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La vie en rose

 

 

- Le gâteau de la mère de famille

- Comment répondre au téléphone en présence d'enfants

- faire les valises des vacances

 

 
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le gâteau mère de famille

 

Allumer le four, sortir les ustensiles et les ingrédients nécessaires. Enlever de la table le jeu de construction et les autos du petit. Beurrer un moule, piler des noisettes. Mesurer deux tasses de farine. Retirer de la farine les mains du petit ; laver les mains du petit. Mesurer à nouveau la farine. Mettre la farine, la levure et un peu de sel dans un tamis. Ramasser les morceaux du bol que le petit vient de casser. Chercher un autre bol. Descendre ouvrir la porte. Retourner à la cuisine. Enlever du bol les mains du petit. Laver le petit. Beurrer un autre moule. Répondre au téléphone.

Revenir à la cuisine et retirer du bol les mains du petit. Courir après le petit qui a fait tomber le bol de la table. Laver les carreaux de la cuisine, la table et les ustensiles. Téléphoner au pâtissier. S'allonger un peu en attendant l'arrivée du pâtissier. Ce gâteau est délicieux avec le thé ou le café au lait.

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Comment répondre au téléphone en présence d'enfants tout en entretenant sa forme

Si vous avez des enfants, vous savez que dès que le téléphone sonne, ceux à qui l'appel n'est pas destiné ne trouvent pas meilleur moment pour se rappeler ce qu'ils avaient à vous raconter, ou/et qu'ils voulaient à boire, et puis aussi vous présenter les cahiers à signer : en tout cas TOUT pour vous rendre complètement fou et vous faire dire à votre interlocuteur que vous allez le RAPPELER.

Vous êtes fatigué que les enfants tirent sur votre chandail en criant maman (ou papa) pendant votre conversation téléphonique ? Voici le moyen idéal de réussir à avoir une conversation quasi-normale.

La première chose à faire est de s'équiper d'un téléphone sans fil. Ensuite le principe est le suivant : il s'agit de marcher (ou de courir, ça dépend de la vitesse de vos enfants) d'une pièce à une autre pendant votre conversation (plus grand est votre appartement, mieux c'est). Bien sûr il est important que la personne à qui vous parlez soit au courant de votre méthode : vous éviterez ainsi à votre interlocuteur de vous conseiller de faire soigner votre asthme. Lorsque vous êtes à bout de souffle, vous allez vous enfermer dans la salle de bains pour un petit répit et vous reprenez la course dès que ça va mieux. Excellent pour votre forme physique ! Ah ! les enfants ! c'est bon pour la santé !

bulletVALISES EN STOCK

Je me l’étais promis. Cette année, pour les vacances, je ne serais pas prise de cours par la rude tâche de faire les valises de ma famille de sept personnes. J’avais mis un point d’honneur à vouloir faire preuve d’un sens de l’organisation et de la prévoyance au delà de celui du commun des mortels.

Je savais que j’en étais capable. J’en avais au moins une preuve. Lorsque, jeune mariée, j’avais participé avec mon mari à un petit voyage organisé de quatre jours à Moscou au mois de novembre, j’avais été la seule à ne pas grelotter sur la place Rouge car, malgré l’été indien qui réchauffait alors encore Paris, j’avais emporté ma plus chaude pelisse. Savoir prévoir, ce n’est pas si compliqué.

Revenons à notre mois de juillet. A J-8, début des grandes manœuvres, dans ce recoin que j’ai pompeusement baptisé de buanderie (j’ai hésité avec « salle de torture » mais, malgré la nouvelle vague publicitaire du « sado-maso-porno-chic », j’ai eu peur de la détérioration de mon « image »).

Donc, au lieu de remettre au lendemain les lessives qui pouvaient être faites immédiatement, j’avais décidé de les faire strictement et scrupuleusement au fur et à mesure. Dès que la machine s’arrêtait, je la remettais en route. Ainsi je comptais trouver des placards bien remplis, dans lesquels je n’aurais plus qu’à faire mon choix au moment de faire les valises.

