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Mères au foyer  

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démonstration :

 è03 h 15 : Gabrielle (7 ans) a peur des voleurs. Elle se glisse dans notre lit afin de trouver du réconfort. Je me réveille, me lève, je la rassure, la gourmande et la reconduit chez elle.

 è07 h 01 : le réveil sonne. Je me lève après 5 minutes de grâce et vais préparer le petit déjeuner : mon café (pas le temps de manger) et les biberons des deux petites (lait + bouillie + médicaments divers). Pendant qu’ils chauffent, je réveille les trois grands et prépare leurs affaires sur les lits. Puis je vais tirer les petites de leur sommeil. Je bois mon café en donnant un biberon. De temps à autre, j’interpelle les « grands » pour m’assurer qu’ils ne se sont pas rendormis. Je m’habille (pas le temps de me maquiller), je fais trois ou quatre rappels à l’ordre pour les grands qui sont toujours dans leur lit, j’habille l’avant dernière, puis vais faire la police chez les aînés. Je brosse les cheveux de Gabrielle, noue ses lacets, ferme un cartable, gronde Philippe qui mange ses corn-flaxes dans la salle de bain. Il est 8h 10 : après avoir vérifié que chacun a mis son manteau et pris son cartable, départ pour l’école.

è08h 45. Je reviens de l’école. La maison est sens dessus dessous. Je range la cuisine, lave la table et balaye les corn flaxes. Je fais démarrer la machine à laver la vaisselle, je vide la machine à laver le linge qui a tourné pendant la nuit, plie le linge sec, étend le linge propre (une machine bien étendue prend 15 minutes au lieu de 10, ça économise environ 1 heure sur le temps de repassage). La cuisine étant remise en état, j’en profite pour éplucher un concombre et le mettre à dégorger pour le déjeuner.

 è09h 30 : je passe au rangement de la maison : faire les différents lits (dont un à changer car il y a eu un pipi), les jouets à ramasser, les pyjamas à plier (ou à mettre au sale)... Je compte environ 5 minutes par chambre plus 10 minutes pour les parties communes. Je passe ensuite dans les deux salles de bain pour ranger et ramasser les sacs à linge sale. Je fais démarrer une machine à 90 ° avec les draps souillés. Au passage, j’ai vu que l’un des WC est innommable (merci les garçons). Je le nettoie de fonds en combles (5 minutes). Cela tiendra 24 heures.

 è10h 10 : le « gros est fait ». Reste à habiller Marguerite, la dernière, qui nage dans une couche « pleine ». Je la hisse sur sa planche et la nettoie des pieds à la tête. Elle a pris un bain la veille au soir mais il faut récurer le nez, les fesses et les mains dans le détail. 10 h 25 : elle est pimpante et je me rends compte que je n’ai rien avalé depuis le café. Si je ne mange rien, je ne tiendrai pas le coup jusqu’à midi. Dix minutes, donc, pour prendre une  tartine en regardant le journal.

 è 10h 35 Je me mets au repassage : je ne repasse ni les draps, ni les pyjamas des enfants. Je me contente de plier les culottes. Le linge a été étendu dans la forme où il sera repassé, ce qui gagne du temps. Les chemises ont séché sur des cintres dans le même but. Le « gros poste » du repassage, ce sont les chemises d’homme. Je compte 12 minutes par chemise pliée, ce qui est déjà un exploit. Ma femme de ménage compte 20 minutes. Qui inventera le cintre chauffant et gonflant pour gagner du temps sur le repassage des chemises? Sur une semaine, je consacre 1 heure 1/4 rien qu’au repassage des chemises. Le second poste lourd du repassage, c’est le rangement des affaires dans les placards respectifs. Pour gagner du temps, il faut faire un tri rigoureux et un empilement intelligent. Au fil des ans, ma technique est devenue très performante.

 è11 h 30 : il faut envisager de préparer le déjeuner. Je range la table à repasser (c’est très long à installer puis à ranger. Qui inventera un système astucieux ?). Je vide la machine à laver la vaisselle (5 minutes), je rince puis sèche les concombres, les assaisonne et mets un vague couvert. Je hache la viande de la veille pour Marguerite et la mélange avec un peu de purée PICARD (merci, PICARD !)

 èMidi moins le quart : zut ! Le temps a filé, j’enfile le manteau du bébé, lui colle un bout de pain dans la bouche car elle a faim, embarque la poussette et file à l’école chercher Jeanne, l’avant dernière qui est en petite maternelle.

