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L'Europe des enfants pauvres

Un bilan global contrasté

La Finlande douce avec ses enfants

L'Italie dure avec ses enfants

le bon exemple Anglais

Bilan contrasté en Europe des 15 :

Taux de pauvreté des enfants en Europe selon le pays et l'âge (seuil à 60 %)

 

B

DK

AL

G

E

F

IRL

I

L

PB

A

P

FIN

RU

UE

0-3 ans

16

4

22

15

18

14

22

22

22

12

13

19

7

24

16

3-6 ans

17

4

20

18

24

16

19

20

15

15

17

23

6

26

18

6-12 ans

17

3

20

18

22

18

24

20

18

13

17

21

6

28

18

12-16 ans

26

6

19

20

26

20

26

25

21

15

15

27

10

22

21

sources DRESS d'après le panel Européen des ménages

 

Pauvreté et nombre d’enfants

Sur l’ensemble des pays d’Europe (à 15), les enfants pauvres sont plus souvent des enfants issus de familles nombreuses.

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Le Danemark et la Finlande, sont les seuls pays où la pauvreté des enfants est aussi

basse et surtout inférieure à celle de la population globale.

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En Belgique, en France et en Finlande, plus les familles ont d’enfant, plus elles sont aidées par les transferts sociaux.

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Aux Pays-Bas, en Allemagne, au Luxembourg, au Royaume-Uni et en Irlande, les ménages avec un seul enfant se sortent mieux de la pauvreté que les autres. Il est vrai que la pauvreté avant transferts de ces ménages est moins aiguë que celle avec deux ou trois enfants et plus et, de ce fait, l’apport des transferts sociaux, même faible, peut être suffisant pour passer au-dessus du seuil et sortir de la pauvreté.

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L’Italie et l’Espagne ont la pauvreté parmi la plus faible d’Europe en raison de solidarités familiales plus marquées dans ces pays, en particulier au niveau des familles monoparentales, fréquemment hébergées, et des jeunes qui quittent plus tardivement le foyer parental.

 

Pauvreté et aide de l’Etat :

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Au Royaume-Uni et en Irlande, les transferts sociaux visent à améliorer la situation des enfants pauvres mais pas à leur assurer un niveau de vie supérieur au seuil de  pauvreté.

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Le groupe des pays du sud se caractérise par des montants de transferts sociaux peu élevés. En Italie, les premiers bénéficiaires de l’effet des transferts sociaux sur la sortie de la pauvreté sont les individus sans enfants. En Espagne, la diminution relative du taux de pauvreté est inversement proportionnelle au nombre d’enfants. 

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Au Luxembourg, en France et en Belgique, le versement des transferts sociaux conduit à une diminution de la pauvreté assez intermédiaire par rapport aux autres pays.

 

Le cas spécifique des adolescents :

Dans la majorité des pays Européens, les enfants les plus âgés comptent davantage de pauvres que la moyenne. La France, l’Espagne et la Belgique sont les deux pays où la pauvreté s’accentue le plus avec l’âge.  

Les enfants les plus jeunes profitent d’aides spécifiques et appartiennent généralement à des ménages de taille plus petite (or la famille nombreuse est un facteur de pauvreté)

 

 

 

 zooms sur ...

La Finlande douce avec ses enfants

Le risque d'être pauvre est faible pour un enfant finlandais. Le taux de pauvreté moyen des enfants du pays est de 7 %. Il s’élève à 20 % pour des enfants dont les deux parents sont sans emploi. C’est le risque le plus élevé, quand on se ramène pour les autres variables causes de pauvreté, mais cette probabilité reste nettement en dessous de celle que l’on retrouve dans les autres pays ou au niveau européen.

Contrairement à la plupart des pays, la présence de frères et soeurs n'aggrave pas la pauvreté.

l'Italie dure avec ses enfants

Le taux de pauvreté moyen des enfants italiens est de 22 %. Le nombre de frères et soeurs a un impact relativement fort, puisqu’un enfant unique a un risque de pauvreté de 7 % alors que pour un enfant ayant au moins deux frères ou soeurs le risque s’élève à 30 %. C'est l'écart le plus élevé que sur l’ensemble de l’Europe.

Enfin, ce sont les enfants dont les parents sont les plus jeunes qui ont le risque de pauvreté le plus élevé, celui-ci s’élèvent à 28 %.

 

 

 

Les efforts signalés du Royaume Uni :

 Un situation catastrophique :

La probabilité d’être pauvre pour un enfant vivant au Royaume-Uni est de 25 %. Le risque de pauvreté augmente avec la taille de la famille :  la probabilité d’être pauvre pour un enfant unique ou un enfant ayant seulement un frère ou une soeur est de 15 %, elle passe à 34 % lorsque l’enfant a au moins deux frères ou soeurs.

