
Les oubliés de la
conférence 2004 : les ados pauvres
Le cri d’alarme du CERC* sur les enfants
pauvres n’a pas troublé outre mesure le Gouvernement.
Le plan 2002/2005 de lutte contre
l’exclusion ne prévoit AUCUNE mesure pour les enfants pauvres.
*
Rapport du
Conseil de l’Emploi,
des Revenus et de la Cohésion Sociale du 21 janvier 2004
La réalité
o
A partir de 13/14 ans, un
adolescent coûte deux fois plus cher qu’un jeune enfant.
o
Les plus pauvres des enfants pauvres sont les adolescents :
430 000 vivent en dessous du seuil de pauvreté.
o
Alors que la pauvreté
concerne 6 % des enfants entre 0 et 10 ans, elle touche 7,7 % des
adolescents de 11 à 15 ans et 10,5 % des ados de 16 à 17 ans.
o
30 % des ados qui vivent
dans une famille de 4 enfants et plus sont en dessous du seuil de pauvreté !
o
160 000 de ces jeunes ont
des parents au RMI (et 17 000 à l’Allocation de Parent Isolé).
On
retiendra ici le seuil de pauvreté à 60 % dit seuil de l’OCDE. Ce seuil
est, en effet, calculé sur la base de l’échelle de l’OCDE reprise depuis
1997 par l’INSEE et qui tient très faiblement compte du coût des enfants.
Le seuil français à 50 %, retenu pour estimer à 1 million le nombre
d’enfants pauvres était calculé en tenant compte de l’échelle d’Oxford,
plus favorable aux familles. Avec l’échelle de l’OCDE le nombre d’enfants
pauvres est estimé à 2 millions
Conséquences de la pauvreté
obésité : 21 % des adolescents
pauvres sont obèses (contre 13 % pour les adolescents en général).
L’alimentation représente 35 % du budget des familles pauvres (contre 18 %
en moyenne). Elle se compose de beaucoup de pain, de pâtes, de pommes de
terre, très peu de fruits et légumes (trop chers), un peu moins de viande et
quasi jamais de poisson frais. (sources : INRA)
retard scolaire : les 160 000
jeunes qui sortent sans qualification du système scolaire sont issus des
milieux les plus défavorisés.
logements trop petits : ¼ des ados
en souffrent.
quartiers déplorables : 2 ados
pauvres sur 5 vivent dans une zone dite « sensible ». 32 % vivent dans des
quartiers marqués par les incivilités et le vandalisme.
Délinquence : Il y a une forte
corrélation entre la pauvreté, les difficultés éducatives des familles
(placements, etc.) et la délinquance des mineurs.
La
carence de la politique familiale
o Avec
le RMI et des adolescents à charge, une famille vit très en dessous du seuil
de pauvreté (36 % en dessous pour une famille élevant 2 ados et 42 % si elle
en a quatre)
o Avec
des ados, un salarié au SMIC fait vivre sa famille en dessous du seuil de
pauvreté ! (24 % en dessous avec 2 ados et 14 % avec 4 ados)
o Pourquoi ?
Parce qu’en 50 ans les allocations familiales ont été divisées par 2 ! En
1954 avec 2 enfants, une famille touchait l’équivalent de 457 € par mois
(113 € aujourd’hui) et avec 4 enfants l’équivalent de 993 € (548 €
aujourd’hui). Exemple de la pingrerie de l’Etat : l’aîné de 2 enfants ne
touche pas la majoration pour âge normalement accordée aux enfants de plus
de 11 et 16 ans !
o Autre
explication : 47 % des enfants pauvres vivent dans une famille d’origine étrangère
non européenne, le plus souvent nombreuse…
Les solutions ?
o Urgence
absolue : relever le RMI et l’Allocation de Parent Isolé de 200 € par
adolescent à charge. Coût : 430 millions d’€ pour 180 000 jeunes
o Relever
de 50 € les majorations pour âge (actuellement de 31 € à 11 ans et 56 € à 16
ans) et les verser pour tous les enfants (et pas seulement aux cadets des
familles de 2 enfants) : Coût : 1,4 milliard d’euros pour les 2 300 000
ados.

L'Europe des enfants pauvres
La pauvreté
des adolescents est un phénomène général :
Dans
la majorité des pays Européens, la
pauvreté des enfants s’accentue avec l’âge. La France, l’Espagne et la
Belgique sont les trois pays où le phénomène est le plus fort.
Taux de pauvreté des enfants en
Europe selon le pays et l'âge (seuil à 60 %)