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L'immigration : une réponse à la dénatalité ?

Soit

l'immigration est une mauvaise affaire pour le pays d'accueil ...

 

... soit

elle consiste à voler les ressources des pays pauvres

 

l'immigration est une mauvaise affaire pour les pays d'accueil

Le coût pour l'Union Européenne (à 15)[1]

 

Actifs employés

Taux d’emploi

Population 15-64 ans

Population sans emploi

chômeurs

Inactifs

15-64 ans

Nationaux

153,419

64,3 %

238,6

85,2

11,604

73,6

Allochtones

9,8

52,4 %

18,7

8,9

1,8

7,1

Supposons que les actifs employés allochtones versent assez de cotisations sociales et d’impôts pour entretenir la même proportion d’inactifs et de chômeurs que les nationaux, soit respectivement 4797 et 756 pour 10 000 actifs : ils pourvoient à la protection sociale de 4,7 millions d’inactifs et de 0,74 millions de chômeurs. Reste à la charge des autochtones 2,4 millions d’inactifs de 15 à 64 ans, et 1,06 million de chômeurs. Quel est le coût de ces 3,4 à 3,5 millions de personnes ?

 La protection sociale, dans l’Europe des 15, absorbe 28 % du PIB[2]. Celui-ci ayant atteint 8887 milliards d’euros en 2001, pour 378 millions d’habitants, le PIB par tête se situait à 23512 euros, dont 28 % font 6583 euros par personne. Retenir la totalité de ce chiffre, sans déduire les dépenses de retraite (plus de 40 % des dépenses de protection sociale) et en sens inverse sans compter de coût supplémentaire pour le chômage, ni pour la prise en charge d’inactifs recourant davantage que la moyenne à différentes formes d’aide sociale, conduirait à 23 milliards pour 3,5 millions de personnes de 15 à 64 ans à entretenir . Il est certain que ce chiffre ne constitue pas la bonne réponse, mais il montre que la question du coût de l’immigration extra-européenne mérite d’être posée : c’est une question à 23 milliards d’euros par an.

 Le coût pour la France

Les comptes de la protection sociale relatifs à l’année 2004 indiquent des prestations totalisant 480,4 Md€, ce qui fait, en arrondissant, 8 000 € par habitant de la métropole. Les performances en matière d’emploi des immigrés provenant de l’extérieur de l’UE ne se sont pas améliorées depuis notre précédente étude :

a) Les taux de chômage étaient à l’enquête emploi de mars 2002 de l’ordre de 8 % pour les « non immigrés » (comme le dit INSEE 2005 que nous suivons ici), descendaient à 6 % pour les immigrés d’origine italienne, espagnole ou portugaise, mais montaient à 25 ou 26 % pour ceux qui viennent d’Algérie, du Maroc et de Turquie. Ce décalage existe même pour les personnes ayant suivi des études supérieures. Globalement, le taux de chômage des étrangers non issus de l’UE était égal à 21,5 % en 2002, soit presque le triple du taux des ressortissants de l’UE (7,4 %).

b) A l’enquête emploi 2004, dont certains résultats ne figurant pas dans INSEE Première n° 1009 qui en rend compte ont heureusement été publiés par Le Monde du 4 octobre 2005, le taux de chômage des Français de naissance se situait à 9,2 % et celui des ressortissants de l’UE à 7,3 %, alors que l’ensemble des africains en était à 27,8 %, avec, pour les deux groupes les plus importants, 28 % pour les algériens et 25,7 % pour les marocains. Le taux de 14,4 % relatif aux Français par acquisition reflète vraisemblablement la présence parmi eux d’un fort contingent d’immigrés ou enfants d’immigrés en provenance des nations dont les ressortissants ont en France des taux de chômage élevés.

