|
35 000 enfants handicapés privés
d'école
|
 |
 |
35 000 enfants handicapés mentaux ne peuvent
pas aller à l'école faute de place pour les accueillir :
des
chiffres impitoyables ...=> |
 |
Pourtant l'Education
Nationale en a les moyens => |
 |
Quant aux chanceux qui y sont arrivés ...
quelle
galère ! L'histoire vraie de Marguerite,
Jeanne et Benoît |
 |
les promesses du 21 janvier 2003
=> |
|
|
Des chiffres impitoyables :
AFP 7 mars 2002 : Au
moins 38.000 enfants handicapés en France ne sont pas du tout scolarisés
Au moins 38.000 enfants handicapés en France ne sont pas scolarisés du
tout, malgré le droit à l'éducation pour tous donné par la loi, selon des
chiffres publiés jeudi pour la première fois par un collectif comprenant
les 14 plus importantes associations de handicapés.
Sur ce total, 25.000 enfants accueillis dans des établissements relevant
du secteur médico-social ne reçoivent aucune éducation, a indiqué Pierre
Miglianico, président d'une des associations, Oeuvre des Villages
d'Enfants (OVE), lors d'une conférence de presse à Paris.
Les 13.000 autres enfants viennent de familles qui n'ont eu aucune réponse
à leurs demandes et sont recensées comme "en attente de solutions
éducatives et de soins", a-t-il ajouté.
Ces chiffres sont minorés par rapport à la réalité, puisqu'ils ne prennent
pas en compte les "nombreux cas particuliers non recensés" constitués par
les enfants soignés à domicile, sans demande officielle de scolarisation,
a précisé le collectif.
"Il faut aussi ajouter une partie des enfants recensés dans la catégorie
+scolarisés+, qui n'ont droit qu'à une ou deux heures de cours par
semaine", a souligné Marie-Christine Vieira, assistante sociale à
l'Institut de psychopédagogie appliquée (IPPA) de Créteil, accueillant des
enfants autistes.
Le coût pour scolariser 38.000 enfants est estimé à quelque 300 millions
d'euros (2 milliards de francs) par le collectif, soit un chiffre
"comparable à ce que les cliniques privées ont obtenu après deux jours de
grève", a ajouté René Bernard, président de l'Association nationale des
communautés éducatives (ANCE). "Cela relève du droit fondamental des
enfants", a-t-il dit.
Le manque criant d'enseignants spécialisés vient peut-être de la
disparition des primes d'incitation qui existaient dans les années 70, a
estimé le collectif. Il a aussi relevé plus généralement l'exclusion dont
souffrent les handicapés et leur famille à l'école, qu'il s'agisse de
troubles du comportement, d'un problème sensoriel bien cerné (enfants
sourds) ou de poly-handicaps lourds.
"Il faudrait que les futurs enseignants soient mieux sensibilisés dès
l'IUFM au potentiel d'apprentissage des handicapés. Depuis toujours,
l'Education nationale ne s'intéresse au problème qu'en créant des classes
spécialisées, qui excluent de fait", a ajouté Marie-France Epagneul,
présidente de l'Union départementale des amis et parents des personnes
handicapées mentales (UDAPEI) du Val d'Oise. |
|
Pourtant l'Education nationale
en a les moyens ...
35 000 enfants handicapés mentaux ne
sont pas scolarisés faute de place pour eux.
Cette situation
est doublement paradoxale :
-
Depuis 10 ans, du fait de la chute de la fécondité, les effectifs
des classes primaires ont fondu de 250 000 élèves. Si les effectifs
du premier cycle de secondaire restent stables, ceux du second cycle sont
aussi en diminution.
-
Le nombre d’enfants par classe est à un niveau satisfaisant un
peu partout (26 en maternelle, 23 en primaire, moins de 25 au collège).
On assiste à une diminution du nombre de classes.
-
La France qui consacrait 6,3 % de son PIB à l’éducation lui
affecte aujourd’hui 7,4 %
de ses ressources avec un taux de croissance annuel de presque 3 %.
C’est
en milieu ordinaire que la scolarisation des enfants handicapés mentaux
rencontre le plus de difficultés : En maternelle, malgré les
instructions ministérielles, de nombreuses maîtresses sont réticentes
à accueillir les enfants handicapés mentaux faute de personnel supplémentaire.
