Quel impact des rétributions familiales sur les
pensions de retraite ?
En 2005, dans le régime général, « les
trois principaux droits familiaux (majorations de
montant, majorations de durée d'assurance et AVPF) concernent neuf
femmes sur dix qui partent en retraite et leur apportent un
supplément de pension de 30 %
en moyenne », observe le Conseil d' orientation
des retraites (COR).
Réduction des écarts hommes-femmes dans le régime
général
Les droits familiaux « réduisent sensiblement les écarts
de pensions entre hommes et femmes » dans le régime général car, hors
droits familiaux, la pension féminine moyenne de
ce régime serait inférieure de 41 % à la
pension masculine moyenne, alors qu'avec ces droits, elle lui est
inférieure de 23 %. Les droits familiaux du régime général
contribuent plus à la réduction
des inégalités hommes-femmes que dans les autres régimes.
Ils assurent également une redistribution importante en faveur des
carrières les plus courtes et des ménages les moins favorisés.
Le rôle de la majoration
de durée d' assurance (MDA) est
important dans la pension moyenne des femmes : s’il était
neutralisé, celle-ci baisserait de 19 %. Ils jouent également une role
important en termes de redistribution des pensions entre femmes avec
enfant et femmes sans enfant.
Enfin, l' incidence de l' AVPF
(assurance vieillesse des parents au foyer) sur le montant de la pension
des femmes est « conséquente ». Sans celle, les pensions
baisseraient, en moyenne, de 25 %.
Montant des droits familiaux dans l'ensemble des
régimes
Le montant global des droits familiaux inclus dans les
pensions de droits directs en 2006 est évalué par l'étude
du COR à environ 14 milliards d' € , ce qui représente 7,9 % de la masse
des retraites de droits directs, soit près de 6,8 % de la
masse totale des retraites (droits
directs plus droits dérivés) contre 7,6 % en 1996 (évaluation Igas). Il se
réparti ainsi :
• Les majorations de montants
pour trois enfants et plus, présentes dans tous les régimes, demeurent le
droit familial le plus important :
3,1 % de la masse totale des retraites (3,5 % en 1996).
Elles devraient reculer à l’avenir, sous l’effet, notamment, de la baisse
de la fécondité
• Les majorations de durée
d' assurance constituent le deuxième droit familial par
son importance : 2,4 % (2,6 % en 1996). Pour apprécier
les tendances futures, il faudrait évaluer l'impact progressif qu'aura la
réforme de 2003 sur la MDA dans la Fonction publique, estime le COR.
• Le montant global des départs anticipés
pour raison familiales est relativement limité
(0,7 %), dans la mesure où ce droit ne concerne que les régimes
spéciaux. À l'avenir, ce droit devrait «
croître de façon importante » du fait de la réforme de 2003
(allongement de la durée d'assurance et introduction d'une décote), alors
que les bénéficiaires du droit au départ anticipé liquident leurs droits
selon les règles en vigueur au moment où ils sont devenus éligibles à ce
droit (les femmes fonctionnaires qui ont atteint 15ans de services et eu
trois enfants avant 2003 pourraient ainsi liquider leurs droits sur
l'ancienne base de 37,5 annuités et sans décote).
• L'assurance vieillesse des parents au
foyer (AVPF), dont l'importance dans les dépenses de
retraite est modérée (0,5 % en 2006), connaît une montée
en charge (flux de liquidants) qui est loin d'être
achevée. En 2015, sa part dans les dépenses devrait
s’élever à 0,7 %. Entre 2015 et 2040, du fait de la
montée en charge du « stock » de pensionnés, le COR s'attend à un nouveau
doublement des dépenses (non chiffré).
Les majorations de pension ne sont pas
imposables, ce qui représente un manque à gagner 330 M€ pour le fisc.