 è 12 h 15 : retour. Après les pipis d’usage je mets deux steaks à cuire et, pendant qu’ils grillent, fais réchauffer le brouet de la dernière et le lui administre (« Oh, le bon déjeuner ! Comme tu vas bien grandir ! Non ! pas la main dans la bouche ! »). Le plus dur étant passé, je me mets à table avec Jeanne pendant que Marguerite grignote un bout de pain. Je négocie que Jeanne avale un peu de concombres, découpe son steak et le mélange avec la purée. Puis, vient le moment tant attendu du yaourt au fruit. L’appétit de Jeanne se réveille et elle le dévore avec gourmandise pendant que je donne le sien à Marguerite. Vite, avant de n’avoir plus de courage, je me prépare un café. Si je ne le bois pas dans la foulée, je serai complètement amortie pour le reste de l’après-midi.

 è 13h 30 : les panses sont pleines, les têtes dodelinent. Repipi et « à la sieste »! Je range la cuisine et regarde ce que nous allons manger pour le dîner (qui inventera le repas à base de pilules ? Moi j’y souscrirai bien un repas sur deux). Je prépare une soupe (10 minutes d’épluchages) et une salade (5 minutes). Le plat principal sera des pommes de terre PICARD (merci PICARD) et des compotes toutes faites (merci ANDRES).

 è14 h 30 : j’ai fini le dîner et j’ai l’impression d’avoir l’après midi devant moi ! J’accueille la femme de ménage qui vient 2 heures, deux fois par semaine. Heureusement que je l’ai ! Elle me fait le gros ménage c’est à dire serpillière, aspirateur, salles de bain, poussières, etc. Quant à moi, je fais l’urgent (comme les WC) et l’accidentel (une tache sur la moquette, ...). Après les 5 minutes de conversation d’usage, je passe un ou deux coup de fil indispensables et remplis un papier de Sécurité Sociale.

  è15 h : le répit fut bref : Marguerite est réveillée et pleure. Je la sors de son lit et hume un parfum sans équivoque. Après un nettoyage approfondi, je lui change sa couche et gazouille cinq minutes avec elle. Je sors ensuite la machine de linge du matin et l’étends. J’arrrête la cocotte minute où cuit la soupe. Quinze minutes plus tard, c’est au tour de Jeanne de se réveiller. Elle fait pipi, je la  rhabille et, ensuite, je n’ai plus le temps de rien entreprendre ; il faut aller chercher les grands à l’école. J’habille ces demoiselles, laisse quelques consignes à la femme de ménage et part pour l’école.

 è 16 h : je suis devant la sortie de l’école des garçons avec mes collègues mères de famille. Papotis et papotas se poursuivent au jardin public où nous attendons la sortie de Gabrielle (qui est dans une école privée dont les horaires sont différents, sinon, ce n’est pas drôle). Je distribue les goûters en surveillant qu’ils n’assomment pas un camarade et qu’ils ne s’éloignent pas trop. La conversation est interrompue régulièrement pour arbitrer une dispute, moucher un nez, consoler un blessé ou retrouver Jeanne qui a disparu.

è 17 h 15 : l’équipe est au complet et nous sommes de retour à la maison. Après le quart d’heure de discipline (« Range ton manteau », « Ne laisse pas ton cartable dans l’entrée », « Non ! tu as assez goûté ! » « Vas faire pipi au lieu de te tortiller »), nous passons aux choses sérieuses pendant que les plus petites entament un nouveau jeu (vider le placard) : c’est l’heure des devoirs. Comme chacun sait, le devoirs écrits sont interdits en primaire. Rassurée, je fais deux exercices de conjugaison (écrits) pour Philippe plus trois multiplications à deux chiffres. ¾ d’heure et deux paires de claques après, c’est au tour d’Ambroise dont le programme paraît plus léger. Erreur! L’énoncé de l’exercice de « math » est si obscur que je dois appeler une collègue-mère de famille pour savoir ce qu’elle a compris. Elle aussi est dans le bleu. Nous nous décidons à retenir une hypothèse, je fais faire l’exercice et annone une poésie de Prévert. Entre temps, j’ai collé Philippe dans un bain et envoyé (sans trop d’illusions) Gabrielle faire son piano. Le travail d’Ambroise effectué, je le mets à son tour à tremper, fais sortir Philippe (après m’être assurée que les endroits sensibles aient été lavés) et passe au travail de Gabrielle. Miracle chaque jour renouvelé : sa maîtresse est de la veille école et je comprends ce qu’il y a à faire ! Nous évacuons les devoirs en 15 minutes.

