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Les
chiffres "officiels" |
La loi sur le PACS a été promulguée le 16
novembre 1999.
* Le point en 2005 : En
60 500 PACs ont été conclus en 2005 (44 000 PACS en 2002. Chiffre à comparer aux
283 174 mariages qui ont été célébrés durant la
même période. Depuis sa création, 263 000 PACs ont été conclus et 33 600 dissous
soit 13%. En rappelant que le PACS était censé concerner les 5 millions
de personnes qui vivent en concubinage...
C'est en région parisienne que les PACS sont les
plus nombreux (plus du quart) alors que les DOM-TOM et la Corse sont en queue de
peloton. Selon le "Collectif pour le PACS", 60 % concernent des
homosexuels et 40 % des hétéros sexuels.
Rappelons qu'en 1999, les prévisions les plus basses de
l'Institut d'Etudes Démographiques étaient de 30 à 40 000 PACS chaque
année (et 150 000 le haut de la fourchette).
Pour les étrangers,
en 2002, 297 Pacs ont donné lieu à une
demande de titre de séjour et 163 cartes temporaires seulement ont été
accordées.
Dès la première
année du Pacs, on estimait à 4 000 le nombre des Pacs blancs dans la seule
Education nationale soit 15% du total des Pacs enregistrés. On a même découvert
un marché des Pacs blancs avec petites annonces dans certains IUFM où l’on
proposait pour 3000 à 4000 Francs d’être le Pacsé qui permettrait
d’augmenter le nombre de points (ces points départagent deux candidats à
la mutation, généralement vers le Sud).
Au niveau de la répartition géographique des PACS, on constate d’importantes
disparités : Paris arrive en tête avec 62 contractants pour 10 000 habitants,
suivie par les départements du sud et de l'est de la France, tels la
Haute-Garonne, l'Hérault ou le Bas-Rhin. Les régions du centre et les DOM-TOM
accusent en revanche les enregistrements les plus bas.
* En 2003, 30 611 PACS ont été conclus.

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2005 : première réforme du PACS
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La Loi de finances pour 2005 (proposée par
Nicolas Sarkozy, précédemment opposé au PACS) prévoir d'importantes
améliorations du PACS : les PACsés peuvent bénéficier de l'imposition commune
dès la conclusion du pacte (et non plus au bout de 3 ans), ils bénéficient
d'avantages fiscaux en cas de décès)
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2006 : nouvelle réforme du PACS
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Une
loi visant à moderniser et à simplifier le régime des successions a été
adoptée. Incidemment, le texte comporte plusieurs dispositions visant à
“améliorer” le PaCS, six ans après sa création par la gauche.
* le régime des biens des
PACsés est modifié :
fondé initialement sur l'indivision, la séparation des biens des pacsés
devient la règle, les partenaires pouvant toujours faire le choix de
l'indivision. Par ailleurs, les droits du pacsé survivant sont renforcés en
cas de décès d'un des partenaires. Le partenaire survivant bénéficie d'un
droit temporaire de jouissance d'un an sur le logement commun. Le logement lui
est attribué de droit lorsqu'il existe une disposition testamentaire du défunt
en ce sens. Auparavant, cette attribution préférentielle devait être demandée
par le partenaire survivant au juge, qui pouvait la refuser.
* amélioration enfin les modalités d'enregistrement, de modification et
de dissolution du PaCS. Le PaCS sera inscrit en marge de l'acte de naissance
de chacun des partenaires, sans préciser l'identité et le sexe du partenaire.
Les partenaires d'un PaCS conclu antérieurement à la publication de la loi
disposent d'un délai d'un an pour dissoudre leur PaCS s'ils ne souhaitent pas
que celui-ci soit inscrit en marge de leur acte de naissance. À l'issue de ce
délai, l'inscription sera automatique.
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La volonté de ne pas savoir : (par
Jacques BICHOT)
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Dans Population
et Société de juin 2001, Patrick Festy, ancien Directeur de l’INED et spécialiste
de la démographie des couples, pousse un cri d’alarme : la loi de 1999
instaurant le PACS interdit de tenir les statistiques les plus élémentaires,
à commencer par la répartition entre unions hétérosexuelles et
homosexuelles. Laissons-lui la parole :
« La statistique est hétéroclite
et pauvre. Les données françaises du ministère de la justice sont de loin les
plus maigres [comparativement aux pays qui disposent d’un équivalent du PACS,
Pays-Bas et pays scandinaves principalement] : elles ne comportent aucun
classement par âge, et surtout aucune distinction par sexe et type d’union
qui permettrait de comparer la fréquence des partenaires homosexuels à celle
des pays scandinaves et de comparezr la répartition entre les couples
homosexuels et hétérosexuels à celle enregistrée aux Pays-Bas. (…)
La législation française a imposé le
silence à la statistique sur les types de Pacs conclu et sur le sexe des
partenaires , au motif que ces décomptes - pourtant anonymes - pourraient
attenter à la vie privée en risquant de révéler les orientations sexuelles
des individus. (…)
En Scandinavie et aux Pays-Bas, un décompte
détaillé des partenariats est effectué par l’institut national de
statistique et régulièrement publié avec les données démographiques
courantes. Il est dommage qu’en France la statistique soit empêchée de
fournir un détail minimum sur le type de Pacs et le sexe des partenaires. Cette
restriction est difficilement compréhensible, quand on connaît le large éventail
de statistiques anonymes et exhaustives disponibles en France sur des sujets
tout aussi sensibles (avortement, causes de décès, détention, illettrisme,
etc.) qui n’ont jamais donné lieu au moindre dévoilement de la vie privée,
grâce aux dispositifs de sécurité légalement mis en œuvre. On se prive
ainsi d’un élément important d’évaluation des effets de la loi ».
