L'Europe des 12 connaît une mouvement général de hausse de la fécondité
:
Certes, la
fécondité s'est effondrée en Pologne depuis 1994, et dans d'autres pays
d'Europe centrale ; en revanche, sur les 12 de l'Euroland, on passe de
1,36 en 1994 à 1,52 en 2005 (Eurostat). Ainsi, l’Allemagne remonte de
1,24 à 1,34, l'Espagne et l'Italie de 1,21 à 1,34, les Pays-bas de 1,57
à 1,73.
Décomposons l'indice de 2
enfants par femme
Le taux de 2 doit
tout d'abord être minoré de 0,07 pour tenir compte des erreurs du
recensement de 1999. L'INSEE a fini par admettre qu'elle avait
oublié de comptabiliser 480 000 personnes (elle avait ainsi largement
sous estimé la population étrangère, annonçant qu'elle avait diminué
alors qu'on sait maintenant que la France compte
près de 5 millions d'immigrés, soit une hausse de 18% par rapport à
1990)
Voir notamment
http://www.lexpress.fr/info/quotidien/actu.asp?id=4788
Nous avons donc plus qu'un taux de 1,93
enfant par femme en âge de procréer.
Il est possible ensuite, grâce aux
récents travaux de G-F Dumont (in : Population & Avenir, n° 681 de
janvier 2007)d'évaluer quelle est la contribution des femmes selon leur
origine : la fécondité des femmes françaises (y compris celles qui ont
la nationalité française mais sont d'origine immigrée) est d'1,79. Celle
des femmes maghrébines est de 3,25, celle des africaines de 4,04, celle
des turques de 3,35 et celle des asiatiques de 2,83. La forte fécondité
de ces femmes s'explique par leur satisfaction de se trouver en France
et de pouvoir y accoucher dans la sécurité. Au bout de quelques années
de présence sur le territoire (et, a fortiori, pour le seconde
génération), leur fécondité rejoint celle des françaises. Mais d'autres
femmes arrivent, comme aujourd'hui les africaines.
Au total, on évalue à 0,2 la part de
l'indice synthétique de fécondité liée aux populations récemment
arrivées en France.
Ce qui ramène la contribution nationale à
1,73. Soit au même niveau que la Suède, par exemple.
Les chiffres depuis 1946
En 1998, les naissances dues à
l'immigration étrangère dépassent 21% des naissances (et 26 % en
comptant les rapatriés). Sources INED "La population de la France tome
2, Michèle Tribalat)
Dans une approche longitudinale de la
fécondité, on va suivre une génération de femmes nées une certaine année
et observer le nombre moyen d’enfants qu’elles ont à 20 ans, à 25 ans, à
30 ans…et à 50 ans. Pour cette génération de femmes on dispose ainsi de
la descendance moyenne à 20 ans, à 25 ans,…et enfin à 50 ans : ce
dernier chiffre est appelé, non sans raison, « descendance finale »
(moyenne) des femmes de cette génération. Pour les dernières générations
féminines ayant achevé leur vie féconde à ce jour, la descendance finale
a été d’environ 2,11 enfants par femme.
Dans une approche transversale, on va,
une année déterminée, observer les nombres d’enfants nés de femmes de 15
ans, de 16 ans, …, de 48 ans et de 49 ans, et calculer des taux de
fécondité par âge en rapportant ces nombres de naissances selon l’âge de
la mère aux nombres respectifs de femmes de ces âges. La somme des taux
de fécondité par âge ainsi calculés est l’indicateur « somme des
naissances réduites » : c’est le nombre moyen d’enfants qu’auraient au
cours de leur vie féconde des femmes ayant, à leurs âges successifs, des
taux de fécondité identiques aux taux observés par âge cette année-là ;
d’où le terme souvent utilisé d’indicateur conjoncturel de fécondité ou
d'indice synthétique de fécondité.
Si l’on veut, au plan sociologique,
étudier l’évolution de la fécondité des femmes dans le temps, le suivi
des valeurs successives de la descendance finale sera très intéressant à
prendre en compte.
Mais si l’on s’intéresse à l’évolution
démographique du pays, au remplacement des générations successives, à la
pyramide des âges et à divers problèmes d’avenir (emploi, chômage,
effectifs scolaires, retraites etc.), c’est à l'indice synthétique de
fécondité qu’il faut se référer.