Pediculus capitis tient en haleine des millions de parents à travers le monde
pendant l’année scolaire. Contre cette pathologie, certes bénigne mais néanmoins
irritante quand elle est installée dans nos chères petites têtes blondes, un
certain nombre de produits vantent leurs effets au moment de chaque rentrée :
aux Etats-Unis, ces dépenses représentent plus de 350 millions de dollars par
an. Ce parasite hématophage aime s’installer autant dans des cheveux propres que
dans des cheveux sales et la femelle pendant les 10 jours de sa vie pond environ
300 œufs d’où l’action nécessaire à deux niveaux.
K. N. Jones et coll. présentent une revue des thérapeutiques envisageables pour
lutter contre les poux. Tout d’abord, le lindane tue à la fois les adultes et
les œufs (lentes). Ses effets secondaires, ses contre-indications et
l’apparition de résistances ont fait qu’il a été délaissé au profit d’autres
molécules. Parmi elles, la pyréthrine est essentiellement pédiculicide et
nécessite donc une 2ème séance une semaine plus tard. Ce produit n’engendre pas
d’effets secondaires majeurs mais doit être évité chez l’enfant de moins de 30
mois. Le malathion est à la fois pédiculicide et lenticide. Les résistances sont
rares ainsi que les effets secondaires, son odeur est simplement très
désagréable. Il ne doit pas être employé chez les moins de 2 ans et la femme
enceinte. D’autres produits ont été testés aux Etats-Unis (ivermectine,
triméthoprime-sulfaméthoxazole, lévamisole, des mixtures à base de mayonnaise et
de pétrole) mais ne sont pas encore validés, et dans le genre culinaire, l’acide
formique ou vinaigre, semble effectivement avoir une action sur les lentes.
Entre 1995 et 2002, le centre anti-poison de Lille a reçu 121 appels pour des
intoxications aux produits anti-poux (pyréthrine, malathion) chez les enfants :
dans 105 cas, il s’agissait d’accidents domestiques classiques et dans 16 cas,
d’un mauvais usage du produit. Ainsi, ces produits présentent peu de risques si
les règles d’utilisation sont respectées. Le traitement choisi doit associer
efficacité, bonne tolérance, facilité d’utilisation. Le clinicien doit tenir
compte de la sévérité de l’infestation, du nombre de récurrence, du degré local
de résistance et du risque de transmission : les pyréthrinoïdes sont en général
proposés en 1ère ligne de traitement, puis le malathion. Des associations
thérapeutiques peuvent être nécessaires et l’apport bénéfique de l’acide
formique est à prendre en considération. Le traitement des sujets contact est
nécessaire et le lavage à 60°C des draps, des vêtements est recommandé. Même si
un traitement efficace existe, on a presque envie de dire que les poux existent
depuis toujours et qu’ils ne sont pas prêts de disparaître !
Dr Valérie Robin.
Jones KN et coll. : “Review of common therapeutic options in the United States
for the treatment of Pediculosis capitis.” C I D, 2003, 36 : 1355-1361. ©
Copyright 2003 http://www.jim.fr