A défaut de disposer de données plus récentes qu’en 2003 sur les allochtones d’origine extérieure à l’UE, et constatant que la situation de cette catégorie ne s’est en rien améliorée sur le plan de l’emploi, nous conserverons donc le chiffre arrondi d’un million d’allochtones inactifs ou chômeurs à la charge des cotisants nationaux ou provenant de l’Europe des 15. Cela donne 8 milliards de coût annuel net pour le système français de protection sociale par rapport à la situation qui serait la sienne si les allochtones d’origine extérieure à l’UE avaient en matière d’emploi les mêmes performances que les nationaux.

A ces 8 milliards il convient d’ajouter 0,5 Md€ correspondant à l’aide médicale gratuite de l’Etat, qui bénéficie aux seuls « sans papiers » (170 000 bénéficiaires en 2003).

Pour en savoir plus : cout-immigration-bichot-06.pdf

[1] En millions de personnes, pour l’année 2001 ; les chiffres en provenance d’Eurostat comportent trois décimales ; les estimations, une seule, pour souligner leur caractère approximatif. Les deux catégories, nationaux et allochtones d’origine extra communautaire, correspondant aux deux lignes du tableau, ne constituent pas une partition de la population vivant dans l’UE, car leur intersection n’est pas vide (la moitié des allochtones ont la nationalité du pays d’accueil) et il manque les étrangers issus de l’UE

[2] Moyenne des années 1992 à 2000 ; Eurostat n’a pas encore fourni le chiffre de l’année 2001

 

l'immigration "choisie" consiste à voler les pays pauvres

 

L’immigration est tout sauf un ensemble homogène. Les pays européens n’ont pas intérêt à importer massivement de la main d’œuvre peu qualifiée en provenance de pays culturellement très différents : ils s’avèrent incapables de faire l’effort d’intégration nécessaire.

 

Reste la venue de personnes compétentes, prêtes à prendre des fonctions réellement utiles. Leur venue pose un problème analogue à celui de la reproduction autochtone : les contreparties à apporter à ceux qui ont investi dans leur capital humain. Si un médecin formé au Bangladesh ou un informaticien indien vient s’installer en Europe, et si les redevances qu’il doit normalement payer pour sa formation vont aux retraités européens, appelons un chat un chat : les retraités européens volent ce qui devrait aller à des personnes vivant en Inde ou au Bangladesh. Autant il est faux de présenter la colonisation comme si elle avait été pour l’essentiel une exploitation des colonisés par les colonisateurs, autant il faut éviter, en bonne justice, de prendre à un pays pauvre, sans contrepartie, un de ses 10 médecins pour 100 000 habitants pour l’ajouter aux 150 pour 100 000 habitants qui officient dans un pays de l’Union européenne. Nous devons donc réfléchir aux moyens à mettre en œuvre pour restituer aux pays étrangers, et plus particulièrement aux pays pauvres, ce que nous en recevons sous forme de capital humain. Une solution pourrait être que leurs cotisations de retraite soient versées à des personnes de leur pays d’origine ; on peut réfléchir à d’autres formules : l’important est que nous ne comptions pas sur cet apport de capital humain pour financer nos propres régimes de retraite par répartition, car ce serait du vol.

 

Si, très couramment, des européens pensent à l’immigration pour améliorer les perspectives de leurs systèmes de retraite, c’est ou bien par ignorance – ignorance du fait que l’immigration de pauvres hères n’est pas bénéficiaire, mais coûteuse – ou bien par absence de sens moral : ils seraient prêts à dépouiller les pauvres de leurs élites pour accroître le confort de nos retraités.

Ainsi, l’immigration, nous allons continuer à la subir parce que nos services publics ne sont capables ni de l’endiguer, ni d’en assurer l’intégration, mais elle ne nous servira pour nos régimes de retraite que si nous avons la conscience assez élastique pour voler le Tiers Monde. Et il en va un peu de même pour l’immigration en provenance des pays nouvellement membres de l’Union européenne, à destination des anciens membres : une réflexion sur les mécanismes compensatoires serait la bienvenue.  

 © Jacques BICHOT

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