Si l’on trouve 250 classes intégrées (les CLIS) en primaire, de qui
est déjà très insuffisant, les structures équivalentes en secondaire
(les UPI) ne sont que 52 …
Selon
l’UNAPEI, 79 % des familles ayant un enfant handicapé estiment que
« le système éducatif français ne remplit pas sa mission d’intégration ».
Concrètement,
dans les Hauts de Seine, département le plus peuplé de France après
Paris, pour faire des études primaires en milieu intégré, un enfant
trisomique n’a à sa disposition que 4 classes de 12 élèves. |
Histoires
vraies
 |
Une
inscription … sous la menace
|
Marguerite
a 4 ans. C'est une adorable petite fille trisomique. Elle est entrée à l'école
cette année. Nous aurions pu la scolariser dès l'année dernière dans l'école
maternelle où se trouvait, par dérogation de secteur, sa sœur aînée. Mais,
compte tenu de sa faible maturité et pour ne pas peser sur les maîtresses,
nous avons préféré la garder à la maison. La récompense de cette attitude
civique sera cruelle : cette année, la dérogation de secteur nous est refusée
par la mairie, alors que nous l'avions obtenue sans problème pour nos autres
enfants. On nous envoie dans un établissement situé à une demie heure des écoles
des autres !
Motif
officiel : sa sœur aînée ayant quitté l'école maternelle, la dérogation ne
serait plus de droit. On ajoute que la présence de Marguerite imposerait des
normes d'encadrement qui ne peuvent pas être respectées. Renseignements
pris, c'est faux : Marguerite risquerait de faire baisser le niveau et de mécontenter
les autres parents-électeurs !
Heureusement,
avec le soutien sans faille de la directrice de l'école et de l'Inspection Académique,
nous multiplions les démarches. L'opposition de la mairie ne sera levée que
lorsque nous commencerons à distribuer des tracts appelant à un sit-in devant
l'Hôtel de ville…
 |
Jeanne
et l'école
|
Jeanne,
5 ans, est atteinte d'une maladie neurologique
qui provoque un retard mental important.
A l'âge de 3 ans, il nous est apparu
important de la scolariser à temps partiel, afin de la socialiser par un
contact avec d'autres enfants de son âge.
Le
centre qui suit Jeanne essaie de nous dissuader de ce projet, ayant "décidé"
que cette scolarisation n'était pas opportune... Nous passons outre et nous
contactons la directrice de l'école maternelle dont nous dépendons, sans lui
cacher le handicap de Jeanne. Elle accepte de l'accueillir dans sa classe de
petits. L'école met en place un
contrat d'intégration. La scolarisation à temps partiel a des effets très bénéfiques
pour Jeanne. L'année suivante, un
soutien spécifique s'avère nécessaire pour intégrer Jeanne dans la classe.
C'est finalement la municipalité qui fournit cet emploi à mi-temps, sur son
propre budget.
En
dépit de directives ministérielles généreuses, la scolarisation des enfants
handicapés dépend, sur le terrain, exclusivement de la bonne volonté
individuelle des instituteurs(trices) et directeurs(trices) d'école. De plus,
les postes de l'Education nationale pour aider à l'intégration des enfants
handicapés restent bien souvent virtuels faute de budget...
 |
Vous
avez dit "intégration" ? |
Fin
août, Benoît, notre enfant de 5 ans,
trisomique, se prépare avec entrain, comme son frère aîné, à reprendre le
chemin de l'école où il allait l'an passé trois puis quatre demi-journées
par semaine.
J-2,
un appel de l'école nous signifie que nous devons attendre qu'une assistante
soit en place pour faire entrer Benoît. Une fois rentré en classe, quinze
jours après ses camarades, les problèmes ne sont pas finis pour autant ! Il
faut savoir que les enfants handicapés n'ont pas droit à "autant d'école".
Selon le degré de handicap, le temps de présence est plus ou moins important.
Fin juin, on conclut à une intégration réussie avec pour objectif de l'année
un passage progressif à une scolarité à plein temps. En septembre, nouvelle réunion
qui plafonne l'intégration de Benoît à quatre demi-journées avec assistante
et sans perspective d'augmentation...
A
nous parents qui trouvions ces pratiques intempestives à l'égard de l'enfant,
il a été répondu : "Certes, c'est dur pour vous, mais c'est aussi
l'occasion de reprendre conscience que votre fils est handicapé".
