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Mères au foyer / mères à mi-temps :

victimes, oui, mais de qui ?

 

 

Qui a dit ?

« Il faudrait se demander pourquoi on accepta si facilement de dévaloriser le travail (et le statut) des femmes au foyer, au lieu de critiquer l’exploitation dont il faisait l’objet » ? [1] 

           

 

Les mères au foyer ou à temps partiel ne sont pas victimes parce qu’elles sont au foyer. Elles sont victimes parce que la situation qui leur est faite, en tant que mère au foyer ou à temps partiel, est scandaleuse.

 

            Les mères au foyer ou à temps partiel sont en général des mères de famille nombreuse.

          Le taux d’activité professionnel des femmes a considérablement progressé. Avoir une activité professionnelle est devenu la norme  et les mères au foyer l’exception : avec 1 enfant, 15 % seulement des femmes de moins de 40 ans sont au foyer. Avec 2 enfants, elles ne sont encore que 22 %, mais avec 3 enfants ce chiffre monte à 48 % et  avec 4 enfants et plus, ce sont 70 % d’entre elles qui ont abandonné leur activité professionnelle.

 

            Quant aux mères de famille nombreuses qui restent en activité, elles sont 48 % à le faire à temps partiel.

 

Quels sont les droits sociaux des parents en tant que tels ?

 

Couverture maladie : curieuse morale …

 

Dans notre pays, vous êtes couvert par l’assurance maladie si vous exercez une activité professionnelle ou si vous couchez avec un assuré social. En bénéficient les femmes au foyer dont le mari est présent. C’est aussi le cas de concubines et des PACSées. Mais si vous élevez seu(le) des enfants, à moins d’avoir trois enfants[2], point de couverture gratuite : il vous  faut cotiser à la CMU.

Pour la Sécurité Sociale, il est manifestement beaucoup plus utile et méritoire de s’occuper de l’épanouissement sexuel d’un assuré que d’élever des futurs cotisants

 

 

Retraite : un incroyable machisme …

            C’est là que se trouve le plus grand scandale.

=> Voir notre fiche : femme, retraite

 

Prestations familiales : le règne du paternalisme

 

            Dans ce domaine, le plus grand paternalisme règne. Alternent en effet des politiques où l’Etat cherche à encourager les mères au foyer en subventionnant ce comportement et des politiques où ils les découragent en les pénalisant financièrement.

 

            Certaines prestations encouragent les mères à rester au foyer : Il en est ainsi de l’Allocation Parentale Education (APE) allocation d’un montant de 493 € par mois versée aux femmes qui restent au foyer pour élever au moins deux enfants dont un de moins de 3 ans.

            Accordée sans conditions de ressources, cette allocation est, toutefois, soumise à des conditions d’activité professionnelle antérieure qui éliminent 45 % des jeunes femmes du bénéfice de cette prestation.

            Motif invoqué : il ne faut pas encourager les mères qui s’arrêtent totalement d’exercer une activité professionnelle, ce serait un « mauvais service à leur rendre ». Seules celles qui s’arrêtent temporairement méritent d’être subventionnées. On avance, pour prouver cela des chiffres parfaitement fantaisistes sur les difficultés qu’auraient les bénéficiaires de l’APE à retrouver un emploi.

            En vérité, pareille discrimination s’explique par deux motifs :             Le premier est qu’en encourageant les femmes à arrêter leur travail on espère diminuer les statistiques du chômage.             Le second est que la condition d’activité antérieure permet de réduire beaucoup le coût de l’APE. Etendue à toutes les mères, l’APE coûterait 3,8 Milliards d’€ et bénéficierait à 725 000 femmes. Réservée à celles dont le comportement est politiquement correct, elle ne coûte que 2,8 Milliards d’€ et ne concerne que 500 000 familles.

 

Certaines prestations, au contraire, découragent au contraire les femmes de rester au foyer.

            Il en est ainsi des prestations familiales sous conditions de ressources pour lesquels le plafond de revenu est plus sévère lorsque la mère n’a pas d’activité professionnelle que lorsqu’elle en a une. C’est le cas de l’Allocation Pour Jeune Enfant (159 € par mois lorsque l’enfant a moins de 3 ans) et du complément familial (144 € par mois pour les familles comptant au moins trois enfants).

            Si, dans la Famille Véron, Madame est au foyer pour élever trois enfants, elle sera privée de complément familial à partir de 2 078 € par mois de revenu dans le ménage. Si en revanche, Mme Véron a une activité professionnelle, le complément familial ne sera supprimé qu’a compter de 2 542 € par mois de ressources ! Pourquoi ? Parce qu’on veut encourager le travail professionnel féminin

            Le fait d’être au foyer est pénalisé car il n’est pas « politiquement correct » aujourd’hui. Ce comportement ne cesse d’être suspect que s’il a pour effet immédiat de dégonfler les statistiques du chômage.

 

***

 

            Etre au foyer, travailler à temps partiel sont des choix actuellement réprouvés, la nouvelle norme voulant qu’une femme exerce une activité professionnelle même avec de jeunes enfants. De ce fait, la situation économique et sociale des mères au foyer ou à mi temps est extrêmement défavorable.

 

            Afin de n’avoir pas à reconnaître les injustices dont ces femmes sont victimes, les pouvoirs publics nient les services - pourtant éminents - qu’elles rendent à la société : préparation des retraites, éducation des jeunes, travaux domestiques, soins aux personnes âgées...

[1] Sylviane AGACINSKI, Madame Lionel JOSPIN à la ville ... (« Politique des sexes », le Seuil, 1998)

[2] Trois enfants et un mari décédé après le 1ier février 1992. S’il a eu le mauvais goût de mourir avant, vous êtes exclue de l’assurance maladie gratuite…

 

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  © Dominique Marcilhacy