signez la pétition contre la baisse des allocations familiales au 1ier mai prochain

 

 

bullet

la nouvelle échelle

bullet

un changement très idéologique

bullet

à qui profite le crime ? 

La nouvelle échelle 

Deux échelles de niveau de vie sont actuellement les plus utilisées : celle d’Oxford, et celle de l’OCDE (voir comment calculer le coût de l'enfant ? ).

Pour la majorité des travaux où le niveau de vie est une variable indispensable en sus du revenu global du ménage, l’INSEE a longtemps utilisé l’échelle d’Oxford ou une échelle d’Oxford simplifiée (0,5 UC par enfant quel que soit son âge). Mais en 1997, les préférence de l’INSEE se sont tournées vers l’échelle de l’OCDE.

L’échelle d’Oxford attribue davantage d’unités de consommation aux familles que celle de l’OCDE; en conséquence, elle conduit à des résultats plus pessimistes sur le niveau de vie des familles comparé à celui des personnes seules. 

Un changement très idéologique

Pourquoi ? 

Parce que les échelles de consommation tendent naturellement à sous estimer le coût de l'enfant  

Les échelles de consommation cherchent à comparer le mode de vie et le niveau d’aisance d’un ménage qui a des enfants avec ceux d’un ménage qui n’en a pas. Sur quoi le ménage avec enfant est-il obligé de se restreindre ? Que dépense-t-il de plus ? Quels comportements modifie-t-il ?

Eclairons certains des difficiles problèmes qu’ont à trancher les statisticiens :

·       l’arrivée d’un enfant rend certains biens relativement moins cher : avec deux enfants, louer une maison de vacances devient plus abordable que de partir à l’hôtel. 

 

 

·       le logement : en regardant la consommation des familles, on observe souvent que leur budget « logement » n’est pas tellement plus élevé que celui des couples sans enfant. On pourrait en conclure que l’enfant ne coûte pas cher de ce point de vue là. Ce que ne disent pas les échelles de consommation, c’est que les parents ont laissé leur chambre aux enfants et dorment dans le salon.

  

·       Certains ménages peuvent anticiper la dépense : ainsi une famille qui doit changer de voiture peut elle acheter une cylindrée plus grosse que ce dont elle a immédiatement besoin car elle a comme projet d’avoir un enfant supplémentaire. De même pour le choix d’un logement. A la naissance du nouvel enfant, le statisticien conclura qu’il n’y a pas eu de dépense de voiture ou de logement du fait de cet enfant, ce qui est faux. Le coût de l’enfant sera ainsi sous estimé. 

 

·       La venue d’un enfant peut conduire à diminuer la qualité de certaines consommations bien que le budget qui leur est consacré reste le même ( ainsi la nourriture). Le statisticien en conclura qu’il ne s’est rien passé alors qu’en réalité la contrainte de subsistance aura joué. 

 

·       Les prix ne sont pas les mêmes suivant les classes sociales alors que les revenus peuvent être analogues : un ménage « enrichi » pourra continuer à vivre dans le quartier plus populaire de ses débuts et y payer un loyer moins cher que le ménage riche depuis plus longtemps et qui vit dans le XVIème . A niveau de revenu comparable, les conclusions peuvent donc être difficiles à tirer.

 

·       Dans leurs réponses aux enquêtes, les parents de jeunes enfants minimisent souvent leurs privations car ils sont tout à la joie d’avoir un enfant. Lorsque ceux-ci grandissent et qu’ils commencent à manifester des désirs personnels (et parfois réprouvés par les parents), la contrainte économique leur paraît plus dure.

  

Or, toutes ces réserves tendent dans le même sens :

 le coût de l’enfant est probablement sous estimé.

Parce que le coût de l’enfant n’ayant pas diminué depuis 20 ans, le choix d’une nouvelle échelle est avant tout idéologique.

             La nouvelle échelle de l’INSEE, présentée par un article de HOURRIEZ et de OLIER[1] n’emporte pas la conviction des milieux scientifiques :

 · Les problèmes évoqués supra n’y sont pas plus réglés que par le passé.

