèmes financiers sont un frein à la fécondité : enquêtes et sondages

D’après la SOFRES en 1996 (Sondage SOFRES pour le Syndicat Français des aliments de l’Enfance - 6-9 Septembre 1996 - Echantillon de 717 hommes/femmes entre 25 et 45 ans vivant en couple) les français situent la famille idéale à 2,6 enfants mais 49 % déclarent avoir moins d’enfant qu’ils le souhaitent (79 % pour les jeunes parents entre 25 et 34 ans).

Invités à citer des raisons, 61 % des personnes interrogées évoquent les problèmes financiers (manque d’argent, cherté de la vie, coût de l’éducation d’un enfant).

L’INED a mené en octobre 1998 une enquête sur les opinions des personnes de 15 à 45 ans relativement au nombre d’enfants souhaité, à l’âge idéal de la maternité et de la paternité, etc.

Ä Pour 47% des personnes interrogées, le nombre idéal d’enfants dans une famille est égal à 2. Il est de 3 pour 38%, et de 4 ou + pour 12%. L’enfant unique recueille moins de 3% de suffrages, et l’absence de descendance n’a quasiment pas de partisans. Le nombre moyen d’enfants dans la famille idéale est ainsi 2,6.

Ä mais quand elles sont interrogées sur le nombre idéal d’enfants pour une famille “ du même milieu que vous, et disposant des mêmes ressources ”, cette moyenne descend à 2,3. Les familles nombreuses sont les plus touchées par cette prise en compte des réalités socio-économiques : 8% au lieu de 12 % pour 4 enfants et + ; 28% au lieu de 38% pour 3 enfants. Inversement, les positions en faveur de 0 enfant passent à 3%, et pour 1 seul enfant elles augmentent de 3% à 7%. La famille à 2 enfants devient majoritaire (52%).

Ä Au final, les Français sont loin d’avoir autant d’enfant qu’ils le veulent : la descendance finale estimée par l’INED pour les générations nées en 1970 est de 1,98 enfant par femme  (contre 2,63 pour la génération née en 1930)INSEE Première N° 652 (juin 1999)

d'après un autre sondage SOFRES 2006 auprès des femmes ayant un enfant de moins de 2 ans : 3,4 est le nombre d’enfants que les mères de bébés (âgés de 0-24 mois) rêveraient d’avoir. Pour certaines mamans, ce nombre tend même plus vers 4 enfants : les 35 ans et + (3,8 enfants souhaités), les inactives (3,8), les Parisiennes (3,8) et, sans surprise, les mères de familles nombreuses (4,2) et les multipares** (3,8).
En revanche, pour d’autres femmes, 3 enfants suffiraient : les ouvrières (3 enfants désirés) et les employées (3,2), les primipares** (2,9) et les habitantes du sud-ouest (2,9) et des zones rurales (3,2).

Mais la réalité est toute autre : Le nombre d’enfants que ces mêmes mères ont (ou auront) effectivement, oscille plutôt entre 2 et 3 enfants (2,8 enfants précisément***). plutôt 3 enfants pour les plus âgées (3,2 enfants), les inactives (3,2), les Parisiennes (3) et les multipares (3,1) et plutôt 2 enfants pour les ouvrières (2,6) et les employées (2,5), les primipares (2,4) et les habitantes du sud-ouest (2,4) et des zones rurales (2,6).

Pourquoi ce décalage ? Principalement pour des questions d’argent : - 59% : les revenus - chômage, 1 seul salaire ou salaires insuffisants...  - 2% : le financement des études - 5% : le changement de voiture.  Ainsi que pour d’autres considérations d’ordre matériel : - 24% : logement trop petit, manque de pièces  - 11% : mode de garde - pas de mode de garde, trop cher.

* Avoir un enfant : un choix guidé par l’amour..mais aussi par la contrainte financière : exemples concrets

            1) Cécile et Nicolas viennent d’avoir leur premier enfant après quelques années de vie commune. Outre les dépenses directement liées à l’arrivée du bébé (15 000 F environ), ce couple constatera un chute de son niveau de vie de 22 %. Il va diviser par deux ses dépenses de vacances et de loisir (restaurant, sorties...).

             A la naissance de son deuxième enfant, il constate que son niveau de vie est inférieur de 33 % à celui qu’il connaissait quelques années plus tôt et que vivent encore ses amis sans enfants. Il a dû déménager et dépense beaucoup en alimentation et vêtement.

             Cécile et Nicolas réfléchiront à deux fois avant de mettre au monde un troisième enfant.

              2) Audrey et Martin ont 26 et 27 ans. Ils se souviennent bien que leurs parents « mangeaient de la vache enragée » lorsqu’ils étaient encore étudiants à leur charge. « Plus les enfants sont grands plus ils coûtent cher et c’est le moment qu’on choisit pour supprimer les allocations familiales ! ». Cette phrase, ils l’ont maintes fois entendu dans la bouche de leurs parents.

             Audrey et Martin adorent les bébés. Mais ils savent qu’ils grandiront et qu’il y aura de plus en plus de frais à assumer. Ils se contenteront de deux enfants, alors qu’ils auraient aimé avoir une famille nombreuse.

               3) Sandrine et Mathieu forment un jeune couple de salariés « moyens ». Naturellement, ils comparent les situations des différentes familles qu’ils connaissent : Tel couple vit agréablement avec deux salaires et un enfant de 12 ans déjà très autonome. Tel autre tire le diable par la queue avec quatre enfants. Tel autre encore s’en est allé laissant une épouse sans le sou avec trois enfants à charge. Et cette femme au foyer, qu’aura-t-elle dans 30 ans comme retraite pour vivre ? Celle là, au contraire, avec ses deux enfants, mène une belle carrière.

             Sandrine et Mathieu sont des gens avisés. Ils ont repéré « les comportements gagnants ». Ils les imiteront. Ils auront un ou deux enfants mais n’iront pas au delà de peur de compromettre leur situation matérielle et leurs perspectives d’avenir. Qui le leur reprocherait ?

*

Accueil Remonter

Tous droits de reproduction strictement réservés à Dominique Marcilhacy