Politique familiale : quelques propos moins
« consensuels »
Communiqué du 7 février 2012
La
France, modèle envié en Europe ?
Oui, après la guerre, la France
avait la politique familiale était la plus généreuse d'Europe.
C'est fini : aujourd'hui, la France n'occupe plus que
la 8ième place en Europe avec 2,6 % de son produit intérieur
brut consacré aux dépenses sociales en faveur des familles.
Les pays les plus actifs sont le
Danemark avec 3,88 %; Le Luxembourg avec 3,7 %; l’Allemagne 3,29
%; la Suède 3,14 %; la Finlande 3,1 %; l'Islande 3,02 et la
Norvège 2,89%
(Sources EUROSTATS)
En y ajoutant les aides fiscales
et sociales destinées spécifiquement aux familles, l’État
français consacre 61,2
milliards d’euros soit 3,4% du PIB à la politique de la famille
et non pas 5% comme le déclare mensongèrement les ministres.
Il y a effectivement un
« consensus » entre les hommes politiques relativement à la
politique familiale :
-
depuis 1995, sous les
gouvernements Juppé, Jospin, Raffarin, Villepin et Fillon,
l’effort de l’État en faveur des familles a baissé de 8
milliards d’euros : le moyen le plus consensuel ayant été de
laisser les prestations familiales systématiquement décrocher
par rapport aux salaires. L Jospin s’était d’ailleurs fait
condamner par le Conseil d’État en 1996. Sitôt au pouvoir, la
droite a fait voter une loi annulant cette condamnation.
-
de droite ou de gauche,
tous les gouvernements s’entendent pour piller la politique
familiale au bénéfice des dépenses de retraite :
entre 2001 et 2010, par exemple, la branche famille de la
Sécurité Sociale a dû prendre en charge les majorations de
retraite de l’assurance vieillesse (soit une perte de recette de
4 milliards) : la Droite avait formé un recours devant le
Conseil Constitutionnel contre cette disposition initiée par L
Jospin. Arrivée au pouvoir, elle l’a maintenue et amplifiée.
Une fécondité rassurante ?
Oui, la France est, avec
l’Irlande, le pays dans lequel la fécondité est la plus élevée.
Mais, à y regarder de plus près, on observe ceci : 58% des
naissances concernent des premiers enfants ; l’âge des mères ne
cesse de reculer ; il n’y a que 4,4% de naissances de rang 4 ou
plus (contre 6,1% en 1998)
Conclusion : la fécondité actuelle
ne tient pas aux familles nombreuses. Nous sommes très
probablement en face d’un phénomène de rattrapage : de très
nombreuses jeunes femmes ont retardé la naissance de leur
premier enfant et s’y mettent tardivement. Cela signifie
qu’elles n’auront qu’une faible descendance et que le « rebond »
n’est que provisoire. La Suède a connu pareil phénomène en 1980
pour retomber ensuite.
Pour l’UFE, les « cocoricos » en
matière de politique familiale sont tout à fait déplacés.