Equipée d’un minuteur pour pister les cycles de ma machine, je veillais sur mon linge comme sur du lait sur le feu. Active, mais psychologiquement sereine, je voyais les derniers jours passer, toute à ma  joie de transporter bientôt ma famille sous des cieux distrayants (j’ai failli dire « reposants » mais… ça dépend pour qui !)

Enfin, la veille du départ arriva. Dès le petit matin, je décidai de mettre tous les atouts de mon côté : un solide petit-déjeuner, un savon de douche dit « relaxant », un disque de musique spéciale anti-stress, et me voilà au travail.

Pour une fois, j’ai commencé par la valise parentale, et même, par mon compartiment personnel. C’était pour commencer dans la bonne humeur. Au fond, c’est un peu comme quand on se choisit une tenue le matin, sauf qu’on en choisit plusieurs. On prend les hauts et les bas coordonnés, les bijoux, les accessoires. On s’imagine déjà faisant sensation avec ces petits ensembles sur une peau vite bronzée, délestée de tous ces affreux kilos de l’hiver (euh… pardon, je m’égare ! j’avais oublié que je sortais à peine d’une allergie au régime…). Alors, bien sûr, il a fallu empiéter un peu sur le compartiment de mon homme qui s’est trouvé considérablement réduit, notamment à cause de mon séchoir à cheveux, qui, cette fois-ci, a voulu partir avec tous les accessoires à friser, gaufrer, lisser (et j’en passe), pour fêter mes nouveaux cheveux longs.

Et nous voilà arrivés à la fin de la période rose du film « Faire les valises ». Mon homme entra en scène. J’avais suggéré l’excellente idée de lui faire coller une journée de RTT (1) la veille de notre départ (pour partager en couple amoureux les joies des valises – Chéri, prends un jour de RTT avant de partir, tu verras, tu seras bien plus en forme pour conduire ». Réponse : « M’en fous, puisqu’on se relaye au volant. ». Réplique : - oui, mais non, en fait… tu sais, depuis la fois où j’ai failli m’endormir au volant, je me sens plus rassurée quand c’est toi qui conduit. »…

Donc, après avoir fait toute petite ma pince à gaufrer dans son coin de valise, j’appelai le Grand Chef dans son  placard pour qu’il fasse son choix parmi ses vêtements. Et c’est là que se produisit la première crise : « Et comme tricots, qu’est-ce-que tu veux emporter ? ». Réponse : « Le vert et le bleu, ce sont les seuls dans lesquels je rentre encore dedans. » (2) – Tiens, mais au fait, où sont-ils ? je ne les ai pas vus à la buanderie ! Mais… qu’est-ce qu’ils font là, tous les deux en tas, par terre, SALES ??? » (3)

Par égard pour mes lecteurs, que je ne souhaite pas lasser, je ne décrirais pas ce que l’épreuve des valises de cinq enfants entre 3 ans et 14 ans, peut représenter. D’autant que les exclamations censurées ne peuvent décemment pas constituer l’essentiel d’un texte.

Sachez simplement que nous avons repêché dans les divers coffres à jouets environ 75 % du stock des slips de notre numéro 4 – âgé de six ans. Que j’ai découvert un nid à linge sale monstrueux, datant peut-être de plusieurs mois, derrière le placard d’un de nos ados, et qu’à deux heures du matin, je séchais toujours des tricots au séchoir à cheveux (débarassé de son accessoire à gaufrer). Je ne vous cacherai tout de même pas que, lorsque nous arrivâmes sur notre lieu de villégiature, je déballai un linge quasiment humide.

Cela dit, le RTT fut quand même une excellente idée. L’humeur du chauffeur s’en est trouvée considérablement améliorée. C’est tout de même bien de commencer les vacances dans la bonne humeur ! 

(1)    RTT, ou réduction du temps de travail pour ceux qui reviennent juste d’un séjour prolongé dans la lune.

(2)    Précisons que l’allergie au régime est une maladie violemment contagieuse.

(3)    Vocabulaire, qui malgré sa richesse et sa diversité, est strictement censuré. Renseignez-vous auprès de nos voisins. 

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copyright : Béatrice Stella