1995-1999 : une remarquable
continuité, idéologie mise à part.
A
- Pour JUPPE comme pour JOSPIN, la politique familiale est la vache à
lait de la Sécurité Sociale
·
1997 : L. JOSPIN fait valider par la
Loi les insuffisantes revalorisations des prestations familiales de
ses prédécesseurs : en 1993 et en 1995, les gouvernements Balladur
puis Juppé avaient triché sur le montant des revalorisations des
prestations familiales. Bilan pour les familles : une perte d’1,5 % de
pouvoir d’achat pendant 20 ans en moyenne Ces triches avaient été
condamnées par le Conseil d’Etat. La Loi de financement de La Sécurité
Sociale pour 1998 les valide rétroactivement.
·
Mise sous conditions de ressources des
Allocations Familiales ou plafonnement du quotient familial : à la
recherche de 5 MdF
Pour
combler le déficit de la branche famille, délibérément creusé en 1994,
A. JUPPE puis L. JOSPIN cherchent 5 MdF. Trois solutions s’offrent à
eux : soit l’imposition des prestations familiales, soit la mise sous
conditions de ressources des Allocations Familiales, soit le
plafonnement du quotient familial. Ces trois hypothèses avaient été
soumises à la concertation par A. JUPPE lors des conférence sur la
Sécurité Sociale en 1995.
* A. JUPPE tentera l’imposition des Allocations Familiales mais
reculera in extremis devant l’opposition des associations familiales
et le risque d’impopularité (5 millions de familles auraient été
touchées, 500 000 devenant imposables...) Son plan d’économie de 1995
permettait déjà de faire 11 MdF d’économies annuelles sur les
familles, ce n’était pas si mal !
* 1998 : L JOSPIN tente
de mettre les prestations familiales sous conditions de ressources :
il y parvient à l’arraché mais doit promettre de revoir sa copie
devant l’opposition des syndicats et du Parti Communiste (affolés des
risque que cette mesure fait peser sur les autres branches de la
Sécurité Sociale) et devant l’hostilité des associations familiales.
500 000 familles ont été pénalisées par cette mesure qui rapporte 5,5
MdF.
* 1999 : le plafond du
quotient familial est abaissé de 16 700 F / demi part à 11 000 F.
Cette mesure, qui revient, à niveau de vie égal, à taxer plus
fortement les couples aisés avec enfants que les couples aisés sans
enfants, touche 620 000 contribuables et rapporte 4,5 MdF. La banche
famille les récupère indirectement puisqu’elle est déchargée du
paiement de l’API.
Addendum méchant :
- la
mise sous conditions de ressources des Allocations Familiales a été
une erreur politique de JOSPIN qui a voulu faire au grand jour ce que
la droite essayait de faire discrètement. Idéologie et méconnaissance
du monde familial expliquent cette erreur.
- la
Droite a-t-elle changé pour autant ? NON : la façon dont elle a géré
le recours constitutionnel sur le plafonnement du quotient familial
montre le peu d’intérêt qu’elle porte à la question familiale malgré
les discours. Les propositions du Sénat relatives au jeunes de plus de
20 ans
à charge de leurs parents indique, en outre, qu’elle est prête à
démanteler le quotient familial dés que l’occasion se présentera.
B
- En 1998, L. JOSPIN se converti à la ligne traditionnelle : mesures
décoratives et bonne paroles
La
Conférence de la famille de 1998 marque le retour à la ligne politique
traditionnelle en France depuis 20 ans : des bonnes paroles et des
petits redéploiements à visée essentiellement médiatique :
*
ainsi, l’allongement de 19 à 20 ans du versement des Allocations
Familiales pour tous est-il gagé par le recul de 10 à 11 ans et de 15
à 16 ans des majorations pour âge des Allocations Familiales.
*
ainsi le cinéma annuel sur de l’Allocation de rentrée scolaire : Son
montant réglementaire est de 418 F. A la fin de l’année, depuis
Balladur, le premier ministre, grand prince, la porte à 1 500 ou 1 600
F.
*
ainsi, le projet actuel de ne pas appliquer la Loi de 1994 qui
prévoit qu’au 1ier janvier 2 000, les prestations
familiales seront versées jusqu'à 22 ans au lieu de 20 aujourd’hui. Le
Gouvernement a annoncé qu’il ne voulait pas respecter ce engagement
datant de la Loi Veil car il coûte trop cher. Or, c’est la
revendication n° 1 des familles, particulièrement des familles
nombreuses.
580 000 familles attendent cette mesure chiffrée à 1,2 Md€.
C - A gauche depuis 1997,
l’idéologie en plus
La
politique familiale des gouvernements ROCARD, CRESSON et BEREGOVOY ne
brillait pas par sa hardiesse. Elle s’inscrivait dans une remarquable
continuité avec les gouvernements de droite qui l’avaient précédée.
La
politique de JUPPE avait marqué une rupture tenant à sa volonté
farouche de faire des économies sur la branche famille.
L.
JOSPIN, lui, y ajoute une idéologie anti-familiale manifeste :
·
La division par 2 de l’AGED et des
réductions d’impôt pour emplois familiaux, faite en 1997-98 fut la
deuxième erreur de JOSPIN ou plutôt de M. AUBRY. Elle lui mis à dos
une partie de journalistes femmes et des cadres. Sa raison d’être fut
moins la recherche d’économies (l’agent de l’AGED ne profite pas aux
crèches) que la haine des « riches » et la préférence pour l’éducation
collective des enfants par rapport à l’éducation à domicile, trouvée
suspecte.
Mise en garde : dans tous ces discours sur
la politique familiale, la droite se gargarise des mesures Balladur
sur les emplois familiaux et réduit son discours à ces seuls aspects.
Attention : ce sont des mesures parisiano-parisennes et qui ne
touchent pas la grande masse des Français.
·
5 MdF pour le PACS ... La querelle du
PACS est la seconde manifestation de l’idéologie anti-famille qui
animait la Gauche de l'époque.
PLAN JUPPE 1995 :
Gel des
prestations familiales : 5 milliards de francs d’économies ; Mises
sous conditions de ressources de l’APJE : 1,7 milliards de francs
d’économies ; Gel des plafonds de ressources : 2,3 milliards de
francs d’économies ; Durcissement des conditions de ressources : 1,2
milliards de francs d’économies ; Soumission des prestations
familiales au Redressement de la Dette Sociale : 0,8 milliards de
francs d’économies ; Total : 11 milliards de francs d’économies
annuelles (soit - 6,6 % sur le total des prestations)