Les
promesses
du 31 janvier 2003 (conseil des
Ministres)
Les conditions de
scolarisation des élèves et des étudiants handicapés ou malades
Le ministre de la jeunesse, de
l’éducation nationale et de la recherche a présenté une communication
relative aux conditions de scolarisation des élèves et des étudiants
handicapés ou malades.
L’intégration des personnes
handicapées est un chantier prioritaire du Président de la République.
L’amélioration de l’accès à l’éducation, à la scolarisation et aux études
des jeunes handicapés de l’école maternelle à l’université est un des
volets essentiels de la lutte contre la fracture scolaire.
A la rentrée scolaire de septembre
2001, on estimait à plus de 103 000 le nombre d’élèves atteints d’un
handicap bénéficiant d’une intégration scolaire. 87 400 élèves
bénéficiaient par ailleurs d’une prise en charge globale (thérapeutique,
éducative et pédagogique) dans les établissements et services
médico-sociaux et 6 700 dans des établissements sanitaires
Il existe une gamme de solutions pour
répondre aux besoins particuliers de ces élèves au sein de l’éducation
nationale et du système médico-social ou sanitaire. Malgré cela, certains
jeunes handicapés ou malades ne trouvent pas leur place dans le système.
Selon les estimations du centre technique national d’études et de
recherches pour les handicaps et les inadaptations (CTNERHI), leur nombre
varie de 10 000 à13 000.
Si des progrès ont été effectués au
cours des dernières années, on constate qu’il reste aujourd’hui encore,
beaucoup à faire pour permettre à ces élèves de bénéficier des réponses
appropriées à leurs besoins tout au long de leur parcours scolaire.
Pour toutes ces raisons,
l’amélioration des conditions de scolarisation des élèves handicapés ou
malades constituera un axe fort de la politique du ministère de la
jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche. Il convient de
faire en sorte que chaque élève ait le droit à l’école, quels que soient
ses besoins spécifiques et quel que soit le lieu où il se trouve
(établissements sanitaires, Instituts médico-sociaux, domicile,…). Chacun
d’eux a des besoins particuliers. Il est donc indispensable de disposer de
réponses diversifiées pour pouvoir répondre au mieux. Ces besoins ne sont
pas exclusivement d’ordre pédagogique : ils appellent également des
accompagnements thérapeutiques ou éducatifs, des aides techniques ou
humaines et parfois l’accessibilité des locaux. C’est donc dans le cadre
d’une action interministérielle et en lien étroit avec les collectivités
locales, qui devront être associées aux décisions, que cette politique
sera conduite.
Trois axes prioritaires permettront
d’atteindre ces objectifs et d’articuler l’ensemble des mesures envisagées
:
1°- garantir le droit à la scolarité
pour tous les jeunes handicapés ou malades et la continuité des parcours
scolaires ;
2° - former l’ensemble des personnels
et développer la formation spécialisée des enseignants du premier comme du
second degré ;
3°- améliorer les conditions de
scolarisation des élèves handicapés ou malades en préservant et
développant les aides à l’intégration scolaire.
Les principales mesures de ce plan
sont les suivantes :
 | 1 000 unités pédagogiques
d’intégration seront créées au collège et au lycée au cours des cinq ans
à venir. Les parcours de formation professionnelle et les aides à
l’orientation seront facilités ; |
 | la continuité de la
scolarisation pour les élèves dont l’état de santé ne permet pas de
fréquenter l’école sera assurée ; |
 | des modules de formation
seront mis en place au sein des IUFM pour tous les enseignants des
premier et second degrés au cours des 5 ans à venir. Les formations au
certificat d’aptitude aux actions pédagogiques spécialisées (CAAPSAIS)
jusqu’alors réservées aux seuls enseignants du premier degré, seront
repensées. Des formations spécialisées seront destinées aux professeurs
du second degré ; |
 | les aides à l’intégration
scolaire seront préservées et développées : 6 000 auxiliaires de vie
scolaire accompagneront les élèves handicapés et le financement du
matériel pédagogique adapté sera poursuivi ; |
l’accueil, l’écoute et l’information
des familles rencontrant des difficultés pour scolariser un élève
handicapé ou malade seront facilités au sein d’un centre de ressource.
|
©
Dominique Marcilhacy
|