Données
disponibles : 37 000 PACS ont été conclu en 16 mois et demi, depuis
l’entrée en vigueur de la loi en novembre 1999, jusqu’à mars 2001. En
proportion de la population, c’est 60 % de plus qu’aux Pays-Bas durant la même
durée à partir de la mise en œuvre du dispositif analogue, en 1998. Aux
Pays-Bas, le mariage a été ouvert aux homosexuels début 2001.
"Une
certaine littérature pro-homosexuelle affirme qu’entre 3 et 10 % de la
population sont gays (1), alors que les statistiques les plus récentes et
les plus fiables aux Etats-Unis aujourd’hui atteignent à peine le
chiffre inférieur du pourcentage précédent (2). Pendant ce temps, les
derniers chiffres les plus fiables en Grande Bretagne montrent que
seulement 1% des hommes et moins d’une femme sur 200 ont eu une expérience
homosexuelle quelconque, alors que seulement 0,4 % des hommes et 0,1 % des
femmes revendiquent être exclusivement homosexuels dans leur pratique
(3).
(1)
Site Web de la Commission Américaine sur les droits de l’homme :
‘Workplace Issues’, juillet 1997.
(2) Voir LeVay, S. et Nonas, E.,City of Friends : A Portrait of the Gay
and Lesbian Community in America, cambridge, AM : The MIT press,p.102.
(3) Wellings, K. et al Sexual Behaviour in Britain, p.183.
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Les premières difficultés apparaissent
... qui donnent exactement raison aux critiques faites par les adversaires
du PACS |
L'Observatoire du PACS * qui regroupe 10 associations
favorables au PACS vient de publier un premier bilan de la Loi. Ils soulignent
les lacunes du texte en matière de testament (le PACS ne crée aucun droit
automatique de succession), de filiation (le PACS ne donne aucun droit au
partenaire Pacsé sur l'enfant de l'autre), de biens (les biens tombent en
indivision), de titre de séjour pour les étrangers (le droit de séjour
n'est pas automatique) et de droit sociaux (en cas de PACS, l'administration
prend en compte les revenus des deux partenaires et non pas d'un seul).
Conclusions de cette étude : le PACS est une
"source potentiellement intarissable de litiges" et la réalité de
la loi "exclut presque tout à fait de pouvoir mettre fin au PACS sans
recourir à un juge".
C'est EXACTEMENT
ce qu'on disait ...
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Laissons encore la parole aux
promoteurs du PACS : |
"Il faut vraiment ne pas avoir
s'autre choix que la PACS pour accepter ce contrat qui ne prend pas en compte
des pans entiers de la vie à deux" explique Caroline FOUREST, ancienne
présidente du Centre Gay et Lesbien et membre de l'observatoire du PACS,
"POur les homosexuels, l'intérêt est qu'il ouvre le débat
démocratique sur la question du couple et le la filiation".
En novembre 2001, à l'occasion du 2ième anniversaire du PACS, les
députés Jean-Pierre Michel (MDC) et Patrick Bloche (PS), rapporteurs du PACS,
se sont déclarés favorables à ce que les couples "pacsés", qu'ils
soient homosexuels ou hétérosexuels, se voient reconnaître la possibilité
d'adopter des enfants.
Il est "grand temps" que le Parlement se saisisse de la question
de l'homoparentalité pour que ce débat ait lieu "ailleurs que dans les
prétoires", estiment-ils dans un rapport publié mardi 12 novembre, deux
ans pile après la promulgation de la loi.
"Il faut faire preuve de pragmatisme et concevoir qu'un enfant sera,
de toute évidence, plus heureux avec des parents homosexuels que placé en
institution", soulignent-ils.
Pour eux, la loi, en reconnaissant en 1966 à une personne célibataire le
droit à l'adoption, a "relativisé les références aux valeurs familiales
classiques", mais elle a introduit, par l'interprétation qu'en ont faite
les juges, une "discrimination" à l'égard du célibataire
homosexuel. Or, ajoutent-ils, le PACS constitue "un gage de stabilité du
couple".
Estimant à plus de 100.000 le nombre de familles homoparentales, ils
préconisent également de créer un statut de "beau-parent" pour le
partenaire "pacsé" n'ayant pas l'autorité parentale sur l'enfant de
son compagnon.
Rappelons
que « l’homoparentalité » fut le slogan de la Gay pride de
l'an 2000
Nous
y voilà ...

* Voir notamment l'article paru dans "Le Monde"
du 9 novembre 2000 sous la plume de Pascale Krémer
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