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Faut-il supprimer l'UNAf ?  

par Jacques BICHOT

 

 Etat des lieux :

 Depuis 1943, les associations familiales sont regroupées dans des Unions Départementales appelées U.D.A.F. Les U.D.A.F. sont, elles mêmes, regroupées en une Union Nationale, l’U.N.A.F. Cette institution a comme mission officielle de favoriser le dialogue entre toutes les associations et de représenter officiellement les familles auprès des pouvoirs public, sans que cette mission prive -théoriquement -  les associations du droit de défendre leur propre point de vue.

800 000 familles adhèrent en France à une association familiale. On distingue :

 * les associations « à but spécialisé » (comme la FAVEC qui regroupe les veuves ou l’UNAPEI qui réunit les parents d’enfants handicapés) qui défendent les intérêts de familles rencontrant un problème particulier :

 * et les associations « à but général », dont la mission est de défendre l’ensemble des intérêts matériels et moraux des familles. Les principales associations familiales à but général sont au nombre de quatre : les Familles Rurales (145 000 familles adhérentes, très spécialisées en milieu rural), FAMILLES DE FRANCE (55 000 familles, généraliste), les ASSOCIATIONS FAMILIALES CATHOLIQUES (25 000 familles adhérentes, confessionnelle) la CONFEDERATION SYNDICALE DES FAMILLES (28 000 familles, de gauche) et la CONFEDERATION DES ASSOCIATIONS FAMILIALES LAÏQUES (22 000 familles, anti-confessionnelle, très à gauche)

   Pour exercer sa mission, l'UNAF reçoit une dotation calculée en pourcentage (0,1 %) du montant des prestations familiales versées par la C.N.A.F. Le montant de cette subvention -appelée "Fonds Spécial" - est de 25 millions d'€ par an( chiffres 2005). L'UNAF garde 7 millions pour son propre fonctionnement, répartit 16,3 millions entre les UDAF et les URAF et verse 1,3 millions aux Associations Familiales Nationales. en savoir plus =>

 Ambiguïtés :

Le monde familial traditionnel est en crise. En quelques années, les associations que regroupe l'UNAF ont perdu plus de 200 000 adhérents et leurs dirigeants ont considérablement vieilli : la plupart sont grand parents !

L'UNAF mène une politique de négociation institutionnelle avec les pouvoirs publics. Lorsque les intérêts des familles sont menacés, elle choisit généralement :

* soit de s'en tenir à une protestation qui ne gène pas le gouvernement

* soit de voter en faveur de la mesure en question : ainsi, a-t-elle accepté en novembre 2002 le  transfert d'un milliard d'€ de la branche famille à la branche vieillesse de la sécurité sociale en votant le projet de loi de financement de la sécurité sociale au conseil d'administration de la CNAF !

Pourquoi cette complaisance ? Parce que c'est une instance unique, l'UNAF, qui, seule, dispose des subventions et des récompenses individuelles.

Une association familiale qui serait efficace et médiatique ferait de l'ombre à l'UNAF. L'expérience a été faite pour Familles de France sous ma présidence : tout a été mis en oeuvre pour faire taire cette fédération, jusqu'à ce qu'elle soit dotée d'un président plus complaisant.

Imaginez que l'ensemble des syndicats soient réunis au sein d'une instance unique qui recevrait les subventions et des places à distribuer ? La défense des salariés deviendrait rapidement moins pugnace.

  Explication historique :

Ces ambiguïtés de l'UNAF s'expliquent par les circonstances particulières de sa création : elle est née en 1943, à l'époque du corporatisme de l'Etat Français. A une structure nationale unique correspondait des structures départementales uniques (ancêtres des UDAF) et des associations locales uniques, elles aussi.

En 1945, par ordonnance du Général de Gaulle, la même structure fut reprise, exception faites des associations de base qui purent être diverses ( et rattachées à des mouvements divers).

Pourquoi avoir, en 1945, conservé l'UNAF ?

*  parce que les dirigeants familiaux de l'époque avaient souffert de l'éparpillement des forces militantes en de trop nombreuses associations.

*  surtout, parce que, dès 1939, la Famille était une idée consensuelle, tous partis et idéologies confondus : le code de la Famille fut adopté en 1939 par la Chambre issue des urnes du Front Populaire, le quotient familial et l'universalité des prestations familiales furent adoptée à l'UNANIMITE par les chambres en 1945. Il ne venait à l'idée de personne qu'il pût y avoir des approches différentes de la famille ni des intérêts égoïstes parmi les militants familiaux (cf nos hommages).

*  l'erreur finale fut de faire de l'UNAF la bénéficiaire unique des subventions et représentations encourageant ainsi le clientélisme, la complaisance et la mise au pas des éléments les moins dociles

 

 

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