Thierry Desjardins -
Le scandale de l'Education Nationale
Robert
Laffont, 1999, 255 p., 109 F
Ce
pamphlet ne fait pas dans la nuance, mais sa documentation est solide. Par
exemple : entre 1975 et 1998, le nombre des élèves a été multiplié par 1,1,
celui des enseignants par 1,63 et les dépenses (en francs constants) par
1,88 : ce n'est donc pas par manque de moyens que les résultats laissent à
désirer.
A l'entrée en sixième, selon le Ministère
lui-même, 24,5 % "cumulent des déficits graves en français ou en
mathématiques, n'ayant pas les connaissances exigées en CE2 (1) ; 11 % sont
en grave difficulté, c'est-à-dire incapables de saisir le sens des mots
usuels dans notre langue et d'effectuer une addition à 2 chiffres".
Parmi les tests effectués pour parvenir à
ce résultat, citons-en un. Question : "Combien de morceaux de ficelle
mesurant chacun 4 mètres de long peuvent être coupés dans une ficelle de
39,2 mètres de long ?". Les réponses ont été fausses à 57,4 %. Et la
question "Quelle longueur de ficelle restera-t-il ?" a obtenu 72,8 % de
réponses fausses. Telle est la défaillance de notre enseignement primaire.
L'OCDE (qui trouve 40 % d'illettrés en
France contre 7 % en Suède, 14,4 % en Allemagne et 20 % aux Etats-Unis)
et les tests effectués sur les appelés du contingent vont dans le même sens
: l'état de l'enseignement en France est grave.
Desjardins estime que cela vient de choix
pédagogiques désastreux, comme la lecture globale et l'apprentissage trop
précoce des mathématiques modernes ; et aussi d'un laxisme généralisé : en
proscrivant les redoublements, le Ministère a conduit les enseignants à
accepter le passage d'élèves n'ayant absolument pas le niveau. Pour ne pas
avoir d'histoires, les professeurs diminuent leurs exigences ; hormis dans
les établissements d'excellence, les élèves ne sont plus tenus.
Cette analyse rejoint
l'expérience de N. Revol. Le livre de T. Desjardins, malgré quelques
outrances, fournit le cadre général qui permet de comprendre comment on en
est arrivé aux horreurs vécues par N. Revol.
(1)
: Vous avez bien lu CE2, classe après laquelle les
connaissances doivent s'accroître et s'approfondir en CM1 et CM2.