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De l'intérêt d'être fidèle

à un seul homme

 

De nombreuses études sont effectuées pour soit pour rechercher une corrélation entre des facteurs pathologiques, génétiques ou environnementaux maternels et le poids de naissance des bébés soit pour mettre en évidence une relation entre ce poids et l’état de santé ultérieur des enfants.

Lars Vatten et coll. de Norvège viennent d'effectuer une étude originale en s'intéressant à l'effet sur la santé du nouveau-né et du nourrisson d’un changement de partenaire masculin entre deux grossesses.

Cette équipe épidémiologique scandinave s’est appuyée sur les remarquables outils de recherche que constituent les registres de naissance et d’état civil et les fichiers statistiques norvégiens.

Entre 1967 et 1998, Lars Vatten et coll. ont repéré 456 458 femmes ayant eu deux enfants avec le même partenaire et 31 683 femmes ayant eu deux enfants avec des pères différents. Le phénomène ne concernait que 3 % des femmes en 1967-76 contre 10 % entre 1987-98. Pour tous ces enfants, le poids de naissance, l’âge gestationnel et la mortalité durant la première année ont été enregistrés.
Compte tenu de l’intervention de facteurs associés au changement de partenaire, les résultats ont été ajustés à l’âge maternel, au niveau d’éducation, à l’intervalle entre les grossesses (plus long lorsque le père du deuxième enfant est différent) et à l’année de naissance (pour lisser les différences dues au progrès médicaux).
Après ces ajustements, les risque de prématurité (<37 semaines d’aménorrhée), de petit poids de naissance (<2500 g) et de mortalité durant la première année sont significativement plus élevés pour les deuxièmes enfants nés d’un père différent (risque relatif [RR] respectif de 2, 2,5 et 1,8). Autrement dit le risque de décès durant la première année est augmenté de 80 % pour le deuxième enfant si sa mère a changé de partenaire !

Le risque pour le deuxième enfant est d’autant plus élevé que le niveau d’éducation maternel est haut. Ainsi, alors qu’un niveau d’éducation élevé est en règle générale un facteur de protection (d’ailleurs facilement compréhensible) de petit poids de naissance, il devient au contraire un facteur de risque supplémentaire en cas de changement de partenaire (RR : 3,8 chez les femmes ayant un niveau d’éducation élevé contre 2 seulement chez les femmes ayant un niveau d’éducation faible et ayant également changé de partenaire).

Comment expliquer ces constatations ?

Il était concevable d’imaginer un biais de sélection, les femmes changeant de partenaires étant plus souvent fumeuses, consommatrices d’alcool et ayant une alimentation moins équilibrée comme le montre une étude récente conduite également en Norvège. Cependant, dans cette hypothèse, les mêmes causes créant les mêmes effets, les premiers enfants de ces femmes auraient dus être également plus souvent prématurés et plus légers et avoir une mortalité infantile supérieure à la moyenne. Or, l’augmentation de ces risques n’était que très légère pour le premier enfant des femmes ayant changé de partenaires entre deux naissances.

Reste deux hypothèses principales, l’une environnementale, l’autre génétique.

Dans le premier cas le risque pour le nouveau-né serait lié à une détérioration du mode de vie qui accompagnerait le plus souvent le changement de partenaire pour des raisons socio ou psychologiques, mais cette étude n’offre pas les moyens de confirmer cette théorie.

Dans le deuxième cas il faudrait faire intervenir des facteurs génétiques tenant au père. Tout se passe en effet comme si le fait que la deuxième grossesse mette en contact la mère avec des antigènes différents ait des conséquences négatives pour le fœtus. Mais là encore ce travail ne permet pas de confirmer ou d’infirmer cette hypothèse.

 
                                                                      © Dr Anastasia Roublev


Vatten L et coll. : « Effects on pregnancy outcome of changing partner between first two births : prospective population study. » Br Med J 2003; 327: 1138-1142. © Copyright 2003 http://www.jim.fr