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L'école à 2 ans ? bof ...
L’état
des jeunes adultes et adolescents témoigne d’une société qui a privilégié
l’effectivité et le triomphe de l’individualisme au détriment de la vie
affective et des individus. Pourtant
de plus en plus de voix s’élèvent pour réclamer plus de civisme, d’éthique
et de morale, pour tenter d’endiguer une espèce de naufrage collectif du
sentiment d’appartenance à une société dans laquelle on n’adhère pas,
dans laquelle on ne se reconnaît pas et qui de ce fait ne vous reconnaît pas.
La
question de la socialisation des tout-petits doit donc être réfléchie dans
l’objectif d’épanouir chacun dans le respect des différences.
L’école
maternelle telle qu’elle est conçue actuellement ne devrait pas commencer
avant 3 ans révolus d’âge psychique, qui ne correspond pas toujours à l’âge
de l’état civil.
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Avant
trois ans
se posent plusieurs difficultés
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La
propreté : pendant l’éveil, elle est généralement acquise spontanément
entre 19 et 22 mois pour les filles, entre 22 et 24 mois pour les garçons. Mais
si l’on considère les variations individuelles et une continence pendant le
sommeil qui suit quelques mois plus tard, cela peut poser des problèmes à la
maîtresse.
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Comment
imposer silence et immobilité à des enfants qui sont attentifs en parlant, en
faisant du bruit et en bougeant ?
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Les
rythmes encore très individuels
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Avant
l’autonomie digestive et motrice, le développement de la personnalité passe
par la phase capitale de l’opposition et du non, compliquée à gérer dans un
groupe.
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L’enfant
a une curiosité parfois dérangeante mais nécessaire à son autonomisation.
r
A
trois ans d’âge psychique,
un enfant doit savoir s’automaterner : s’habiller, se laver, manger seul,
nommer les différentes parties de son corps, se sentir autonome en ayant intégré
la différence sexuelle, maîtriser ses sphincters pendant l’éveil, avoir
conscience de sa dignité et de son autonomie…Il doit savoir s’orienter dans
l’espace, nouer des liens harmonieux avec les autres en dehors de la présence
des parents, devenir conscient de ce qu’il est lui-même pour se construire.
r
Si
l’enfant n’est pas d’abord enraciné dans son identité et en sécurité
dans son affectivité, l’apprentissage est nocif. Une scolarisation trop précoce
(à deux ans dans une véritable école maternelle) constitue un enrégimentement
qui risque de former des moutons soumis, ce qui est une perte pour la société.
L’enfant
va se sécuriser en fusionnant grégairement au groupe que constitue sa classe
sans s’individuer et sans s’y sentir intégré, avec le danger plus tard de
se laisser séduire par n’importe quel leader vaguement charismatique faute
d’avoir pu développer son for intérieur pour faire preuve de discernement.
Les
plus sensibles se replieront peu à peu sur eux-mêmes dans un monde imaginaire.
Ils développeront du fait de l’école un retard de langage et psychomoteur.
Ils
s’adapteront sur un mode passif prenant l’aspect de retardés ou sur un mode
actif de caractériels instables, état dans lequel ils s’installeront de plus
en plus solidement à cause des réflexions et projections qu’ils provoqueront
dans une période où ce qui est dit d’un enfant en positif comme en négatif,
est très structurant.
L’invitation
à l’imitation si souvent utilisée à l’école maternelle constitue un
danger pour le développement personnel : la personnalité se développe et se
différencie grâce à une série d’identifications alors qu’elle se perd
dans le dédale des imitations.
Une
scolarisation précoce pour régler la question du besoin de socialisation des
enfants entre deux et trois ans n’est donc pas souhaitable d’autant plus
qu’il y a entre ces deux âges presque autant de différence du point de vue développement
qu’entre 12 et 21 ans !
Il
faut donc tenir compte des étapes du développement de l’enfant et proposer
plutôt une pluralité de structures, type jardin d’enfant, pour accueillir
les tout petits.
La
façon dont un sujet a débuté sa vie, dont il a fait grâce à ses premières
épreuves, marquera par la suite sa façon d’aborder toutes les épreuves
qu’il rencontrera dans sa vie personnelle et dans sa vie de citoyen.
Ne
laissons plus l’éducation et l’instruction privilégier le cortex au lieu
de la personne dans son ensemble.
Et de faire remarquer que ces jeunes enfants ne trouvent pas assez d'adultes à qui parler ce qui les condamne à apprendre le langage avec leurs pairs. "On ne s'étonnera pas ensuite de l'insécurité linguistique dans laquelle se trouvent certains enfants" explique-t-il, en signalant qu'en pâtissent le plus les enfants défavorisés, ceux qui ne trouvent pas à la maison un adulte pour les reprendre lorsqu'ils jargonnent ou qu'ils parlent avec leurs poings. De l'avis de ce spécialiste, si maternelle à 2 ans il doit y avoir, ses effectifs ne doivent en aucun cas dépasser huit à dix enfants... (ça s'appelle la crèche - NDLR). |