Il existe un fossé important entre les enfants vivant avec des parents qui travaillent à temps complet et ceux dont les parents travaillent à temps partiel ou pas du tout. Pour ces derniers le risque de pauvreté, qu’ils vivent ou non dans une famille monoparentale, atteint ou dépasse 50 %. Ceux dont les deux parents travaillent, l’un à temps partiel, l’autre à temps complet, ont le risque de pauvreté le plus faible : seulement 5 %.

Une volonté politique réelle :

 

Le triplement de la pauvreté infantile au Royaume-Uni au cours des derniers vingt ans a suscité une importante mobilisation du gouvernement britannique après 1997. Le Gouvernement Blair s’est engagé à réduire la pauvreté infantile d’un quart d’ici 2005, de moitié d’ici 2010 et de l’éliminer d’ici 2020.« Notre but historique est que nous soyons la première génération à mettre fin à la pauvreté des enfants, et ceci prendra une génération. C'est une mission de 20 ans ».

Cet engagement fait l’objet d’un suivi serré, tant au gouvernement que par la communauté politique et universitaire.

 

Ce sont près de 9 milliards de livres, soit environ 1 % du PIB qui ont été affectées à une transformation du système et à une augmentation des prestations familiales, à un programme de pré-scolarisation pour les enfants âgés de moins de trois ans (Sure Start), à l'augmentation du nombre de places en maternelles, etc.

 

Le rapport d’étape publié en septembre 2002 par le Ministère du travail et des retraites affirme que le tiers de l’objectif est atteint et que le tiers du temps est écoulé. Il note une augmentation des revenus des familles pauvres (de £1,200 à £2,400) au cours des cinq dernières années, de même qu’une augmentation de 8% de l’emploi des monoparentaux et signale qu’il y a 250 000 enfants de moins dans des familles sans emploi. Il signale deux fois plus de mères adolescentes en emploi ou en apprentissage et éducation (33%) qu’en 1997 (16%). Des places en garderies sont maintenant garanties pour tous les enfants de 4 ans et pour 70% des enfants de 3 ans.

Le nombre d'enfants pauvres, en avril 2003, est inférieur de 1 million par rapport à 1997

 

*  Encourager les familles à épargner. Une des nouvelles voies envisagées pour réduire la pauvreté structurelle est l'encouragement à l'épargne individuelle et la constitution du patrimoine. En avril 2001, Tony Blair a annoncé l'initiative Saving and Assets for All : ainsi création de comptes d'épargne pour chaque nouveau né - le Child Trust Fund, unanimement surnommé Baby bonds - doté d'une somme de départ et de dépôts gouvernementaux – 250 £ en principe et 500 £ pour les familles pauvres -- lorsque l'enfant aura 5, 11 et 16 ans. Les parents et grands parents pourront faire des dépots supplémentaires mais l'enfant ne pourra faire de retrait avant ses 18 ans, puis pourra en disposer à sa guise. Le produit de l'épargne sera non-imposable.le gouvernement veut aussi créer des comptes d'épargne, les Saving Gateway, pour les familles à faibles revenus et doubler, pendant cinq ans, les sommes déposées par les familles. Des projets pilotes doivent avoir lieu d'ici 2004 dans cinq localités.

*  Prestations familiales. Depuis avril 2003, les parents recoivent le Child Tax Credit, universel (il atteind £1625/an depuis avril 2004), qu’ils soient ou non en emploi. Cela s’ajoute au Child benefit existant, universel et non dégressif, qui est une allocation familiale classique.

*  Soutien au revenu de travail. Depuis la même date, les bas salariés sont éligibles au Working Tax Credit, disponible aux salariés avec ou sans enfant contrairement à la situation précédente, soit les plus de 25 ans qui travaillent plus de 30 heures/semaine. Ce crédit comporte également un élément familial, donc un soutien supplémentaire, modulé par enfant et comportant un remboursement de 70% des frais de garde.

 

Forte augmentation en 2004 des allocations familiales sous Conditions de ressources et du working tax bénéfit :

Au Royaume-Uni, les transferts sociaux visent à améliorer la situation des enfants pauvres mais pas à leur assurer un niveau de vie supérieur au seuil de  pauvreté.

 

* pour un bilan, voir :  Holly Sutherland, Tom Sefton, David Piachaud, Poverty in Britain, The impact of government policy since 1997, Joseph Rowntree Foundation, London School of Economics, 2003. www.jrf.org.uk

 

 

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   © Dominique Marcilhacy