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Comment loger les S.D.F. ?
Malgré
l’amélioration de l’emploi depuis trois ans, le recul de la pauvreté et de
l’exclusion est très timide, si recul il y a. Les jeunes trouvent un peu plus
facilement du travail, les chômeurs pourvus de certaines qualifications également
(on observe même de nombreuses offres d’emploi qui ne parviennent pas à
trouver preneur, dans diverses professions), mais beaucoup de personnes restent
hors course. Et, une fois de plus, l’hiver va survenir sans que des
dispositions suffisantes soient prises en faveur de ceux qui vont l’aborder
sans disposer d’un logement convenable.
L'Union
des Familles en Europe ne prétend pas avoir “ la solution ”, mais
des améliorations pourraient être apportées, auxquelles pensent celles et
ceux qui, dans nos associations, se trouvent directement en prise avec ces
situations dramatiques.
D’abord,
les hébergements de SDF. C’est à la fois une question de nombre de places et
de qualité. Il n’est pas convenable que des hommes et des femmes dorment sous
des cartons, ou squattent des stations de métro, parce que les asiles de nuit
sont pleins, ou pires encore que ces solutions de fortune. A qui fera-t-on
croire que les moyens financiers sont introuvables ?
Le
problème des asiles de nuit, c’est la promiscuité et la discipline. Combien
de SDF s’y sont fait dépouiller de leurs papiers et de leurs maigres biens ?
Combien y ont été auteurs ou victimes de bagarres ? Combien n’y vont
que par grand froid, parce qu’ils ne supportent pas de devoir être présents
à dix-sept heures pour avoir une place ? La solution est simple : des
chambres individuelles, conservées d’une nuit sur l’autre par les “ sédentaires ”.
La
nuit en dortoir collectif coûte aux organismes gestionnaires à peu près
autant qu’une chambre en “ formule 1 ”, un peu plus de cent
francs. Le caractère collectif entraîne en effet des frais spécifiques.
Pourquoi ne pas étudier des solutions individuelles, qui permettraient à ces
personnes de disposer d’un endroit sûr et intime ? Cela ne coûterait
pas nécessairement plus cher que d’avoir à leur redonner des vêtements
qu’elles se font voler régulièrement, de devoir les soigner pour des coups
attrapés du fait de l’hébergement collectif, etc. En outre, cela pourrait
constituer dans certains cas un premier pas en direction de la réinsertion.
Ensuite,
le problème de l’obtention d’un logement “ normal ”. Il en
existe assez qui sont vacants, le problème n’est pas matériel : il est
humain et financier.
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Financier, parce que l’entrée dans un logement est très difficile pour qui
n’a aucun pécule : comment payer la caution, le loyer d’avance,
comment faire l’avance de trésorerie jusqu’à l’arrivée des prestations
logement, comment acheter quelques meubles et ustensiles de ménage ?
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Humain, parce que les personnes concernées ne sont pas toujours prêtes à se
comporter comme on attend implicitement que le fasse un locataire, un voisin, et
cela pour des raisons qui peuvent être très différentes selon les cas.
Pour
tenter de résoudre la question financière, il a été créé un FSL, Fonds
Solidarité Logement, qui peut attribuer des aides, en général par l’intermédiaire
d’associations agréées.
C’est
évidemment mieux que rien, mais, de l’avis même de ceux qui l’utilisent
pour les personnes dont ils s’occupent, ce n’est pas la panacée. Pourquoi
ne pas réfléchir à une extension
de l’allocation logement aux SDF et aux ménages trop mal logés pour y avoir
actuellement droit, sous une forme spécifique : l’allocation ne leur
serait pas versée, puisqu’ils n’ont pas de loyer à payer, mais serait
capitalisée sur un compte qui pourrait être utilisé pour payer les frais
d’entrée dans un logement décent. Cette formule diminuerait l’injustice
dont sont victimes les Rmistes les plus pauvres, ceux qui n’ont pas de toit,
ou du moins pas de logement ouvrant droit à l’allocation logement : la
société dépense pour eux environ mille francs de moins par mois que pour les
autres ! Jacques BICHOT - tous droits de reproduction réservés - |