Il y a eu 744 100 naissances en
1999 (779 000 en 2000 NDLR), ce qui correspond à un taux de natalité de 12,6 p. 1000 habitants et à
un indicateur conjoncturel de fécondité de 1,77 enfant par femme (1). Natalité
et fécondité marquent une légère augmentation par rapport aux niveaux bas
observés en 1993 et 1994 ; sur ces cinq ans, la progression annuelle est de
l'ordre de 7 000 naissances et de 0,02 point d'indice de fécondité. Du moins
celui-ci retrouve t-il le niveau arrondi de 1,8 enfant par femme observé de
1976 à 1979 et de 1983 à 1991 (2).
Cette hausse modérée
va-t-elle se poursuivre, s'accélérer, s'interrompre? Il n'est pas interdit de
penser que l'embellie économique, la baisse du chômage, le maintien des taux
d'intérêt à des niveaux bas jouent à la hausse de la fécondité,
puisqu'elles bénéficient aux couples, en réduisant les délais nécessaires
pour trouver deux emplois compatibles et en allégeant les charges de
remboursement d'emprunts. Mais des générations moins nombreuses arrivent
maintenant à l'âge de la fécondité, ce qui joue à la baisse du nombre des
naissances, en réduisant le nombre de parents potentiels. Il est vrai que cela
peut contribuer à la baisse du chômage, en réduisant aussi le nombre de
demandeurs de premier emploi.
En 1976, le nombre de naissances passa
par un premier minimum de 720 000, 370 000 garçons et 350 000 filles. En 1999,
la génération née cette année-là a eu 23 ans, alors que les générations féminines
qui concourent à la procréation ont un effectif moyen de 420 000, venant d'un
maximum de 430 000, et devant s'abaisser à environ 400 000 d'ici 2005. De ce
fait, il faudrait une hausse de l'indice conjoncturel de la fécondité de 1,77
à 1,86 enfant par femme pour observer le simple maintien du nombre de
naissances annuelles autour de 745 000. En d'autres termes, même si on imagine
que la France retrouve, d'ici 2005, à la faveur de l'amélioration de la
situation économique, un indice conjoncturel de fécondité de 1,9 voire 2,0
enfants par femme, cela ne suffirait pas pour qu'elle retrouve un nombre annuel
de naissances voisin de 800 000.
Surtout, cette éventuelle reprise de
la fécondité impliquerait une rupture nette des comportements actuels, caractérisés
par la baisse de fécondité aux jeunes âges, l'augmentation de l'âge moyen à
la procréation, passé de 26,8 ans en 1980 à 29,3 ans en 1998, et par la décroissance
de la descendance finale des générations successives : les dernières
projections disponibles envisageaient qu'elle s'abaisse de 2,1 enfants par
femme, pour la génération féminine née en 1960, à environ 1,9 pour celle née
en 1967 (3). Cette rupture impliquerait en particulier que la fécondité des
jeunes générations, celles nées à partir de 1975, se mette à augmenter dès
avant 25 ans, ce que rien n'assure pour l'instant.


(1) Avec l'estimation basse de la
population, issue du recensement de 1999, le premier s'élèverait à 12,7 et le
second à 1,79.
(2) En 1980, 1981 et 1982, l'indice s'était
passagèrement élevé à 1,9 enfant par femme.
(3) France PRIOUX : "L'évolution
démographique récente", Population, n°3, 1999, Ined, p 449-480. Voir
aussi : Vingt-huitième rapport sur la situation démographique de la France,
1999, Ined.