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Histoire de l'UNAF

 

Au XIXième siècle Le mouvement familial trouve son origine en France à la fin du XIXième siècle. Il naît de la révolte des familles nombreuses terriblement paupérisées et de la prise de conscience d’une partie de la classe politique des dangers de l’affaissement démographique. Le péril Allemand en est un facteur essentiel.

 Le souci démographique va s’étendre à tous les partis politiques au cours de la première moitié du XX ième  siècle. S’en suivent les premières lois « familiales » telles que l’instauration de la fête des mères, de la médaille de la famille française, les bonifications familiales des retraites des fonctionnaires ou des réductions SNCF dans les années 20. Ces mesures publiques sont accompagnées par des initiatives privées comme la création des premières allocations familiales par le moyen de caisses de compensation patronales.  

En même temps qu’ils procèdent à un lobbying intensif sur le sujet, les différents mouvements familiaux apprennent à travailler ensemble. Les points de vue des associations de familles nombreuses (la Ligue des Familles nombreuses, la Plus Grande Famille) tendent à se rapprocher des mouvements ouverts à toutes les familles (la Fédération Générale des Familles, le Moulin Vert). La division et les rivalités de personnes sont perçues comme un obstacle au progrès de la Cause.

 Pourtant, à l’aube de la seconde guerre mondiale, l’idée familiale est partagée par tous et c’est à l’unanimité que la chambre issue des urnes du Front Populaire vote en 1939 le « Code de la famille » qui prévoit notamment la généralisation des allocations familiales.

 Les premières années du gouvernement de Vichy voient les mouvements familiaux participer sans état d’âme aux réformes familiales du Maréchal (qui, en fait, ne seront pas considérables – l’essentiel ayant été fait en 39).

C’est à cette époque que naît l’UNAF, appelée à l’époque « Fédération Nationale des Familles ». Les différents mouvements familiaux ne sont pas dissous mais appelés à s’unir dans cette fédération chargée du monopole de représentation des familles auprès des pouvoirs publics. La fédération nationale est relayée dans chaque département par une fédération départementale et, localement, par une association familiale unique. Le gouvernement exerce une tutelle assez forte sur les activités de ces structures. La FNF issue de cette « Loi Gounod » (DL du 29 décembre 1942) n’aura pas vraiment le temps de commencer à travailler.

 En 1945, malgré certaines contestations, cette vision corporatiste de la représentation familiale est reprise par l’ordonnance du 3 mars 1945. La nouvelle organisation baptisée UNAF reprend l’essentiel des dispositions Vichyste (le monopole de représentation, l’organisation pyramidale) à quelques différences près : la tutelle de l’Etat est allégée et l’association locale unique disparaît.  

Ainsi que l’écrivait René THERY (Droit Social 1954 p 362 à 512)

« Sans doute, l’ordonnance du 3 mars 1945 a-t-elle expressément constaté la nullité de l’acte dit « loi du 29 décembre 1942 », souvent désignée sous le nom de « Loi Gounot » ; mais ce fut pour reprendre dans un contexte plus libéral, l’ensemble des dispositions qui venait de sombrer ».  

« L’association de familles de la Loi de 1942, la corporation paysanne, le syndicat unique de la charte du travail sont également des organismes semi publics investis d’un monopole de représentation. La chute du régime de Vichy rend ensemble la liberté aux mouvements professionnel et familial : à vrai dire, ce retour est moins marqué pour le second que pour le premier : les faveurs officielles sont réservées à l’union des associations familiales tandis qu’elles vont également à tous les syndicats professionnels ».

Depuis 1945, la vie « institutionnelle » de l’UNAF a été marquée par deux évènements :  

La sortie et le retour de mouvements familiaux :

Ø     à la fin des années 50, les associations familiales ouvrières quittent l’UNAF pour y revenir au milieu des années 1975 sous le nom de CSF (confédération familiale des Familles) avec un objectif d’entrisme affiché. La Confédération nationale du Logement quittera l’UNAF, quant à elle, de façon définitive.

Ø     La fédération des Familles Rurales, happée par le monde agricole, reste toujours tentée de prendre son indépendance : elle estime ne faire avec l’UNAF qu’un « chemin expérimental » et désire « faire connaître ses divergences » et « revendiquer des représentations ès qualité dans les instances officielles où sont en cause les familles rurales » (FFR – mai 1992).

Ø     Entre enfin à l’UNAF, dans les années 1990, l’UFAL (Union des Familles Laïques) qui est, en réalité un succube du Réseau Voltaire et de la gauche ultra libertaire. Se déclarant ennemie de la famille, l’UFAL tient néanmoins à profiter de la manne financière de l’UNAF.

Ø     Le début du XXIième  siècle voit la naissance d’une fédération d’associations familiales qui refuse délibérément d’entrer à l’UNAF (Union des Familles en Europe – 22 000 adhérents)

 Depuis 1945, les moyens de l’UNAF n’ont cessé de croître :    

Pour exercer sa mission, l'UNAF reçoit une dotation calculée en pourcentage du montant des prestations familiales versées par la C.N.A.F. Le montant de cette subvention -appelée "Fonds Spécial" – était de initialement de 0,03 % puis de 0,07 %. Il fut porté à 0,1 % en 1993.

Le « Fonds spécial » s’élève en pour l’année 2003 à 23 millions d'€.

L'UNAF garde 7 millions pour son propre fonctionnement, répartit 15,4 millions entre les UDAF, 0,9 millions entre les URAF et ne verse qu' 1,3 millions aux Associations Familiales Nationales (5 %).

En outre, l’UNAF bénéficie de 650 000 € de subventions complémentaires pour le fonctionnement de ses propres services  (CNAF = 274 000 € ;  ministère de l'économie = 24 000 € ;  congés de représentation = 182 000 € ;  Fonds Spécial formation de bénévoles = 152 000 € ;  divers = 16 500 €)

Le financement public va donc pour 95 % aux UDAF et à l’UNAF, « institutions » qui se contentent de comptabiliser les adhérents des associations de terrain et « d’assurer la représentation des familles », c’est à dire de désigner des représentants bénévoles pour siéger dans divers comités.

L’institution a été réformée deux fois :  

Ø     en 1975 ont lieu deux changements importants : 1° les mouvements spécifiques sont entrés à l’UNAF (ce sont les mouvements qui défendent une catégorie particulière de familles : celles qui ont un enfant handicapé, les veuves, etc. ) 2°  les mouvements familiaux ont eu droit de cité en tant que tels au sein de l’UNAF. Auparavant, seuls les UDAF participaient à la vie de l’UNAF.

Ø     En 1981, l’UNAF (qui a déjà beaucoup vieilli) abroge la disposition de ses statuts imposant que le conseil d’administration de l’Union soit composé pour moitié au moins de pères et mères de famille ayant au moins 3 enfants et pour les 2/3 de pères et mères de famille ayant un enfant mineur à charge.

  © Dominique Marcilhacy

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