Conférence de la famille
2000
10
milliards pour les familles ? Laisser nous rire...
En juin 2000, Lionel
Jospin, Premier ministre
a annoncé la création de 40 000 places de crèche et 10 milliards
d’efforts supplémentaires en faveur des familles. L'Union des Familles évalue
à 2 milliards seulement l’effort réel … et estime que la priorité pour
les familles n’est pas de s’occuper des petits enfants mais les jeunes de 20
à 22 ans.
Le
Gouvernement ne veut pas prendre en compte les vraies priorités des familles :
40
% des prestations familiales sont aujourd’hui destinées aux enfants de 0 à 3
ans. On pourrait, bien sûr, faire mieux mais la priorité se trouve du côté
des familles qui ont à charge des jeunes de 20 à 22 ans. Ils ne perçoivent
qu’1 % des prestations familiales. Les allocations familiales, en
effet, s’interrompent à 20 ans comme en … 1946. Mais en 1946, 10 %
seulement de ces jeunes poursuivaient des études. En l’an 2000, ils sont 70 %
et les autres cherchent du travail.
La
vraie priorité des familles, c’est le prolongement des prestations familiales
jusqu’à 22 ans. Rappelons qu’en Allemagne, en Autriche, en Belgique, etc. ,
elles sont versées jusqu’à 25 ans.
Et
pour les jeunes parents ? La construction de crèches serait elle leur
priorité ? Même pas. Interrogés par le CREDOC, ils réclament d’abord
des aides pour les parents au foyer et pour les nourrices. A cet égard,
l’effort consentit par le Gouvernement (plus 500 MF sur l’Aide à la Famille
pour l’Emploi d’une Assistante Maternelle Agréée) et un point positif …
mais modeste.
Pour
quoi le Premier Ministre est il si peu soucieux de satisfaire les vraies priorités
des familles ? Parce qu’elles coûteraient de l’argent pour de vrai
(on chiffre à 5 milliards le prolongement des prestations familiales jusqu’à
22 ans).
En
réalité, « l’effort » en faveur des familles ne sera pas de 10 milliards
mais de 1 :
-
sur les allocations de logement, on annonce 6,5 milliards de plus. En
fait, 3 milliards seulement sont destinés aux familles. Les reste va à aux
personnes âgées, aux célibataires ou aux couples sans enfants. Sur les 3
milliards « familiaux », il est prudent d’appliquer une taux de
mensonge de 60 %. A chaque conférence de la famille, en effet, on constate un
écart de 60 % entre les chiffres annoncés et le coût réel résultant des
comptes de la Sécurité Sociale. Il ne reste plus qu’un effort de 1 milliard
au titre du logement des familles. Ce
chiffrage, effectué en 2000, était trop bienveillant pour le gouvernement :
"le
coût de la réforme, en particulier pour le budget de l’Etat, qui ne dégagera en
outre plus d’économies sur ce poste, mais aussi pour celui de la CNAF, ne s’est
pas encore véritablement fait sentir" indique le Sénat
en décembre 2002 ...
-
Quant au 1,5 milliard de plus pour les crèches, il suppose que les
communes (qui cofinancent) fassent un effort analogue : un place de crèche
coûte 3000 F / mois à la commune. Une ville moyenne qui voudrait créer 50
places de crèche devra dépenser 1,8 million de plus par an … soit 1,5 % de
pression fiscale en plus ! Autant dire que les 40 000 places de crèches
annoncées par le Premier Ministre resteront largement incantatoires. Comme ce
fut le cas dans le passé, les milliards affichés sur les crèches vont rester
dans les caisses.
La cagnotte officielle famille est de
5 milliards en 2000 ( la cagnotte officieuse de 39 milliards). Sachant que le
Gouvernement va en dépenser 2, L'Union des Familles se pose la question suivante :
les 3 milliards économisés iront ils, en 2001, alléger le déficit de
l’Etat ou celui des retraites ?