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Les enfants de "riches"

 

 

Les enfants des « riches » coûtent-t-ils aussi chers que les autres ?

 

 

 On pourrait penser qu’à partir d’un certain revenu un enfant de plus ou de moins ne change pas beaucoup le train de vie de la famille. 

 

oui

 l’enfant de « riches » semble même coûter proportionnellement plutôt plus cher à ses parents que l’enfant des familles moyennes ou modestes

  

Les premières conclusions allant dans ce sens sont tirées des données de l’enquête « Budget des ménages 1995 » de l’INSEE et porte sur 9 384 ménages français.

 Cette étude montre que le coût des enfant va croissant à mesure que le niveau de vie de la famille s’élève : de 20,9 % pour les familles du premier quintile, il grimpe à 34,8 % pour les familles du cinquième quintile.[1]

Des conclusions semblables ont été tirées de l’enquête budget des ménages pour 1989.

Coût du premier enfant suivant le milieu familial

 

 

 

 

 

 

 

 

Les secondes conclusions qui vont dans le même sens, sont tirées du panel européen de  1996 qui regroupe 5 326 ménages.

 Cette étude met en lumière une augmentation du coût de l’enfant encore plus sensible qu’avec les éléments tirés de l’enquête INSEE : le coût double entre le premier quartile et le second.

 Panel Européen 1996 1er quartile 2ème quartile 3ème quartile 4 ème quartile 10 % supérieurs *
1enfant 10,5 15,1 15 16,7 19,8
2 enfants 22,1 32,4 35,2 36,2 43,6
3 enfants 34,9 52,4 52,1 59 7

* familles dont les revenus sont supérieurs à 4 500 €  par mois                                                                   

Ces études réalisées rejoignent des études plus anciennes, notamment celle de Jérôme WITTWER (Economie et prévisions 1993) qui a examiné à l’aide de trois modèles différents l’évolution du coût de l’enfant selon les revenus de ses parents. Chacun des trois modèles aboutit à la même conclusion : le coût de l’enfant n’est pas plus léger pour une famille « riche » que pour une famille « pauvre », au contraire, il a tendance à augmenter.

  Cette augmentation du coût relatif de l’enfant est assez logique : selon la terminologie amusante des économistes, l’enfant est un « bien supérieur », c’est même un « bien de luxe » : cela signifie que les ménages souhaitent avoir des enfants qui réussissent mieux qu’eux mêmes. Ils sont donc près à leur consacrer autant d’argent que possible. 

  Dans les familles riches comme pour les familles pauvres, « on veut le meilleur pour ses enfants ».

 La différence entre elles, c’est que les familles modestes doivent renoncer purement et simplement à satisfaire certains besoins de leurs enfants alors que plus les familles ont de moyens financiers plus elles peuvent leurs offrir ce qu’elle jugent bons pour eux.

 Prenons l’exemple de la scolarité : les familles « aisées » de trois enfants et plus se caractérisent par  des dépenses d’éducation nettement plus importantes que la moyenne : elles comptent pour 10 % du budget contre 1 % pour la moyenne des autres[2]. Pour financer cela, ces familles se restreignent sur le restaurant et sur l’alimentation. Une famille pauvre ne dispose pas, quant à elle, de marge d’économie sur son budget restaurant (elle n’y va pas) ni sur son budget alimentation déjà très serré.

 Une autre illustration concerne le budget transport : dans les familles pauvres, il est comprimé. Dans les familles aisées, il augmente fortement lorsque les enfants grandissent. Ces adolescents se voient offrir une mobylette et pour certains d’une voiture.

              On peut contester ces résultats... mais, à fortiori, doit on éviter de prendre pour argent comptant les rapports qui affirment, sans études préalables à l’appui, où en sélectionnant seulement celles qui vont dans le sens de leurs conclusions, que le coût relatif de l’enfant diminue avec le revenu.

  1) Dés lors, au nom de quoi plafonner le quotient familial ?

2)Au nom de quoi refuser de prendre en compte la baisse de niveau de vie que subissent les familles aisées lorsqu’elles ont des enfants ?

3) Au nom de quoi les taxer plus durement que des ménages sans enfants ayant le même niveau de vie ?

Aucune considération d’ordre scientifique ne le permet.

Persistent les considérations d’ordre idéologique...

Tous droits de reproduction strictement réservés à Dominique Marcilhacy

[1] L’échelle utilisée par l’équipe de François GARDES est une échelle dite « subjective ». Elle sous évalue donc le coût de l’enfant. Ce ne sont donc pas les chiffres bruts qui sont intéressants mais leur évolution le long de l’échelle des revenus. 

[2] Olivia EKERT-JAFFE « Ce que coûtent les jeunes de 18 à 25 ans » (1998)

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