 è 18 h 45 : je colle les filles au bain (la dernière sous la surveillance des premières), évacue Ambroise qui joué à « Action Man » dans une eau trouble et tiédasse (et qui en a mis partout) puis mets les pommes de terre Picard (merci PICARD !) à frire. Je retourne en tremblant voir ce qui se passe chez les filles, sors, sèche et habille Jeanne, donne son peignoir et des consignes précises à Gabrielle, passe du savon sur Marguerite et l’emporte sur sa planche pour la rhabiller.

 è 19 h 15 : pendant que les grands avalent tant bien que mal leur soupe (la soupe, c’est nécessaire pour qu’ils mangent des fibres. Je suis responsable de l’équilibre diététique de 7 personnes : tous les jours je dois donc composer des menus équilibrés), je donne la sienne à Marguerite, préviens quelques disputes tout en donnant des explications philosophiques (pourquoi il ne faut pas cogner le petit garçon qui les a cognés), historiques (pourquoi les Anglais ont brûlé Jeanne d’Arc) et techniques (la différence entre un P 38 et une arquebuse). J’y ajoute quelques consignes « éducatives » (« tiens toi assis sur ta chaise », « ne mange pas ta salade avec tes doigts », « ceux qui ne mange pas leur soupe n’auront pas de dessert ») et quelques interventions-catastrophe (un verre renversé)

 è Ouf ! Ils sont sortis de table et agglutinés devant la télé (merci le programme d’Arte avant 20 h. Depuis 4 ans, pas une seule série violente ou vulgaire). J’en profite pour ranger la cuisine (15 minutes) et préparer la nuit : sortir les lits escamotables, mettre du dentifrice sur les brosses à dents, ranger les salles de bain, fermer les cartables.

è 19 h 45 : La série d’Arte s’achève et je veille à ce qu’ils n’enchaînent pas discrètement sur autre chose. C’est l’heure du coucher et mon dernier combat : il va me falloir 30 minutes, montre en main, pour que les 5 soient dans leur lit, lumière éteinte. Avant cela, je dois veiller à ce qu’ils se soient brossé les dents, qu’ils soient allé aux WC, que ceux qui en mettent aient leur couche pour la nuit, etc. Il ne faut pas tenir pour acquit qu’un enfant qui est dans son lit est couché : le plus souvent, il va se relever ! Il me faut donc répéter 3 à 4 fois par enfant la même consigne : « couche toi, j’arrive t’embrasser ». Si, par malheur, le téléphone sonne, il est sûr qu’à mon retour tout sera à recommencer.

 è 20 h 15 : ils sont couchés !!! Raide KO, je me jette sur mon lit en attendant le Retour du Guerrier. Il va falloir le faire dîner, assurer un minimum de conversation,  ranger une dernière fois la cuisine ( le rangement c’est plus d’une heure par jour au total) et faire partir la machine à laver le linge du lendemain...

 Compétences requises pour être une "mère" efficace

manuelles

morales

intellectuelles

d'organisation

bonne repasseuse

dévouement

bon niveau scolaire

savoir anticiper les tâches

-cuisinière passable

-bricoleuse et débrouillarde

- capable en couture

désintéressement (on n’est pas payé)

- égalité d’humeur

-sens éducatif

-aptitude à enregistrer les consignes

 

-savoir rationaliser les tâches (réfléchir en permanence au moyen de gagner du temps)

-avoir du sang froid

propreté rigoureuse

rapidité

-équilibre personnel

- mémoire

-savoir anticiper les achats

-économe

-sens et goût de l’ordre

-dextérité

-constance

-humour

 

-bon sens

- aptitudes à la gestion

-savoir gérer 5 ou 6 emplois du temps différents

-sens du commandement

    Une suggestion : renvoyer les hommes à la maison

            Souvenons nous des cuisines d’autrefois dans les demeures bourgeoises : elles étaient noires, malcommodes, sales... Leur équipement était indigent. Cet état de fait a cessé lorsque le personnel domestique a disparu et que c’est Madame elle-même qui s’est retrouvée devant les fourneaux.

            Peut être que si nous renvoyons les hommes à la maison, ils se décideraient à investir plus de matière grise dans l’amélioration du travail et de la reconnaissance du ... père de famille. Peut être que si nos élus devaient repasser eux mêmes leur chemise, ils se décideraient à solvabiliser l’accès des pères de famille au bénéfice des emplois familiaux...

 

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