· Le chapeau même de l’article dit deux choses difficilement compatibles :

             - il préconise « une échelle où le premier adulte compte pour une unité de consommation, chaque adulte supplémentaire pour 0,5 et chaque enfant pour 0,3 », affirmant que « cette échelle rend mieux compte des économies d’échelle réalisées aujourd’hui par les ménages que l’échelle d’Oxford où l’adulte compte pour 0,7 et l’enfant pour 0,5 ».

             - il ajoute que « des estimations complémentaires mettent en évidence une stabilité du coût de l’enfant depuis 10 ans ».

 Sachant que le coût de l’enfant est un sous-produit direct des échelles de niveau de vie, sa stabilité sous entend celle des dites échelles. Le lecteur averti subodore que les estimations « complémentaires » auxquelles ces eux même et d’autres chercheurs ont procédé ne vont pas exactement dans le même sens que les travaux de Hourriez et Olier.

C’est le cas des travaux d’Olivia ECKERT JAFFE (1998) et de GARDES (1998) ainsi que celles plus anciennes de GLAUDE et MOUTARDIER (91).

· Enfin l’échelle d’HOURRIEZ et de OLIER est une échelle générale qui s’applique à toute la population. Elle correspond mal à la clientèle du quotient familial, faite de ménages avec enfants. Pour cette clientèle, en attestent les travaux de GLAUDE, l’échelle d’Oxford semble plus adéquate.

A qui profite le crime ?

Derrière des affirmations "scientifiques", la question du quotient familial.

·      En 1998, le Gouvernement JOSPIN voulait faire 5 milliards d'économies sur les familles. Voici ce qu’affirme le rapport THELOT qu'il avait commandé pour soutenir ses positions : « même si l’on décide que le quotient familial relève de l’équité fiscale et non de la politique familiale, il faut ensuite s’assurer que les parts fiscales effectivement retenues permettent bien de passer du revenu au niveau de vie d’une familles. Cela requiert des études empiriques cette fois-ci sur les « coûts » des adultes et des enfants auxquels comparer ces parts. »

 

          à jusque là, aucune objection.

 

·       « Traditionnellement » ajoute-t-il « et sans qu’elle eût de justification empirique très approfondie, on utilisait ‘l’échelle d’Oxford’, élaborée il y a 50 ans, où le premier adulte de la famille comptait pour une part, les autres pour 0,7 et les enfants (de moins de 14 ans) pour 0,5. »...  « Défini à partir de cette échelle, le nombre d’unité de consommation était assez proche du nombre de parts fiscales sauf sur deux points : les couples sans enfants et les enfants à partir du troisième »

 

          à C’est un fait que le quotient familial correspond assez bien à l’échelle d’Oxford :

Couple avec...

échelle d’Oxford*

quotient familial

0 enfant

2

2

1 enfant

2,65

2,5

2 enfants

3,3

3

3 enfants

3,95

4

5 enfants

5,25

6

* en prenant le couple comme la référence et en considérant que le quart des enfants a entre 14 et 20 ans.

Sources : Sterdiniak, la lettre de l’OFCE n° 167, septembre 97.

 

·       « L’INSEE », écrit toujours M. THELOT, « vient d’estimer une échelle adaptée à la France et aux consommations des années 80 et 90 : le premier adulte comptant toujours pour 1, les autres comptent chacun pour 0,5 et les enfants (de moins de 14 ans) pour 0,3, ce qui signifie que l’enfant représente un surcoût de 20 % par rapport aux dépenses du couple s’il est jeune, 33 % à partir de l’adolescence. L’écart avec les parts fiscales s’élargit.(...) Il est intéressant en retenant cette estimation de faire alors le départ empirique au sein du quotient familial entre équité fiscale et aide à la famille. »

 

Couple avec...

quotient familial

nouvelle échelle de l’INSEE*

0 enfant

2

1,5

1 enfant

2,5

1,8

2 enfants

            3

                       2,1

3 enfants

4

2,4

Tous droits de reproduction strictement réservés à Dominique Marcilhacy