La décote fiscale pénalise des familles
modestes et des familles
nombreuses
ð
Le mécanisme de la décote.
La
décote fiscale est un mécanisme instauré en faveur des contribuables
modestes. Elle allège son impôt de la différence entre le montant de cet impôt
et une certaine somme fixée chaque année. Lorsque l’impôt à payer est supérieur
à cette somme, la décote ne s’applique pas.
Exemple
: un contribuable doit 2 500 F d’impôt sur le revenu au titre de 1999. Cette
année, la décote a été fixée par la loi de Finances à 3 350 F. La réduction
d’impôt de ce contribuable a donc été de
3
350 F - 2 500 F = 850 F. Il n’a donc payé
que 2 500 F - 500 F = 1 650 F d’impôt.
Le
caractère anti-familial de la décote vient de ce qu’elle s’applique à la
totalité de l’impôt et non pas à l’impôt par part de quotient familial.
Exemple
: un célibataire devant 2 500 F d’impôt bénéficiera de 850 F de décote.
En revanche, un couple marié devant 5 000 F d’impôt (soit 2500 F par part
puisque ce couple dispose de deux parts) est exclu du bénéfice de la décote.
Pourtant, son niveau de vie est le même que celui du célibataire. Le fait d’être
marié lui coûte 1 650 F chaque année.
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Les
2 effets pervers de la non familialisation de la décote
·
le mécanisme actuel de la décote encourage le
concubinage :
c’est
l’exemple des « smicards » qui se marient.
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Impôt payé par chaque concubin
: son revenu net imposable est de 41 472 F. Il est imposé sur la base d’une
part à 41 472 F :
-
impôt par part : 1 636 F
-
application de la décote : 1 636 F - 1663 F de la décote.
Le
« smicard » est donc exonéré d’impôt.
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Impôt payé s’ils se marient
: leur revenu net imposable est de 82 944 F. Ils disposent de deux parts de
quotient familial soit un revenu de 41 472 F par part :
-
impôt par part : 1 636 F
-
total de l’impôt avant décote : 1 636 F x 2 = 3272 F d’impôt
-
application de la décote 3 350 F - 3 272 F = 78 F de décote.
Se
marier leur coûte 3 194 F par an !
·
le mécanisme actuel de la décote pénalise les familles nombreuses
(et
d’autant plus qu’elles sont plus nombreuses). Dans leur cas, en effet, une
seule décote s’applique alors que le nombre de leurs parts de quotient
familial est important.
Exemple
:
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Effet anti-familial de la décote sur une
famille de trois enfants
: Cette famille dispose d’un revenu de 19 200 F par mois
correspondant à un niveau de vie équivalent au SMIC.
Son
revenu net imposable est de 165 888 F soit un revenu par part de quotient
familial de 41 472 F :
-
impôt par part : 1 636 F (ce qui pour un « smicard » conduit à
l’exonération du fait de la décote)
-
total de l’impôt avant décote : 6
544 F
-
la décote ne s’applique pas, l’impôt dû étant supérieur à 3 350 F.
Cette
famille serait exonérée d’impôt si la décote était calculée
par part. Elle paie 6 544 F d’impôt de trop.
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Effet anti-familial de la décote sur
une famille de 6 enfants : cette famille dispose d’un revenu de
33 000 F par mois correspondant à un niveau de vie équivalent au SMIC.
Avec
un revenu net imposable de 290 304 F, son revenu par part de quotient familial
est de 41 472 F.
-
impôt par part : 1 636 F (ce qui pour une personne fiscalement seule, conduit
à l’exonération du fait de la décote)
-
total de l’impôt avant décote : 11 452 F
-
la décote ne s’applique pas, l’impôt dû étant supérieur à 3 350 F.
Cette
famille serait exonérée d’impôt si la décote était calculée
par part. Elle paie 11 425 F d’impôt de trop.
Conclusion
Sous
la pression des associations familiales,
la suppression progressive de la décote avait été entamée par le
gouvernement JUPPE. Cette suppression ne consistait pas en un abandon des mesures en
faveur des contribuables modestes mais en un relèvement de la tranche inférieure
de l’impôt. Il n’y avait donc pas de perdants.
Cette
suppression est abandonnée et l’actuel gouvernement n’envisage pas non plus
la « familialisation »de la décote (c’est à dire son application
par part) qui satisferait aussi à la justice sans léser personne. Elle coûterait
5 MdF.
Or
l’une ou l’autre solution sont indispensables pour mettre fin à une
injustice dont souffrent les contribuables modestes qui se marient ou qui ont
des enfants.