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Les réactions de l'UFE à la conférence de la famille 2004

TROP PAS*,la conférence de la famille !

* traduction pour la Ministre et ses respectables invités : trop pas = concept perçu négativement en termes d’impact

communiqué du 29 juin 2004

 La GRANDE Conférence de la Famille mise en œuvre depuis plusieurs mois avec enfin un thème  « l’adolescence » qui ne tourne pas, pour une fois, exclusivement autour des bébés,  se termine en distribution de gadgets fluo. La déception des parents d’adolescents est immense.

 

Les mesures proposées par Mme ROIG, Ministre de la Famille ne peuvent satisfaire que ceux qui ne sont pas en train d’élever des adolescents. Parmi les « mesures-phares » annoncées :

 

L’organisation de « Maisons de l’Adolescence » : en fait il s’agit de rebaptiser une partie des services de pédiatrie dans les dispensaires et les hôpitaux, pour faire la distinction entre les soins aux enfants en bas age et les soins aux adolescents. Veut-on nous faire penser que, dans les hôpitaux, on est si brouillon qu’on traite les tentatives de suicide d’adolescents au milieu des varicelles ?

L’instauration d’un examen médical en 5ème. Voilà un bel aveu par l’Etat de sa propre incurie : cela fait des années que les parents d’élèves réclament davantage d’infirmières scolaires dans les établissements ; cet examen médical est perçu comme un emplâtre sur une jambe de bois.

L’Aide pour l’obtention d’un job d’été pour les enfants de seize ans : Voilà une très bonne idée, car étant donné l’appauvrissement considérable des familles au moment où les enfants atteignent l’adolescence, cet apport financier permettra aux plus pauvres de sortir la tête de l’eau. Faire travailler les enfants est vraisemblablement une des solutions contre la pauvreté qui convient à Mme Roig. N’a-t-elle pas déclaré : «La pauvreté et la précarité sont une préoccupation importante du Gouvernement. Récemment un rapport a mis en relief le nombre élevé d’enfants vivant sous le seuil de pauvreté. Ce chiffre sera bien sûr toujours trop élevé mais on ne peut oublier que la politique familiale contribue à limiter considérablement le risque de pauvreté. Du reste, les solutions viennent et viendront aussi des familles elles-mêmes ».**

 

L’Union des Familles en Europe rappelle que cette prétendue généreuse politique familiale conduit un smicard qui élève deux ados à vivre 24 % en dessous du seuil de pauvreté.

 

L’Union des Familles en Europe demande que les prestations familiales et le RMI soient relevés significativement pour les familles avec des adolescents :

- L’augmentation du RMI de 200 € par adolescent à charge

- Le prolongement des prestations familiales jusqu’à 22 ans

- Le relèvement des majorations pour âge des prestations familiales.

Il est indécent pour ce pays de laisser tomber sa jeunesse, tout en annonçant des mesures gadgets.

 

** discours du 5 juin 2004 – Strasbourg – Congrès de l’Unaf

 

Vers une conférence de la famille bidon ?

 

communiqué du 28 juin 2004

La conférence de la famille 2004 se réunit demain. Au menu : paroles de psy et mesures décoratives. La misère financière des familles appelle pourtant des actions urgentes.

 

Le cahier des charges fixé par le gouvernement Raffarin pour la conférence famille 2004 était simple : ne rien dépenser.

 

Pour ce faire, trois méthodes ont été choisies :

 

1) Faire appel à des représentants de familles soigneusement choisis : ils sont tous adhérents à l’UNAF et pour la plupart grands-parents. Pour autant, l’Union des Familles en Europe dirigée par des jeunes et qui représente 23 000 familles est exclue de cette réunion. Pourquoi ? Parce qu’elle dérange en demandant des mesures précises et surtout de l’argent à verser aux familles qui ont des ados à charge.

 

2) Limiter le sujet aux 11-18 ans afin de ne pas avoir à prolonger le versement des allocations familiales au delà de 20 ans, problème n° 1 des familles.

 

3) Travailler sur des propositions sans risques comme créer un « parlement des adolescents », créer des « maisons de soin pour adolescents » (en réalité rebaptiser des services hospitaliers ou dispensaires), créer des « clubs de lecture pour débattre des émissions regardées par les jeunes », etc.

 

Il y a pourtant des problèmes urgents à traiter s’agissant des adolescents :

 

- 430 000 adolescents vivent en dessous du seuil de pauvreté … 180 000 ados sont dans des familles touchant des minima sociaux. 250 000 ados ont des parents qui ne peuvent pas leur assurer un niveau de vie décent malgré leur travail : un salarié au SMIC fait vivre sa famille 24 % en dessous du seuil de pauvreté s’il élève 2 ados.

 

- Les maigres allocations familiales reçues par les familles s’interrompent à 20 ans alors que 65 % des jeunes sont encore à charge de leurs parents.

 

L’UFE veut encore croire que la Conférence de la Famille n’est pas une pure opération médiatique, une séance d’auto-promotion pour spécialistes agréés. Elle rappelle ses trois revendications :

- augmenter le RMI de 200 € par adolescent à charge

- prolonger le versement des prestations familiales jusqu’à 22 ans

- relever les majorations pour âge des prestations familiales 

 

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  © Dominique Marcilhacy