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Parlons casseroles

 

Ou l’accablante répartition des tâches domestiques et éducatives

 entre les hommes et les femmes et les moyens d’y remédier

 

Le constat

 

Ø      Chiffres issus de l’enquête INSEE 1998/1999 [1] :

Les femmes assurent la grande majorité des tâches familiales et éducatives. La participation des hommes décroît avec le nombre d’enfant :

            - dans un couple un enfant, les femmes consacrent 38 H 40 par semaine aux tâches domestiques et éducatives. Les hommes  21 H 30 (bricolage  et jardinage compris).

            - avec deux enfants, les femmes sont 39 H 50 devant leur évier ou autres lieux de plaisir, leurs maris 20 H 40 (soit 1 H 10 de moins par semaine qu’avec un seul enfant).

            - avec trois enfants et plus, c’est 42 H  pour les femmes, 18 H 50 pour les hommes (vous avez bien lu, cela diminue encore).

             - la présence de jeunes enfants fait littéralement exploser le temps passé par les mères aux tâches domestiques : 46 H 15 par semaine pour une mère de 3 enfants dont un de moins de 3 ans !

 

Est-il besoin d’en rajouter ? Précisons que ces données ne concernent pas des hommes âgés, élevés à la vieille école, mais de modernes pères de famille.

Ajoutons encore que 80 % des travaux domestiques « ingrats » (courses, cuisine, vaisselle, linge, soins matériels aux enfants) sont accomplis par les femmes  [2]

 

Ø      Chiffres issus de l’enquête MATISSE de 1999 [3] (CNRS, Paris I) révèlent que les tâches « parentales » (et notament éducatives) loin de régresser à l’adolescence, augmentent au contraire : elles représentent, père et mère confondus, 8 H ½ par semaine.

 

Ø      Et la RTT ?

4 % des hommes déclarent en profiter pour faire plus de repassage, 16 % plus de cuisine, 19 % plus de ménage, 20 % plus de courses et de rangement. Mais 46 % plus de bricolage et 34 % plus de jardinage. [4]

Peu de changement donc, mais 38 % des femmes et 32 % des hommes y ont vu une action positive sur la conciliation vie familiale / vie professionnelle. 52 % des parents en profitent pour passer plus de temps avec leurs enfants pendant les vacances scolaires.

 

Ø      Petit sondage mesquin : combien de nos femmes ministres, syndicalistes, chèfes (.) d’entreprise ont-elles d’enfants ?

 

Ø      Question déplacée : MM Jacob et Raffarin repassent-ils leurs chemises ?

 

Et la Suède ? La répartition des tâches ménagères est inéquitable en Suède mais moins qu’en France : 60 % contre 70 %. Les femmes Suédoises assument davantage de travaux domestiques lorsque les enfants sont petits car elles passent généralement la première année au foyer et qu’elle reprennent le plus souvent à mi temps les années suivantes.

Mais lorsque les enfants sont plus grands,dès que le dernier a 4 ans et va à l’école, la répartition est nettement plus égalitaire : les hommes passent 5 heures de plus par semaine au travaux ménagers. Pourquoi ? parce que leur femme augmente son temps partiel.

Enfin, les hommes suédois consacrent 4 heures par semaine à leurs tout petit (contre 2 heures pour les hommes Français)[5].

 

Le remède :

Il faut améliorer la solvabilisation des familles :

 

·      la réduction d’impôts ne bénéficie qu’aux ménages imposables.

 

Seuls 7 % des ménages paient 10 000 € d’impôts et peuvent, par conséquent, bénéficier au maximum de l’avantage fiscal. Pour la majorité des ménages imposables, la réduction d’impôt est limitée à moins de 10 000 €. Quant à ceux qui ne sont pas imposables, ils ne bénéficient d’aucune aide.

 

Le seul mécanisme qui bénéficie à tous les ménages et pas seulement aux ménages aisés, c’est l’exonération de charges sociales. L’exonération totale des charges sociales patronales pour un emploi à plein temps représente une aide de 10 000 €, montant de la réduction d’impôts maximale actuelle. Mais au lieu d’être réservée aux ménages imposables et de croître avec leur richesse, elle bénéficie à tous.

 

·      Beaucoup de familles qui auraient besoin d’aide ménagère sont écartées du dispositif.

           

L’INSEE notait en 1995 que « à revenu donné, la probabilité de recourir à une femme de ménage ne varie pas significativement avec le nombre d’enfants. En fait, lorsqu’un enfant supplémentaire arrive dans un ménage, le besoin de recourir à une employée de maison s’accroît; mais à revenu fixé, le niveau de vie du ménage diminue, si bien que la contrainte budgétaire se resserre et empêche de satisfaire effectivement ce besoin ».[6]

 

Seules 6 % des familles de 3 enfants ont, en effet, recours aux services d’une femme de ménage. Ce pourcentage tombe à 3 % pour les familles de 4 enfants.

 

La raison en est très simple :

            - la majorité des familles n’est pas ou peu imposable sur le revenu. Or le dispositif actuel ne bénéficie qu’à ceux qui le sont (et dans des proportions qui croissent avec l’impôt qu’ils paient).

            - passé les 6 ans du dernier enfant, l’AGED n’est plus versée. Or, après 6 ans, sauf pour l’administration, les enfants vivent encore. Ils mangent, se salissent, dérangent leurs affaires, etc.

 

Si bien que, paradoxalement, ce sont les ménages sans enfants et les célibataires qui sont en mesure de profiter au maximum de la réduction fiscale...alors que leur besoin d’aide ménagère est le plus faible.

 

Les propositions de l’UFE

 

L’UFE propose de compléter le dispositif actuel par un système  d’exonération de charges à destination de ceux qui sont actuellement écartés du dispositif actuel. Les familles élevant 2 ou 3 enfants seraient exonérées de moitié et les familles de 4 enfants et plus de la totalité.

 

Le coût de cette mesure est évalué à 70 M €. Elle pourrait bénéficier à 163 000 familles et conduire à la création de 20 000 emplois nouveaux (en équivalent plein temps)[7].

 

[1] Sources : INSEE résultats « enquête emploi du temps 1998-1999 », N° 693 janvier 2000.

[2] Nous ne résistons pas au plaisir de vous livrer cette réflexion d’un brave homme qui déclarait profiter des 35 heures pour mieux « aider » sa femme à la maison : « Si j’ai une récup’ le vendredi », expliquait-il, « je vais faire le gros du ménage ce jour là, l’aspirateur … il ne lui restera que la serpillière ». On a eu peur !

[3] Sources : « Premières informations, premières synthèses » DARES n ° 20.1 2000.05

[4] Sources : Mai 2001 – premières synthèses DARES

[5] Sources : premières synthèses mars 2001 DRESS

[6] INSEE première, Novembre 1995, N° 411.

[7] Si l’exonération est de 50 % dés le 2 ième enfant et de 100 % dés le 4 ième , le coût budgétataire est de 360 €

 60 000 emplois à plein temps sont alors créés et 620 000 familles bénéficient du dispositif.

 

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  © Dominique Marcilhacy